FOCUS – Une semaine après l’interruption du concert de Barbara Butch au Cabaret frappé, les associations et organisations réunies au sein du collectif Palestine en Isère ayant soutenu son boycott publient un communiqué commun. Elles contestent la place accordée à La France insoumise dans le traitement médiatique de l’affaire, réfutent les accusations portées et réaffirment les raisons de leur action. Dans la même veine, le Parti de gauche de l’Isère revendique « une protestation politique ».
Nouvelles réactions concernant l’interruption du concert de Barbara Butch. Après la plainte contre X de la Ville de Grenoble, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet et les premières procédures judiciaires engagées dans ce dossier, les organisations et associations rassemblées au sein du collectif Palestine en Isère ayant soutenu le boycott de l’artiste prennent à leur tour la parole.
Dans un communiqué commun diffusé samedi 25 juillet 2026, elles affirment vouloir « rétablir un équilibre » dans le traitement médiatique de l’interruption du concert de la DJ survenue une semaine plus tôt lors du Cabaret frappé. Dès les premières lignes, ses auteurs dénoncent un « déferlement de mensonges médiatiques » et affirment que la couverture de l’événement a principalement servi à « diaboliser » La France insoumise (LFI) ainsi que les organisations mobilisées en faveur de la Palestine.

Allan Brunon, président du groupe d’opposition La France insoumise, avait lui aussi donné de la voix pour s’opposer au concert de Barbara Butch. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Premier objectif du collectif ? Dénoncer la place occupée par La France insoumise dans le récit des événements. Les signataires affirment ainsi que « l’appel au boycott de ce concert n’est pas le seul fait de la section locale de LFI et de ses militant.es, mais aussi d’autres organisations de soutien à la Palestine ». En l’occurrence, Palestine en Isère regrette que « la vingtaine de collectifs et organisations grenobloises ayant appelé ou soutenant le boycott » ait été « invisibilisée » au profit de la seule formation politique.
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![Nouvel accrochage entre Réconcilier Grenoble et LFI autour de Barbara Butch, du Cabaret frappé... et de la "judéité" "Je vous demande à la fois d'avoir des propos respectueux les uns envers les autres, mais aussi de traiter les sujets qui sont à l'ordre du jour". C'est avec ces mots que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a ouvert le troisième conseil municipal de son mandat le mardi 26 mai 2026. Sept heures plus tard, une délibération concernant les racks à vélo pour le Cabaret frappé allait donner lieu... à des prises de parole sur la lutte palestinienne et à un incident de séance entre les groupes d'opposition LFI et Réconcilier Grenoble. Laurence Ruffin au poste de maire lors du conseil municipal du 25 mai 2026. © Florent Mathieu - Place Gre'net Comment en sommes-nous arrivés là? Les élus insoumis ont profité de la délibération pour (re)dire tout le mal qu'ils pensaient de la programmation de la DJ Barbara Butch à l'édition 2026 du festival. Peu satisfait de la réponse qu'avait adressé (et qu'allait répéter) l'adjoint à la Culture Alexis Monge lors d'une première interpellation, le chef de file du groupe LFI Allan Brunon a, une fois encore, interpellé l'exécutif grenoblois pour lui demander "une clarification politique". Autrement dit, soit déprogrammer l'artiste, soit rejoindre l'appel au boycott lancé par les Insoumis. 1 Barbara Butch est dans le viseur de LFI pour figurer parmi les signataires d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan. Un texte, depuis retiré, qui entendait faciliter les poursuites en cas de contestation du droit à exister de l'État d'Israël. Et ceci dans le but de lutter contre les "formes renouvelées de l'antisémitisme". Et qui, pour ses détracteurs, menaçait de criminaliser le soutien à la cause palestinienne. Ainsi que l'a longuement rappelé Allan Brunon, fustigeant une loi visant à "stigmatiser tout un pan de ceux qui luttent contre le génocide a Gaza". <!--yith_wcmbs_alternative_content-->
<!--yith_wcmbs_members_only_content_start--> Violemment attaquée par des milieux identitaires ou marqués à l'ultra-droite pour avoir participé à une (prétendue) parodie de La Cène lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, Barbara Butch est aujourd'hui dans le collimateur de LFI pour avoir signé une tribune de soutien à la loi Yadan. DR Mais Allan Brunon n'a pas été le seul à prendre la parole parmi les rangs des Insoumis. Le groupe a mis les bouchées triples avec trois interventions à la suite. Celle d'Allan Brunon, suivie par celle d'Abdelnour Djebbouri et de Khemisti Boubeker. Quitte à s'autoriser quelques balles perdues, comme une en direction... des Socialistes, dont certains comme François Hollande ont également signé la tribune incriminée. Tandis que l'élue PS de la majorité Amandine Germain s'est vue reprocher d'avoir approuvé le retrait de subvention du Département à un festival isérois pour avoir programmé le rappeur Médine. Mais c'est évidemment l'État d'Israël qui était dans le collimateur. Barbara Butch, une artiste chantre de l'amour? "Est-ce qu'il y a eu de l'amour pendant la Nakba en 1947, pendant les expulsions, pendant les massacres, pendant les spoliations de terre? Est-ce qu'il y a encore de l'amour aujourd'hui lors des destructions de maisons, les expulsions, les checkpoints, l’apartheid et la colonisation en cours?", a martelé Abdelnour Djebbouri. "Lorsqu'il s'agit d'Israël, [...], les sanctions culturelles restent quasi inexistantes. On a pu le voir encore avec l'Eurovision", a rajouté Khemisti Boubeker. 