FOCUS – Six jours après l’interruption du concert de Barbara Butch au Cabaret frappé, la Ville de Grenoble a déposé, vendredi 24 juillet 2026, une nouvelle plainte contre X directement auprès du procureur de la République. Appuyée sur des témoignages, des vidéos et les constatations de ses agents, cette démarche complète la première plainte déposée au commissariat et vise notamment des violences aggravées, des dégradations et la mise en danger de la vie d’autrui. Une initiative qui intervient alors que l’affaire continue de susciter de nouvelles réactions sur les plans judiciaire et politique.
Deux mois après l’appel lancé par La France insoumise Grenoble au « boycott culturel » de Barbara Butch, notamment accusée de soutenir la proposition de loi dite « Yadan » et d’être favorable à Israël, l’affaire connaît une nouvelle étape judiciaire. Trois jours après l’ouverture par le parquet de Grenoble d’une enquête préliminaire pour « entrave concertée à l’exercice de la liberté de création artistique par des voies de fait », la Ville a ainsi annoncé, vendredi 24 juillet en conférence de presse, le dépôt d’une plainte contre X, destinée à compléter la première, directement adressée au procureur de la République.
S’appuyant sur les témoignages recueillis, les vidéos de la soirée et les constatations réalisées depuis l’interruption du concert du 18 juillet, cette nouvelle démarche élargit sensiblement les qualifications pénales invoquées.
Une plainte destinée à étayer la première procédure
Avec Arié Alimi, l’avocat de la Ville qui intervenait pour sa part en visioconférence, Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a expliqué que cette nouvelle plainte ne remplaçait pas celle déposée immédiatement après les faits, mais venait l’étayer car la première avait été engagée alors que la Ville ne disposait encore que d’informations limitées. « Elle était rapide et sommaire parce que c’était le début des faits », a rappelé Arié Alimi.
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![Nouvel accrochage entre Réconcilier Grenoble et LFI autour de Barbara Butch, du Cabaret frappé... et de la "judéité" "Je vous demande à la fois d'avoir des propos respectueux les uns envers les autres, mais aussi de traiter les sujets qui sont à l'ordre du jour". C'est avec ces mots que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a ouvert le troisième conseil municipal de son mandat le mardi 26 mai 2026. Sept heures plus tard, une délibération concernant les racks à vélo pour le Cabaret frappé allait donner lieu... à des prises de parole sur la lutte palestinienne et à un incident de séance entre les groupes d'opposition LFI et Réconcilier Grenoble. Laurence Ruffin au poste de maire lors du conseil municipal du 25 mai 2026. © Florent Mathieu - Place Gre'net Comment en sommes-nous arrivés là? Les élus insoumis ont profité de la délibération pour (re)dire tout le mal qu'ils pensaient de la programmation de la DJ Barbara Butch à l'édition 2026 du festival. Peu satisfait de la réponse qu'avait adressé (et qu'allait répéter) l'adjoint à la Culture Alexis Monge lors d'une première interpellation, le chef de file du groupe LFI Allan Brunon a, une fois encore, interpellé l'exécutif grenoblois pour lui demander "une clarification politique". Autrement dit, soit déprogrammer l'artiste, soit rejoindre l'appel au boycott lancé par les Insoumis. 1 Barbara Butch est dans le viseur de LFI pour figurer parmi les signataires d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan. Un texte, depuis retiré, qui entendait faciliter les poursuites en cas de contestation du droit à exister de l'État d'Israël. Et ceci dans le but de lutter contre les "formes renouvelées de l'antisémitisme". Et qui, pour ses détracteurs, menaçait de criminaliser le soutien à la cause palestinienne. Ainsi que l'a longuement rappelé Allan Brunon, fustigeant une loi visant à "stigmatiser tout un pan de ceux qui luttent contre le génocide a Gaza". <!--yith_wcmbs_alternative_content-->
