EN BREF – Face à la pénurie de médecins et à l’allongement des délais de consultation, le Centre de spécialités médicales Odon Vallet (CSMOV) mise sur un modèle inédit : mobiliser des médecins retraités pour offrir des soins accessibles, sans dépassement d’honoraires. Après le succès de ses deux centres parisiens, l’association lance une campagne de financement participatif pour ouvrir une antenne à Grenoble dès 2027. Objectif : lever 200 000 €.
Face au manque criant de médecins et à la recrudescence des déserts médicaux, le Centre de spécialités médicales Odon Vallet (CSMOV) prépare l’ouverture d’une nouvelle antenne à Grenoble, prévue pour le premier trimestre 2027. Mais pour concrétiser ce projet, l’association a besoin de fonds supplémentaires. Elle lance donc une campagne de financement participatif, qui sera ouverte à tous dès le 20 avril 2026.
Le besoin est réel dans la capitale des Alpes. 21 % des Grenoblois n’ont en effet pas de médecin traitant et les délais pour consulter un spécialiste s’allongent sans cesse, selon les données publiées par le CSMOV.
Un modèle unique pour lutter contre les déserts médicaux
Le CSMOV, déjà implanté à Paris depuis 2025, se distingue par son modèle : recruter des médecins retraités, souvent d’anciens professeurs ou chefs de service, pour proposer des consultations en secteur 1, c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires. À Paris, deux centres accueillent déjà 200 patients par jour, avec une cinquantaine de médecins impliqués.

Image des centres déjà ouverts à Paris. © CSMOV
À Grenoble, une vingtaine de praticiens ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour le projet. L’objectif est d’en compter 40 à 50 à terme. « Le centre gère tout l’aspect administratif et s’adapte aux contraintes des médecins. Nous lançons un appel à tous les médecins retraités à venir nous rejoindre pour accompagner le projet isérois », informe Jérémy Renard, cofondateur des centres de spécialités médicales Odon Vallet.
« Ce sont souvent d’anciens responsables de service de CHU, qui, après avoir été rattrapés par l’âge de la retraite, veulent continuer à exercer leur art et faire profiter le public de leur savoir-faire inestimable », explique Jérémy Renard, cofondateur du CSMOV. Le projet grenoblois s’inscrit ainsi à la fois dans une démarche de lutte contre les déserts médicaux et de préservation du savoir médical.
Un financement participatif pour compléter les subventions
Si les travaux d’aménagement des locaux, situés sur le site du Chuga Pôle Sud à Échirolles, seront financés par des subventions publiques, le CSMOV a besoin de 200 000 € supplémentaires pour couvrir les premières charges opérationnelles (salaires, honoraires, etc.).
Les fondateurs du centre mettent en avant qu’avec cette campagne de financement participatif les particuliers et les entreprises pourront contribuer à lutter contre les déserts médicaux. Ils précisent en outre que les dons sont éligibles à des réductions d’impôts (66 % pour les particuliers, 60 % pour les entreprises).

Les médecins généralistes sont unanimes pour dire que l’offre de soins à Grenoble est aujourd’hui insuffisante. © Razor Max (Pixabay)
Au-delà d’un lieu de consultation, le CSMOV de Grenoble ambitionne de devenir un centre de santé universitaire. « Ainsi des jeunes docteurs et des internes pourront venir finaliser leur formation au contact de ces médecins retraités », précise Jérémy Renard.
La campagne de financement débute le 20 avril sur HelloAsso.








