EN BREF – Après l’interruption violente du concert de Barbara Butch samedi 18 juillet 2026 au Cabaret frappé, Nathalie Béranger, présidente d’Alpexpo, a adressé une lettre ouverte à l’artiste pour lui proposer de reprogrammer son spectacle dans un cadre apaisé, en condamnant sans ambiguïté les violences qui ont émaillé la soirée de samedi.
Quelques jours après l’interruption musclée du concert de Barbara Butch au Cabaret frappé, samedi 18 juillet 2026, la présidente d’Alpexpo, Nathalie Béranger, prend position. Dans une lettre ouverte adressée à l’artiste, elle propose de reprogrammer son spectacle dans des conditions sereines.
Une lettre pour défendre la liberté artistique
Dans sa lettre datée du 20 juillet, Nathalie Béranger exprime son « profond bouleversement » face aux scènes de haine et d’intimidation dont Barbara Butch a été la cible. « Voir une artiste, seule sur scène, faire face à une telle hostilité est une image qui m’a marquée », écrit-elle.
Ces actes « heurte[nt] ce que je crois être les fondements de notre démocratie : la liberté d’expression, la liberté de création et le respect de chacun », explique-t-elle. La présidente d’Alpexpo condamne ainsi sans réserve les violences qui ont forcé l’arrêt du concert après seulement vingt minutes et affirme que « cette haine n’est pas le visage de Grenoble ».

Claude Habfast (à gauche), président de la SPL Alpexpo passe le relais à Nathalie Béranger, aux côtés du directeur François Heid -DR
Nathalie Béranger, qui gère notamment le Summum et l’Auditorium, propose à Barbara Butch de l’accueillir dans l’une de ces salles pour une nouvelle représentation. « Alpexpo a vocation à être une maison ouverte à tous les artistes, créateurs et publics », précise-t-elle, en insistant sur la nécessité de préserver un espace de dialogue et de liberté. « Je souhaite que les Grenobloises et les Grenoblois qui vous soutiennent puissent vous retrouver dans un cadre serein, respectueux et digne de votre talent », ajoute-t-elle.
Une proposition concrète pour tourner la page
Cette proposition intervient alors que la mairie de Grenoble, dirigée par Laurence Ruffin, a annoncé porter plainte contre X pour les violences commises lors du concert. Ces dernières étaient liées au soutien de Barbara Butch à la proposition de loi « Yadan », un texte controversé visant à lutter contre l’antisémitisme, mais critiqué pour son risque d’amalgame entre antisionisme et antisémitisme. Des militants pro-palestiniens, dont certains élus de La France insoumise (LFI), avaient appelé à manifester contre la venue de l’artiste.
Nathalie Béranger, figure locale dans la vie culturelle grenobloise, réaffirme ainsi l’attachement de sa structure à la liberté artistique, malgré les divergences d’opinions. « Même si nous ne partageons peut-être pas toutes les mêmes convictions, je suis persuadée que la culture doit demeurer un espace de dialogue », conclut-elle. Une main tendue pour tourner la page, alors que le débat sur les limites de la liberté d’expression et de la protestation reste vif.




