CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°138 du lundi 30 mars 2026, retour sur la victoire à la Pyrrhus de Laurence Ruffin à Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler de la victoire de Laurence Ruffin. Les municipales sont derrière nous, et Laurence Ruffin a donc été élue maire de Grenoble le 22 mars 2026. Si la candidate de la majorité sortante avait toujours été donnée favorite, sa victoire n’a cependant pas été aussi éclatante que prévue. Au soir du premier tour, elle se classait en effet derrière Alain Carignon, à quelques centaines de voix près. De quoi produire un véritable électrochoc.
Et de quoi amener à un changement de stratégie. Alors que Laurence Ruffin défendait jusque-là avant tout son programme, le second tour a pour sa part été consacré à un appel au barrage contre Alain Carignon. Non sans qualifier le candidat de « raciste« , de « climatosceptique« , « d’antiféministe« , « d’affairiste« , et on en passe.
Une victoire au terme d’une stratégie qui pose question
Une stratégie qui s’est accompagnée d’une « fusion technique » avec la liste du candidat LFI Allan Brunon. Treize colistiers de la liste insoumise ont ainsi intégré celle de Laurence Ruffin, sans accord programmatique. Et Allan Brunon a clairement fait comprendre qu’une fois élus, les Insoumis en question créeraient un groupe d’opposition.
Tout cela s’est révélé payant puisque Laurence Ruffin l’a emporté au second tour. Mais la stratégie pose question. C’est tout le problème du barrage. À la suite de son élection, Laurence Ruffin a dit son plaisir de pouvoir mettre en œuvre son projet. Mais son projet a t-il été validé par les électeurs ? Ceux du premier tour, sans aucun doute. Ceux du second tour, du moins la partie qui a voté contre Alain Carignon plus que pour Laurence Ruffin, c’est moins sûr. En particulier quand des colistiers faisaient savoir qu’ils iraient dans l’opposition.
Ajoutons à cela que la campagne a donné lieu à un festival d’anathèmes et d’accusations qui ont de quoi aggraver les tensions. Sans compter de drôles de déclarations. Un exemple ? Amandine Germain, colistière PS de Laurence Ruffin, a déclaré que les Grenoblois avaient été « à la hauteur » en élisant la candidate.
Le genre de propos qui peuvent se tenir dans le cadre d’un plébiscite… mais ici, en l’occurrence, est-ce qu’Amandine Germain considère que les 22 000 électeurs d’Alain Carignon, plus les 33 600 abstentionnistes, plus les 1500 votants blancs, n’ont pas été à la hauteur ? Les habitants apprécieront.
Laurence Ruffin, une maire mal élue?
Est-ce que Laurence Ruffin a été mal élue? On peut le dire. Encore une fois, la stratégie du barrage ne crée pas l’adhésion. Et avec le départ des Insoumis, la maire commence son mandat avec une majorité de 33 élus contre une opposition, certes scindée en deux, de 26 élus. La marge de manœuvre s’avère donc très faible.
Le conseil municipal d’installation qui s’est tenu vendredi 27 mars a, pour sa part, été le théâtre d’affrontements verbaux d’une violence inédite. Cela en dit long sur les traces délétères qu’a laissées la campagne.
Le temps nous dira si la stabilité sera finalement au rendez-vous, ce qui serait souhaitable. Mais une chose est sûre : si beaucoup ont brigué le poste de maire de Grenoble, peu aimeraient aujourd’hui être à la place de Laurence Ruffin! »
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3 réflexions sur « Chronique Place Gre’net – RCF : La victoire à la Pyrrhus de Laurence Ruffin à Grenoble »
Bel épilogue de cette séquence grenobloise de dévoiement démocratique….
« À la suite de son élection, Laurence Ruffin a dit son plaisir de pouvoir mettre en œuvre son projet. Mais son projet a t‑il été validé par les électeurs ? »
La réponse à la question est non. Non au premier tour car le projet de Réconcilier Grenoble l’a emporté devant tous les autres.
Non au deuxième tour aussi, vu les chiffres : 29 071 votes pour Ruffin-Brunon, ce qui fait donc 21 421 en décomptant les Brunon (7 650 au premier tour) puisqu’ils s’opposent au projet Ruffin. Là aussi, c’est moins que les 22 297 de Réconcilier Grenoble.
Non, ce n’est pas le projet Piolle 3 qui l’a emporté. Le projet que les électeurs ont validé est celui de Réconcilier Grenoble.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_municipales_de_2026_%C3%A0_Grenoble
Bonjour,
Bien quz je sois électeur à St Egrève, la vie politique grenobloise m’intéresse évidemment.
Je dois avouer que votre analyse des résultats des dernières élections à Grenoble me laisse perplexe. Laurence Ruffin a 7 sièges de plus que les oppositions, soit 56% du conseil municipal : ce n’est pas une majorité si étriquée !
Si en 1997 on avait appliqué une analyse semblable aux résulats des législatives (au 1er tour Extr G : 3%, Gauche Plurielle : 46%, Droite : 37% Extr Dr : 15% et au 2e tour : Gauche Plurielle : 49%, Droite : 45%, Extr Dr : 6%) on aurait conclu que la victoire de Lionel Jospin était « à la Pyrrhus »… Je ne suis pas certain que cette analyse aurait marqué l’histoire de la politologie.
Très cordialement,
André Baudry