<!--yith_wcmbs_members_only_content_start--> Violemment attaquée par des milieux identitaires ou marqués à l'ultra-droite pour avoir participé à une (prétendue) parodie de La Cène lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, Barbara Butch est aujourd'hui dans le collimateur de LFI pour avoir signé une tribune de soutien à la loi Yadan. DR Mais Allan Brunon n'a pas été le seul à prendre la parole parmi les rangs des Insoumis. Le groupe a mis les bouchées triples avec trois interventions à la suite. Celle d'Allan Brunon, suivie par celle d'Abdelnour Djebbouri et de Khemisti Boubeker. Quitte à s'autoriser quelques balles perdues, comme une en direction... des Socialistes, dont certains comme François Hollande ont également signé la tribune incriminée. Tandis que l'élue PS de la majorité Amandine Germain s'est vue reprocher d'avoir approuvé le retrait de subvention du Département à un festival isérois pour avoir programmé le rappeur Médine. Mais c'est évidemment l'État d'Israël qui était dans le collimateur. Barbara Butch, une artiste chantre de l'amour? "Est-ce qu'il y a eu de l'amour pendant la Nakba en 1947, pendant les expulsions, pendant les massacres, pendant les spoliations de terre? Est-ce qu'il y a encore de l'amour aujourd'hui lors des destructions de maisons, les expulsions, les checkpoints, l’apartheid et la colonisation en cours?", a martelé Abdelnour Djebbouri. "Lorsqu'il s'agit d'Israël, [...], les sanctions culturelles restent quasi inexistantes. On a pu le voir encore avec l'Eurovision", a rajouté Khemisti Boubeker. 2 L'élue du groupe Réconcilier Grenoble Émilie Chalas a, par la suite, pris la parole pour commenter la prise de position de LFI. "Le sujet au fond, ce qui amène à chaque La France Insoumise à s'exprimer, c'est la question du judaïsme. [...] Dès qu'il y a un sujet vis-à-vis d'Israël ou de la judéité sous toutes ses formes, il y a LFI au rendez-vous pour répéter ses éléments de langage", a lancé la conseillère municipale d'opposition. Quitte à scandaliser ses collègues insoumis, lesquels ont quitté la salle du conseil municipal. Résultat? Deux suspensions de séances successives, Émilie Chalas réitérant ses propos à la fin de la première. Émilie Chalas lors de sa prise de parole. © Ville de Grenoble "Je vais faire consigner au procès-verbal les propos qui ont été tenus et qui n'ont pas lieu d'être dans cette institution. Je tiens à ce que les propos soient respectueux", a tancé Laurence Ruffin sans préciser quels propos étaient visés. Et la maire de rappeler que le sujet portait initialement sur la question des racks à vélo, comme elle l'avait une première fois... au moment de la prise de parole d'Émilie Chalas. "Je ne sais pas pourquoi c'est moi que vous interrompez", lui avait rétorqué l'élue avec une certaine ironie. Il est vrai que les élus LFI comme ceux de la majorité avaient eu auparavant tout le loisir de s'exprimer, sans éprouver la patience de la maire. 3 Aux tensions et incidents de séance sont venus s'ajouter... le duel par communiqués interposés. "Émilie Chalas, élue du groupe de droite, a répété à trois reprises que nous avions un problème avec la “judéité” et le “judaïsme”. Nous avons quitté le conseil, et la maire de Grenoble a poursuivi la séance sans condamner fermement ses propos", a déclaré Allan Brunon à la suite du conseil municipal. Et d'ajouter avoir saisi la préfère de l'Isère et le procureur de la République... soit une nouvelle démarche après les tensions lors du premier conseil municipal de la mandature, le 27 mars 2026. Les élus du groupe LFI se sont filmés sur les marches de l'Hôtel de Ville après avoir quitté la séance du conseil municipal suite aux propos tenus par Émilie Chalas. © LFI Quelques heures plus