EN BREF – Depuis le 1er janvier 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes applique un nouveau zonage pour les médecins généralistes. Ses objectifs ? Corriger les inégalités d’accès aux soins et lutter contre la désertification médicale.
Réorienter les aides financières afin d’inciter les praticiens à exercer dans les zones les plus fragilisées. Telle est l’ambition de la nouvelle carte de zonage pour les médecins généralistes mise en place le 1er janvier 2026 par l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes.
Ce classement, basé sur une analyse multicritère (accessibilité potentielle localisée, offre et besoins de soins) définit trois catégories de territoires : les Zones d’intervention prioritaire (Zip), les Zones d’action complémentaire (Zac) et les zones Hors zonage (HZ).
Un nouveau zonage pour palier la pénurie de médecins généralistes
Le problème des déserts médicaux n’est pas nouveau, mais il s’aggrave. Selon les dernières données, près de 30 % de la population française vit ainsi dans un territoire où l’accès à un médecin traitant relève du parcours du combattant, avec des délais de consultation interminables et des urgences saturées.

Un nouveau zonage de l’ARS définit trois catégories de territoires en Isère : les Zones d’intervention prioritaire (Zip), les Zones d’action complémentaire (Zac) et les zones Hors zonage (HZ). © ARS.
Le département de l’Isère est lui aussi concerné. En effet, de nombreuses communes ont vu leur offre de médecins généralistes se détériorer depuis le dernier zonage de 2022. C’est le cas de Salaise-sur-Sanne, Fontaine, Tullins ou encore Échirolles, qui se situent aujourd’hui en Zip, zones confrontées aux tensions les plus fortes en matière d’accès aux soins. Elles rejoignent ainsi la liste des communes où la situation est déjà alarmante, notamment dans le Nord-Isère, aux Avenières-Veyrins-Thuellin, à Morestel ou encore à Montalieu-Vercieux.
Au-delà de l’urgence dans laquelle se trouvent ces zones d’intervention prioritaire, le nouveau zonage isérois révèle un accroissement du nombre de villes situées en Zac. À présent, Grenoble, Sassenage ou encore Voiron peinent à répondre aux besoins de leur population en matière d’accès au soin et de suivi médical.
Des solutions en marche, mais encore insuffisantes
Pour répondre à l’urgence, l’ARS et les collectivités locales multiplient les initiatives. En Isère, le Département et la Région soutiennent la création de maisons de santé pluriprofessionnelles, comme à Faramans, où une structure regroupant médecins, infirmiers et kinésithérapeutes a vu le jour grâce à un financement de 250 000 euros.
Par ailleurs, le gouvernement a lancé en 2025 un « Pacte de lutte contre les déserts médicaux », incluant des mesures phares, comme l’envoi de médecins en renfort dans 151 zones prioritaires pour des missions de solidarité de deux jours par mois.
L’Isère, laboratoire des solutions ?
Face à cette crise, l’Isère tente d’innover. Le Département a ainsi embauché un médecin généraliste salarié à Morestel, tandis que des « Box médicales » de téléconsultation ont été installées à La Tour-du-Pin.
Le projet d’un nouveau centre médical est également en cours à Grenoble, avec la particularité de faire appel à des médecins retraités pour assurer une partie des consultations. Ces différentes initiatives sont un début pour essayer de répondre aux besoins croissants de la population face aux déserts médicaux.








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