EN BREF – Les syndicats CGT et Sud annoncent un mouvement de grève et de rassemblement au sein de l’Association familiale de l’Isère pour personnes handicapées (Afiph) le mardi 30 juin 2026. Ils dénoncent un manque de dialogue social au sein de la structure et accusent la direction de vouloir faire passer des réformes de force. La CGT a déposé un préavis général du secteur social, médicosocial et sanitaire, dans le cadre d’un mouvement national, mais aussi localement en soutien aux personnels de l’Afiph.
Les syndicats CGT Santé et Action sociale Isère et Sud Santé Sociaux Isère appellent à la grève et au rassemblement des personnels de l’Afiph le mardi 30 juin 2026. Un mouvement qui s’inscrit dans un bras de fer de plusieurs mois entre les organisations syndicales et l’Association familiale de l’Isère pour personnes handicapées, qui compte plusieurs structures sur l’ensemble du département. Outre les revendications salariales, les syndicats réclament de meilleures conditions de travail pour les salariés et un « vrai dialogue social« .

En 2024 déjà, des salariés du social et médicosocial faisaient entendre leur voix devant le siège de l’Afiph. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Le 10 mars 2026, la CGT avait déjà appelé à un mouvement de grève face à des « négociations [qui] ne bouge[aie]nt pas« . Elle considérait en effet que la direction tentait « de faire passer un texte qui a[vait] déjà été rejeté deux fois par toutes les organisations syndicales représentatives« . Les deux syndicats comparent ainsi le dialogue social qui s’est instauré à une forme de « 49.3« , où « la direction générale décide seule du calendrier et impose ses délais« , et dénoncent une « mascarade« .
Une journée de mobilisation en soutien aux personnels de l’Afiph
« Concrètement, les nouvelles organisations du travail proposées annoncent plus de flexibilité pour l’employeur. Est-ce la fin de l‘équilibre [entre] vie professionnelle et vie personnelle?« , dénoncent encore les syndicats. Qui affirment voir se profiler de « nouvelles dégradations » des conditions de travail, autour de postes gelés ou d’une limitation des remplacements. Ceci alors que l’Afiph affiche un déficit de 800 000 euros en 2015 et qu’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales préconise des réformes dans le fonctionnement de la structure.
Le mouvement du 30 juin prend également place dans le cadre d’un mouvement national, à l’occasion duquel la CGT a déposé un préavis pour l’ensemble des salariés des secteurs de la santé, du médicosocial et du social, ainsi qu’elle l’a fait savoir à la préfecture de l’Isère. Avec une mobilisation principalement tournée vers le soutien des personnels de l’Afiph, précise-t-elle. Ce tout en affichant son désir « de voir s’ouvrir de véritables négociations en vue du règlement des revendications portées par l’action de ces personnels« .
Ce qui n’empêche pas le syndicat de rappeler ses revendications pour lesquelles « les personnels se battent toujours« . À savoir, le versement de la prime Segur à tous des salariés, la revalorisation des salaires « à partir d’un Smic à 2 000 euros« , la titularisation sur les postes vacants permanents dans le public, la généralisation des CDI dans le privé, un départ à la retraite à 60 ans, une revalorisation des pensions de 300 euros et des moyens pour « un système de santé, de protection sociale et des services publics qui répondent aux besoins de la population« .
Contactée, la direction de l’Afiph a indiqué ne pas souhaiter apporter de réaction.
À la suite du mouvement social et de l’assemblée générale, la CGT et Solidaires ont indiqué qu’une délégation syndicale a été reçue par l’Afiph, et ceci « reléguée dans un couloir, à proximité des toilettes, où elle a rencontré quatre administrateurs, la directrice des Ressources Humaines et un directeur du siège« , décrit-elle. Mais sans le directeur général ou le président de la structure. Et d’interroger: « Faut-il y voir le reflet du dialogue social pratiqué aujourd’hui au sein de notre association?« .
« Pendant que les salarié·e·s demandent des réponses sur leurs conditions de travail, sur le PRE, sur les organisations du temps de travail et sur la prévention des risques psychosociaux, l’Afiph répond par des vigiles, des portes closes et l’absence de ses principaux dirigeants. Ce constat est sans appel : les dirigeants […] refusent toujours de répondre aux véritables préoccupations et aux revendications des professionnel·le·s qui, chaque jour, œuvrent avec engagement auprès des personnes qu’ils accompagnent », jugent encore les syndicats.
[Encadré ajouté le 2 juillet 2026 à 12 heures]











3 réflexions sur « Appel à la grève et au rassemblement à l’Afiph pour réclamer un « vrai dialogue social » »
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