![Nouvel accrochage entre Réconcilier Grenoble et LFI autour de Barbara Butch, du Cabaret frappé... et de la "judéité" "Je vous demande à la fois d'avoir des propos respectueux les uns envers les autres, mais aussi de traiter les sujets qui sont à l'ordre du jour". C'est avec ces mots que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a ouvert le troisième conseil municipal de son mandat le mardi 26 mai 2026. Sept heures plus tard, une délibération concernant les racks à vélo pour le Cabaret frappé allait donner lieu... à des prises de parole sur la lutte palestinienne et à un incident de séance entre les groupes d'opposition LFI et Réconcilier Grenoble. Laurence Ruffin au poste de maire lors du conseil municipal du 25 mai 2026. © Florent Mathieu - Place Gre'net Comment en sommes-nous arrivés là? Les élus insoumis ont profité de la délibération pour (re)dire tout le mal qu'ils pensaient de la programmation de la DJ Barbara Butch à l'édition 2026 du festival. Peu satisfait de la réponse qu'avait adressé (et qu'allait répéter) l'adjoint à la Culture Alexis Monge lors d'une première interpellation, le chef de file du groupe LFI Allan Brunon a, une fois encore, interpellé l'exécutif grenoblois pour lui demander "une clarification politique". Autrement dit, soit déprogrammer l'artiste, soit rejoindre l'appel au boycott lancé par les Insoumis. 1 Barbara Butch est dans le viseur de LFI pour figurer parmi les signataires d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan. Un texte, depuis retiré, qui entendait faciliter les poursuites en cas de contestation du droit à exister de l'État d'Israël. Et ceci dans le but de lutter contre les "formes renouvelées de l'antisémitisme". Et qui, pour ses détracteurs, menaçait de criminaliser le soutien à la cause palestinienne. Ainsi que l'a longuement rappelé Allan Brunon, fustigeant une loi visant à "stigmatiser tout un pan de ceux qui luttent contre le génocide a Gaza". <!--yith_wcmbs_alternative_content-->
<!--yith_wcmbs_members_only_content_start--> Violemment attaquée par des milieux identitaires ou marqués à l'ultra-droite pour avoir participé à une (prétendue) parodie de La Cène lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, Barbara Butch est aujourd'hui dans le collimateur de LFI pour avoir signé une tribune de soutien à la loi Yadan. DR Mais Allan Brunon n'a pas été le seul à prendre la parole parmi les rangs des Insoumis. Le groupe a mis les bouchées triples avec trois interventions à la suite. Celle d'Allan Brunon, suivie par celle d'Abdelnour Djebbouri et de Khemisti Boubeker. Quitte à s'autoriser quelques balles perdues, comme une en direction... des Socialistes, dont certains comme François Hollande ont également signé la tribune incriminée. Tandis que l'élue PS de la majorité Amandine Germain s'est vue reprocher d'avoir approuvé le retrait de subvention du Département à un festival isérois pour avoir programmé le rappeur Médine. Mais c'est évidemment l'État d'Israël qui était dans le collimateur. Barbara Butch, une artiste chantre de l'amour? "Est-ce qu'il y a eu de l'amour pendant la Nakba en 1947, pendant les expulsions, pendant les massacres, pendant les spoliations de terre? Est-ce qu'il y a encore de l'amour aujourd'hui lors des destructions de maisons, les expulsions, les checkpoints, l’apartheid et la colonisation en cours?", a martelé Abdelnour Djebbouri. "Lorsqu'il s'agit d'Israël, [...], les sanctions culturelles restent quasi inexistantes. On a pu le voir encore avec l'Eurovision", a rajouté Khemisti Boubeker. 