ENTRETIEN – Créer une université unique, tel est l’objectif annoncé le 21 octobre dernier par les sept présidents et directeurs d’universités et établissements d’enseignement supérieur grenoblois. D’ici 2016, l’université Grenoble-Alpes remplacera ainsi le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres), qui fédère tous ces établissements. Qu’apportera cette fusion en matière d’offre de formation, de recherche et de financement ? Réponses de Bertrand Girard, président du Pres.

Bertrand Girard, président de l’université de Grenoble.
© Université de Grenoble

Bibliothèque universitaire Droits-Lettres. © Université de Grenoble

Campus de Saint-Martin-d’Hères. © Université de Grenoble

Université Stendhal sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. © Université de Grenoble

Place centrale du campus de Saint-Martin-d’Hères. © Université de Grenoble
La fusion est-elle susceptible d’améliorer la position des universités grenobloises dans les classements internationaux ?
On devrait progresser un petit peu. Sur certains palmarès, comme le QS ranking, plusieurs universités grenobloises sont déjà classées. Elles le sont souvent sur les mêmes thématiques, et là, il est clair que la mise en commun de nos forces va nous faire progresser. En revanche, le fait de se regrouper ne changera pas grand-chose dans les domaines où un seul établissement grenoblois possède une formation et des laboratoires. Propos recueillis par Valentin DizierL’université Grenoble-Alpes en bref : – Un établissement unique qui regroupera plus de 40 000 étudiants et 3 200 chercheurs – La fusion coûtera entre 2 et 3 millions d’euros, principalement pour l’harmonisation des régimes des personnels – Une structure à géométrie variable, impliquant à différents niveaux l’UJF, l’UPMF, l’université Stendhal, Grenoble INP, le CNRS, l’IEP et l’université de Savoie.
Glossaire : Pres (Pôle de recherche et d’enseignement supérieur) : le Pres est un dispositif crée en 2006 par la loi de programme pour la recherche. Il permet aux établissements d’enseignement supérieur de mutualiser certains de leurs moyens pour mener des missions de court terme. Il répondait au besoin de créer une offre de formation plus cohérente et organisée pour les universités françaises. Fondé en 2009, l’université de Grenoble est l’un des 27 Pres de l’hexagone. Idex (Initiatives d’excellences) : les Idex sont des projets mis en place par les universités françaises et destinés à faire émerger des pôles d’enseignement supérieur de niveau mondial. Les deux premiers appels à projet, lancés par l’État dans le cadre du Grand emprunt en 2011 et 2012, ont déjà financé 8 projets, pour un total de plus de 6,4 milliards d’euros. Trois critères sont étudiés avant d’attribuer les financements Idex : l’excellence en matière de formation et de recherche, la qualité des partenariats entre le public et le privé et l’efficacité de la gouvernance. Les universités grenobloises ont été jugées très favorablement sur les deux premiers points, mais n’ont pas décroché de financement, du fait d’une gestion considérée comme mauvaise. QS ranking : publié annuellement depuis 2004 par le journal britannique Times Higher Education, le QS Ranking est l’un des classements internationaux les plus réputés avec le classement de Shanghai. Contrairement à son homologue chinois, il met d’avantage l’accent sur la réputation des universités que sur la qualité de la recherche. En 2013, six établissements d’enseignement supérieur français ont fait partie du top 100.










