GEG : la CGT se rebelle

GEG : la CGT se rebelle

DECRYPTAGE – Voilà trois semaines que la CGT est en lutte à Gaz Electricité de Grenoble (GEG). En cause, un courrier recommandé de la direction, reçu le 9 mai dernier par les représentants syndicaux, qui présente un plan de performance impliquant la suppression de 61 emplois sur trois ans. 
 
 
Salariés CGT de GEG. © CGT mines-énergies
Salariés CGT de GEG. © CGT mines-énergies
 
 
La CGT mines-énergies Isère, syndicat majoritaire à GEG, ne décolère pas. « Une mairie de gauche ! Quel paradoxe ! » peut-on lire sur les tracts distribués par les grévistes. En cause, une lettre de la direction de la société d’économie mixte (SEM) annonçant la suppression de 61 emplois. Soit une baisse de 14% des effectifs. Le plan prévoit aussi l’externalisation de plusieurs secteurs, comme la relève des compteurs ou les plateformes d’appels. Un plan de performance indispensable selon la municipalité de Grenoble, actionnaire majoritaire, pour permettre la pérennité de GEG dans un marché qui est depuis 2007 totalement ouvert à la concurrence.
 
La CGT, de son côté, évoque la « destruction d’un service public de qualité et de proximité », au profit des actionnaires du groupe GDF-Suez qui détient le plus grand nombre d’actions de GEG après la municipalité. Une manifestation à travers les rues du centre-ville de Grenoble a réuni, jeudi dernier, une cinquantaine de personnes. La quatrième depuis l’annonce du plan. Et les mots des syndicalistes ne cessent de se durcir à l’encontre de la municipalité socialiste.
 
© Cyril Fourneris
© Cyril Fourneris
Pour le moment, seule la CGT a émis un préavis de grève, d’une durée d’un mois. Les syndicats Force Ouvrière (FO) et CFE-CGC s’y sont refusés, bien qu’ils affirment être au cœur des opérations. « La CGT a souhaité y aller toute seule. Elle a pris ses responsabilités. Nous sommes sur un autre créneau » confirme Yves Zarb de FO. Les syndicalistes de la CGT ont étés reçus lundi par le maire de la ville, Michel Destot, et par Jérôme Safar, premier adjoint au maire et président du conseil d’administration de GEG. Dès l’annonce de la nouvelle, les deux autres syndicats ont fait la même demande. Mais ils attendent une réponse.
 
 
Sonnette d’alarme
 
 
Pourquoi la direction de GEG, représentée par Jérôme Safar, premier adjoint au maire de Grenoble, propose-t-elle cette restructuration ? La question reste pour l’heure en suspens. Pour clarifier la situation de l’entreprise, le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) a commandité une expertise qui sera rendue le 5 juillet prochain. C’est aussi ce que vient de réclamer le comité d’entreprise de GEG. L’opposition municipale surfe de son côté sur le manque de transparence, à l’instar de Denis Bonzy (UMP) qui dénonçait en mai dernier sur son blog les « « drôles » de privatisations grenobloises ».
 
La CGT qui a émis un droit d’alerte exige l’obtention de l’intégralité des documents justifiant les décisions de la direction. Les délais légaux imposés par une telle procédure obligent les syndicalistes à ancrer la mobilisation dans le temps. Les grèves pourraient ainsi durer tout l’été, prévient le syndicat majoritaire.
 
© GEG
© GEG
Pour rajouter de la pression, l’organisation a également mis en ligne une pétition numérique appelant les Grenoblois à refuser le plan de restructuration. « Le mouvement est très suivi par les citoyens qui sont tous attachés à l’entreprise. Bientôt la pétition atteindra les 8 000 signatures », assure Dominique Cirami, déléguée CGT et secrétaire du comité d’entreprise.
 
En passant ce seuil, les syndicalistes entendent ainsi invoquer l’article 14 de la charte de démocratie locale approuvée par la municipalité en janvier 2009. Cette dernière prévoit que la municipalité mette en place « une procédure d’alerte citoyenne qui donne accès à l’ouverture d’un débat en conseil municipal à partir de 8 000 signatures d’habitants de Grenoble, recueillies sur un sujet donné ». Les chiffres de l’entreprise GEG pourraient ainsi être rendus publics à cette occasion.
 
 
Changement de style
 
 
GEGDeux années après l’arrivée du nouveau directeur général, Olivier Sala, le climat social n’est plus au beau fixe, de l’avis de plusieurs syndicalistes. « Jusqu’à aujourd’hui, il y avait un dialogue social dans l’entreprise. Aujourd’hui, il n’y a plus rien », déplore Dominique Cirami. « La direction nous explique qu’il faut changer, que c’est la seule façon de sauver GEG. En gros, on nous fait passer pour des nantis. GEG est un modèle social pour la ville. Pourquoi vouloir le briser ? »
 
Même constat du côté de FO, par la voix d’Yves Zarb, syndiqué depuis 1982 : « La direction consulte de moins en moins les syndicats et se tourne désormais directement vers le personnel. » Une méthode qui semble aujourd’hui rencontrer ses limites.
 
Cyril Fourneris
 
 

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CF

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