2 L'élue du groupe Réconcilier Grenoble Émilie Chalas a, par la suite, pris la parole pour commenter la prise de position de LFI. "Le sujet au fond, ce qui amène à chaque La France Insoumise à s'exprimer, c'est la question du judaïsme. [...] Dès qu'il y a un sujet vis-à-vis d'Israël ou de la judéité sous toutes ses formes, il y a LFI au rendez-vous pour répéter ses éléments de langage", a lancé la conseillère municipale d'opposition. Quitte à scandaliser ses collègues insoumis, lesquels ont quitté la salle du conseil municipal. Résultat? Deux suspensions de séances successives, Émilie Chalas réitérant ses propos à la fin de la première. Émilie Chalas lors de sa prise de parole. © Ville de Grenoble "Je vais faire consigner au procès-verbal les propos qui ont été tenus et qui n'ont pas lieu d'être dans cette institution. Je tiens à ce que les propos soient respectueux", a tancé Laurence Ruffin sans préciser quels propos étaient visés. Et la maire de rappeler que le sujet portait initialement sur la question des racks à vélo, comme elle l'avait une première fois... au moment de la prise de parole d'Émilie Chalas. "Je ne sais pas pourquoi c'est moi que vous interrompez", lui avait rétorqué l'élue avec une certaine ironie. Il est vrai que les élus LFI comme ceux de la majorité avaient eu auparavant tout le loisir de s'exprimer, sans éprouver la patience de la maire. 3 Aux tensions et incidents de séance sont venus s'ajouter... le duel par communiqués interposés. "Émilie Chalas, élue du groupe de droite, a répété à trois reprises que nous avions un problème avec la “judéité” et le “judaïsme”. Nous avons quitté le conseil, et la maire de Grenoble a poursuivi la séance sans condamner fermement ses propos", a déclaré Allan Brunon à la suite du conseil municipal. Et d'ajouter avoir saisi la préfère de l'Isère et le procureur de la République... soit une nouvelle démarche après les tensions lors du premier conseil municipal de la mandature, le 27 mars 2026. Les élus du groupe LFI se sont filmés sur les marches de l'Hôtel de Ville après avoir quitté la séance du conseil municipal suite aux propos tenus par Émilie Chalas. © LFI Quelques heures plus tard, c'était au tour de Réconcilier Grenoble de publier son communiqué. "Cette nouvelle polémique apparaît avant tout comme un coup de communication orchestré par Allan Brunon et son groupe, dans une logique permanente de dramatisation, de tension politique et de polarisation des débats autour de sujets nationaux qui sont éloignés des sujets concernant la gestion municipale", ont estimé les élus du groupe d'opposition. Réconcilier Grenoble n'a pas manqué de dénoncer (encore) un "deux poids deux mesures" de la part de Laurence Ruffin. Laquelle "a choisi de suspendre immédiatement la séance, donnant le sentiment de céder systématiquement aux mises en scène et aux pressions politiques du groupe LFI", considèrent les élus. Et de revenir sur la séance où eux-mêmes avait été traités de "nazis" par Allan Brunon: Malgré la gravité extrême de ces propos condamnables, aucune suspension de séance n’avait été accordée afin de réunir les présidents de groupe et d’apaiser les échanges".](https://www.placegrenet.fr/wp-content/uploads/2026/05/conseil-municipal-de-grenoble-26-mai-2026-3-1000x288.jpg)




3 réflexions sur « Nathalie Béranger, présidente d’Alpexpo, propose à Barbara Butch un nouveau concert à Grenoble après l’épisode violent du Cabaret frappé »
On aimerait aussi une réaction de la part de tous les collabos à l’élection de la soeur de François Ruffin honteusement alliée à Allan Brunon, notamment les PS vendus d’Amandine Germain et le traître à Raphaël Glucksmann qu’a été Romain Gentil.
Je désapprouve votre soutien à Barbara Butch, qui lors des J.O., « couronnée d’étoiles », à la place de Jésus-Christ était fière de participer à cette caricature vulgaire de la Cène du Christ.
Je ne suis pas chrétienne mais ce manque de respect envers des repères traditionnels et religieux m’ont indignée.
Barbara Butch a d’autre part signé une tribune soutenant la très controversée « loi Yadan » qui a recueilli plus de 700 000 signatures sur la Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale avant d’être classée par la commission des Lois en avril 2026.
La ville de Grenoble a autorisé son spectacle, alors qu’en son temps la ville de Grenoble avait interdit la conférence que devait donner le Pr Christophe Oberlin coupable d’avoir soigné des enfants palestiniens et d’avoir dénoncé les crimes commis par l’armée israélienne à Gaza.
Il est regrettable que les partisans français de l’entité sioniste exercent une forte emprise sur les politiques.
Quel bla-bla anti juif/sémite ! Du LFI Stalinien dans le texte !