FOCUS – La décision de la Ville de Fontaine de supprimer les huit barbecues fixes du parc de la Poya et d’y interdire toute cuisson suscite une vive controverse. La municipalité invoque des problèmes récurrents de sécurité, de nuisances et de protection de la biodiversité, tandis que La France insoumise et le Parti communiste fontainois dénoncent une mesure disproportionnée qui pénaliserait les familles les plus modestes. De quoi alimenter un débat plus large sur les usages dans les espaces publics.
Annoncée le 26 mai 2026 par la municipalité de Fontaine sur son compte Facebook, la suppression des huit barbecues publics du parc de la Poya ne passe pas inaperçue. Situé au pied du bois des Vouillants, cet espace vert très fréquenté constituait l’un des derniers lieux de l’agglomération grenobloise où les grillades étaient encore autorisées.
Pour la majorité municipale menée par Franck Longo, cette interdiction s’imposait face à la multiplication des incivilités, des dégradations et des risques d’incendie. Une analyse contestée par deux formations de gauche qui accusent la Ville d’avoir privilégié une solution radicale au détriment du dialogue et du vivre-ensemble.
L’usage d’un grand nombre de barbecues devenu difficile à maîtriser
Pour Laurent Thoviste, adjoint au maire chargé notamment de l’Environnement, la situation s’était progressivement dégradée au fil des années. « Nous avions huit barbecues fixes et normalement l’usage devait se limiter à ces équipements. En fait, ça ne marchait pas », explique-t-il.
Selon l’élu, les barbecues attiraient une fréquentation dépassant largement leur capacité d’accueil et, de surcroît, des visiteurs apportaient régulièrement leurs propres installations, pourtant interdites dans le parc. « On en avait souvent une trentaine dans la même journée », précise l’adjoint.

Le montage photographique qui illustrait le post Facebook de la Ville de Fontaine. © Ville de Fontaine
Conséquences directes de cette situation ? Des fumées importantes, des conflits d’usage, des dégradations et prélèvements de bois dans le parc pour alimenter les feux. Laurent Thoviste évoque également des tensions entre usagers, avec parfois « des bagarres pour une place » autour des équipements. « Nous avons cherché à sensibiliser les usagers, puis nous avons un peu verbalisé mais force est de constater que nous n’avons pas réussi », reconnaît l’adjoint au maire.
De plus, « nous sommes très proches du bois des Vouillants », a rappelé Laurent Thoviste, évoquant les périodes durant lesquelles les restrictions liées aux risques de feu deviennent particulièrement sensibles. Sans oublier que la Ville met aussi en avant la vocation naturelle du site.

Le Bois des Vouillants à proximité des huit barbecues publics du parc de la Poya. © Lucas Frangella – Ville de Grenoble
En effet, labellisé « Refuge LPO », le parc fait l’objet depuis plusieurs années d’actions destinées à favoriser la biodiversité. Autant dire que, pour la Ville, les usages liés aux grillades se révélaient difficilement compatibles avec cette orientation. D’où la décision de supprimer les huit barbecues, ce qui a été fait dans les jours qui ont suivi l’annonce.
L’opposition LFI dénonce une décision « disproportionnée »
L’adjoint rejette toutefois l’idée d’une fermeture du parc à ses usages populaires. « On peut parfaitement continuer à aller dans le parc et faire un pique-nique. C’est juste les barbecues qui sont interdits », insiste-t-il. Mais cette analyse ne convainc pas les élus du groupe d’opposition La France insoumise Fontaine en commun. Loin s’en faut.
Les conseillers municipaux Esma Aggoun et Slimane Raïs dénoncent ainsi une décision « radicale, disproportionnée et discriminatoire à l’égard des familles les plus modestes ». Les élus considèrent en effet que ces équipements rendaient un service important à de nombreux habitants ne disposant pas nécessairement d’espaces extérieurs privés pour organiser des repas conviviaux.
Selon les deux conseillers municipaux, la Ville aurait pu explorer d’autres pistes avant d’opter pour une suppression définitive : médiation, sensibilisation, règlement d’usage plus strict ou système de réservation. Le groupe estime par ailleurs que l’interdiction risque simplement de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.
Un point de vue partagé par la section fontainoise du PCF. Tout en reconnaissant les enjeux de propreté, de sécurité ou de nuisances, celle-ci considère que les barbecues publics participent à l’animation du parc et au lien social entre habitants. Le PCF demande ainsi à la municipalité de suspendre sa décision et d’engager une concertation avec les usagers afin d’étudier des solutions alternatives.
Au nombre des pistes avancées, figurent notamment un meilleur entretien du site, des campagnes de sensibilisation, des horaires encadrés, ou encore une présence humaine renforcée pendant les périodes de forte fréquentation. Une pétition en ligne invite par ailleurs les Fontainois a exprimer leur opposition à la décision de la mairie de Fontaine.
Une phase de pédagogie… avant des sanctions
La Ville de Fontaine entend désormais faire respecter la nouvelle réglementation. Des panneaux d’information vont être installés aux entrées du parc ainsi qu’à proximité des anciens emplacements des barbecues. Durant le mois de juin et la période estivale, élus et policiers municipaux iront également à la rencontre des visiteurs afin d’expliquer les raisons de cette évolution. « Dans un premier temps, explications. Mais si jamais ils ne comprennent pas, on ira jusqu’à la verbalisation », prévient Laurent Thoviste.












2 réflexions sur « Fontaine : la suppression des barbecues fixes du parc de la Poya fait polémique »
Les populations changent.
Ce que l’on pouvait permettre à des gens civilisés n’est pas envisageable avec des personnes ne possédant aucun surmoi.
Il faut faire venir Sandrine Rousseau pour expliquer aux copains du NFP à Fontaine que le barbecue, c’est de la « virilité toxique »..