tard, c'était au tour de Réconcilier Grenoble de publier son communiqué. "Cette nouvelle polémique apparaît avant tout comme un coup de communication orchestré par Allan Brunon et son groupe, dans une logique permanente de dramatisation, de tension politique et de polarisation des débats autour de sujets nationaux qui sont éloignés des sujets concernant la gestion municipale", ont estimé les élus du groupe d'opposition. Réconcilier Grenoble n'a pas manqué de dénoncer (encore) un "deux poids deux mesures" de la part de Laurence Ruffin. Laquelle "a choisi de suspendre immédiatement la séance, donnant le sentiment de céder systématiquement aux mises en scène et aux pressions politiques du groupe LFI", considèrent les élus. Et de revenir sur la séance où eux-mêmes avait été traités de "nazis" par Allan Brunon: Malgré la gravité extrême de ces propos condamnables, aucune suspension de séance n’avait été accordée afin de réunir les présidents de groupe et d’apaiser les échanges".](https://www.placegrenet.fr/wp-content/uploads/2026/05/conseil-municipal-de-grenoble-26-mai-2026-3-1000x288.jpg)




8 réflexions sur « Concert interrompu de Barbara Butch : Grenoble complète sa plainte avec de nouvelles qualifications pénales »
Et Réconcilier Grenoble qui ne pense qu’à récupérer la commission des finances ! Autant j’ai totalement perdu confiance en allant Brunon et son équipe depuis leur dernier coup d’éclat, autant confier la commission des finances à une équipe qui il y a quelques mois à peine voulait remettre aux commandes un type condamné pour corruption, abus de bien sociaux et subordination de témoin…. et qui voyait aucun problème à celà… ça inspire pas franchement confiance non plus ! 😒
Arrêtez de vous faire peur : rappelons que le président de la commission des finances n’est ni l’ordonnateur, qui décide et engage les opérations financières, ni le comptable public, seul responsable de la manipulation des fonds et du contrôle de leur régularité,
Le rôle des commissions se limite à étudier/instruire des affaires/questions soumises au conseil municipal. Les commissions préparent le travail et les délibérations du conseil, elles participent à l’élaboration des décisions municipales. Les commissions émettent des avis ou propositions mais n’ont aucun pouvoir de décision.
Lors des mandats précédents, lors des débats budgétaires, les opposants politiques représentés par Alain Carignon, Emilie Chalas er Romain Gentil intervenaient de façon très pertinente sur les questions financières, ne vous en déplaise.
Réconcilier Grenoble est composé (e) d’une équipe .
Qui vous dit que Alain Carignon aurait pris la commission
des finances ?
Soyez indulgent. La » bande à Ruffin » n’a pas les épaules
assez larges pour tenir la Mairie.
Les médias ne faisaient pas tant de bruit quand les autorités officielles empêchaient Dieudonné de faire ses spectacles. Mais Barbara Butch et Dieudonné ne jouent pas dans la même cour.
Pourquoi ne porte t’elle pas plainte contre l’organisateur Allan Brunon tout simplement ? 🤔
C’est beaucoup malin de porter pleinte contre X en fait !
Primo car il faut toujours se méfier des évidences.
Secondo car si effectivement la responsabilité de LFI est engagée (certes il n’y a un gros suspense là dessus^^!), ça sera la conclusion du parquet au terme d’une enquête en bonne et dûe forme. Et non pas la conclusion de personnalité politique partisane ou de journalistes tout aussi biaisé.
Plainte contre X alors que le LFI Allan Brunon a lui même déclaré à la presse que « nous ne la laisserons pas se produire » ?
Contrairement à L. ruFIn, Libé ne fait pas semblant de ne pas savoir qui est X. Ils ont écrit « Allan Brunon, président du groupe La France insoumise de Grenoble, mène l’action en costard-cravate, entouré d’autres élus et militants. »
Bravo un maire qui est élu grâce à la france insoumise et voilà le résultat