2 L'élue du groupe Réconcilier Grenoble Émilie Chalas a, par la suite, pris la parole pour commenter la prise de position de LFI. "Le sujet au fond, ce qui amène à chaque La France Insoumise à s'exprimer, c'est la question du judaïsme. [...] Dès qu'il y a un sujet vis-à-vis d'Israël ou de la judéité sous toutes ses formes, il y a LFI au rendez-vous pour répéter ses éléments de langage", a lancé la conseillère municipale d'opposition. Quitte à scandaliser ses collègues insoumis, lesquels ont quitté la salle du conseil municipal. Résultat? Deux suspensions de séances successives, Émilie Chalas réitérant ses propos à la fin de la première. Émilie Chalas lors de sa prise de parole. © Ville de Grenoble "Je vais faire consigner au procès-verbal les propos qui ont été tenus et qui n'ont pas lieu d'être dans cette institution. Je tiens à ce que les propos soient respectueux", a tancé Laurence Ruffin sans préciser quels propos étaient visés. Et la maire de rappeler que le sujet portait initialement sur la question des racks à vélo, comme elle l'avait une première fois... au moment de la prise de parole d'Émilie Chalas. "Je ne sais pas pourquoi c'est moi que vous interrompez", lui avait rétorqué l'élue avec une certaine ironie. Il est vrai que les élus LFI comme ceux de la majorité avaient eu auparavant tout le loisir de s'exprimer, sans éprouver la patience de la maire. 3 Aux tensions et incidents de séance sont venus s'ajouter... le duel par communiqués interposés. "Émilie Chalas, élue du groupe de droite, a répété à trois reprises que nous avions un problème avec la “judéité” et le “judaïsme”. Nous avons quitté le conseil, et la maire de Grenoble a poursuivi la séance sans condamner fermement ses propos", a déclaré Allan Brunon à la suite du conseil municipal. Et d'ajouter avoir saisi la préfère de l'Isère et le procureur de la République... soit une nouvelle démarche après les tensions lors du premier conseil municipal de la mandature, le 27 mars 2026. Les élus du groupe LFI se sont filmés sur les marches de l'Hôtel de Ville après avoir quitté la séance du conseil municipal suite aux propos tenus par Émilie Chalas. © LFI Quelques heures plus tard, c'était au tour de Réconcilier Grenoble de publier son communiqué. "Cette nouvelle polémique apparaît avant tout comme un coup de communication orchestré par Allan Brunon et son groupe, dans une logique permanente de dramatisation, de tension politique et de polarisation des débats autour de sujets nationaux qui sont éloignés des sujets concernant la gestion municipale", ont estimé les élus du groupe d'opposition. Réconcilier Grenoble n'a pas manqué de dénoncer (encore) un "deux poids deux mesures" de la part de Laurence Ruffin. Laquelle "a choisi de suspendre immédiatement la séance, donnant le sentiment de céder systématiquement aux mises en scène et aux pressions politiques du groupe LFI", considèrent les élus. Et de revenir sur la séance où eux-mêmes avait été traités de "nazis" par Allan Brunon: Malgré la gravité extrême de ces propos condamnables, aucune suspension de séance n’avait été accordée afin de réunir les présidents de groupe et d’apaiser les échanges".](https://www.placegrenet.fr/wp-content/uploads/2026/05/conseil-municipal-de-grenoble-26-mai-2026-3-1000x288.jpg)



2 réflexions sur « Concert de Barbara Butch : le collectif Palestine en Isère assume le boycott de la DJ et conteste le récit médiatique »
Les guignols islamo-gauchistes qui se protègent entre eux ! 👎🏼
https://www.ledauphine.com/politique/2026/07/10/appel-au-boycott-de-barbara-butch-lfi-pret-a-mettre-les-moyens-humains-pour-s-opposer-a-la-venue-de-la-dj?at_content=photo&at_term=ledauphinelibere&at_campaign=Facebook&at_medium=Social&at_source=nonli&fbclid=IwT01FWATVTjJleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZAwzNTA2ODU1MzE3MjgAAR792OYU3T86LY4WRccGABNBqjUrgvbz7qFnN78PZDl4SA0EGGH0d-jMpc2ZKA_aem_mHJPAmW1VKQIvtJOcIH89w
Mais non la nébuleuse des militants dits propalestiniens, la presse parle bien de vous et presque autant que de LFI.
La Licra ne vous a pas oubliés en portant plainte « après une action de militants insoumis et propalestiniens ».
La Suisse non plus où Le Temps a titré « L’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble remet sur la table la question de l’antisémitisme de l’extrême gauche française ».
https://www.letemps.ch/monde/france/l-interruption-du-concert-de-barbara-butch-a-grenoble-remet-sur-la-table-la-question-de-l-antisemitisme-de-l-extreme-gauche-francaise
Pas plus que Jonas Pardo, le directeur de Boussole Antiraciste, qui dit que Barbara Butch a été victime d’un acte antisémite et que « ce qui s’est passé à Grenoble n’a rien à voir avec un boycott, c’est une agression”.
https://www.telerama.fr/debats-reportages/dj-set-de-barbara-butch-interrompu-ce-qui-s-est-passe-a-grenoble-n-a-rien-a-voir-avec-un-boycott-c-est-une-agression-7032175.php
Barbara Butch elle même, qui a entendu des cris de « sale sioniste », a tout dit dans Le Monde en une seule phrase : « L’antisionisme invoqué n’a été, à Grenoble, que le vêtement de l’antisémitisme ».