FOCUS – L’Isère n’échappe pas à la crise de l’accès aux soins. Si le département affiche des délais stables en médecine générale, l’étude « Cartes de France 2026 de l’accès aux soins » menée par Doctolib, Joy Raynaud, géographe de la santé et la Fondation Jean-Jaurès, révèle des réalités plus préoccupantes : l’allongement des délais d’attente pour les spécialités, le renoncement massif aux soins et des inégalités territoriales persistantes.
63 % des Français ont déjà renoncé à chercher un rendez-vous médical. Ce chiffre, issu de l’étude « Cartes de France 2026 de l’accès aux soins » publiée le 19 mai 2026 par Doctolib, Joy Raynaud, géographe de la santé et la Fondation Jean-Jaurès, résume à lui seul l’urgence de la situation. Et celle-ci n’épargne pas l’Isère.
Cette analyse, basée sur 234 millions de consultations réalisées en 2025 et une enquête auprès de 8 000 patients, révèle un système de santé à deux vitesses, où les disparités entre départements se creusent. En Isère, département alpin souvent perçu comme mieux loti, la stabilité apparente de la situation cache des fragilités croissantes du système de soins, notamment pour les spécialités les plus recherchées.
Une médecine générale sous pression, malgré des délais stables
En France, la médecine générale reste le socle du premier recours. Si la moyenne nationale se maintient, avec un délai médian de trois jours pour obtenir un rendez-vous en 2025, cette stabilité est trompeuse. Derrière ce chiffre, une dégradation diffuse et progressive de l’accès aux soins semble s’opérer.
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Une réflexion sur « Délais d’attente, renoncements massifs, inégalités territoriales… L’Isère face à la crise de l’accès aux soins »
Pas besoin d’aller dans des zones rurales reculées pour trouver des déserts médicaux. On en trouve aussi dans des préfectures et villes universitaires avec CHU. Extrait d’un précédent article, pour la médecine générale (voir articles ci-dessous) :
Résultat : en matière de démographie médicale, Grenoble apparaît moins bien dotée que l’Isère, l’Auvergne Rhône-Alpes et même la France entière. La ville affiche ainsi une densité de seulement 6,1 médecins pour 10 000 habitants, contre 8,7 professionnels au niveau national, 9,1 en région Aura et 9,4 dans le Département de l’Isère.