FOCUS – Ils étaient réunis pour élire un président. Ils repartent sans. Après treize heures de débats, dix-huit suspensions de séance et une nuit de tractations, les élus de la Métropole de Grenoble ont échoué, jeudi 23 avril 2026, à désigner un successeur à Christophe Ferrari. Les résultats des deux premiers tours de scrutin ont révélé une assemblée profondément divisée, incapable de dégager une majorité. Après un incident, la séance a été levée à 2 h 24 et reportée au 30 avril.
La séance du conseil métropolitain de Grenoble, tenue jeudi 23 avril 2026 pour élire le successeur de Christophe Ferrari, s’est soldée par un échec. Après plus de treize heures de discussions, marquées par 18 suspensions de séance, les 107 élus présents n’ont pas réussi à désigner un président. La séance a été reportée au jeudi 30 avril, laissant la métropole sans direction.
Dès l’ouverture de la séance à 13 h 30 sous la présidence de Françoise Fontana, maire d’Herbeys, les débats ont été marqués par une succession de suspensions. Dix-huit interruptions se sont ainsi enchaînées au fil de la journée et de la nuit. Les négociations menées en coulisses ont, semble-t-il, tourné en rond, les élus peinant à s’entendre sur un candidat capable de rassembler une majorité.
Une journée qui a tourné en rond et toujours pas de président
Dès le premier tour de scrutin, les résultats ont révélé une métropole profondément divisée. Raphaël Guerrero, soutenu par les maires des petites communes, la droite et le centre, a obtenu cinquante voix, tandis que Guillaume Lissy, candidat d’une union de la gauche regroupant la majorité des élus grenoblois ainsi que ceux d’Échirolles et de Saint-Martin-d’Hères, a recueilli quarante-sept voix.
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4 réflexions sur « Métropole de Grenoble : 13 heures de débats, 18 suspensions, un malaise et toujours pas de président »
C’est Guerrero qui l’a emporté aux deux tours donc Lissy est face deux options :
1) la tête haute en disant qu’il soutient Guerrero et qu’il retire donc sa candidature
2) la compromission avec LFI (dixit François Hollande) et la descente aux enfers du PS grenoblois aux prochaines élections présidentielle et législatives
https://www.rtl.fr/actu/politique/ce-serait-une-compromission-pour-francois-hollande-il-ne-peut-pas-y-avoir-d-alliance-entre-le-ps-et-lfi-au-second-tour-des-municipales-7900609948
Et à la fin Laurence ruFIn a de nouveau montré qu’elle a la compromission avec LFI dans le sang. On comprend le mépris qu’elle a eu pour les 10% de votes qu’a obtenu Place Publique, à qui elle n’a rien donné alors qu’elle s’est soumise à LFI qui a tout obtenu d’elle.
Raphaël Glucksmann a dit que « LFI n’est pas de gauche » mais les faits montrent que ça ne dérange pas Laurence ruFIn qu’Allan Brunon soit très proche de Raphaël Arnault, le fondateur de la Jeune Garde, cette milice fasciste qui a du sang sur les mains.
https://www.instagram.com/reel/DWOJ1N5CHR6/
https://x.com/allanbrunon/status/2007460790836613456
Ferrari doit revenir !
La situation d’hier soir est catastrophique on part dans une gouvernance à la main de LFI qui ne pèse pas grand chose électoralement sur les 450 000 hts de la métro. Où sont les communistes ou les « vrais » socialistes pour dénoncer cet accord de façade ?
Pour ma part je suis inquiet car ce sont bien deux blocs qui ont fait la démonstration que rien n’est possible pour travailler ensemble.
Le premier bloc, avec Lissy « très grenoblois centré » est un bloc politique, teinté nouveau front populaire, et on sait où ça conduit quand on voit la scène nationale. Le second, incapable de rallier la ville centre, d’ouvrir sa base, faisant un cordon autour de Grenoble, alors qu’il faut jouer l’apaisement et la solidarité.
Malgré les invectives dans la presse de Brunon envers Lissy, LFI se désiste en faveur de Lissy. Et Lissy semblait accepter l’inaccaptable avec ce désistement. Ca me déçoit beaucoup. Ce n’est pas aujourd’hui que je soutiendrai ce type d’alliance sur une intercommunalité ! Les élus municipaux vont le payer dans leurs « petites et moyennes » communes. On n’est pas à Grenoble-vill là !
Avec ce désistement de LFI, on ouvrirait la place à une gouvernance instable: LFI reproduira le schéma grenoblois, en qualité d’arbitres sur les décisions difficiles: budget, logement, attractivité économique…
Ce qui m’attriste c’est que seuls 8 élus LFI – qui ne représentent pas grand chose sur le plan électoral à la maille de 49 communes – seraient donc faiseurs de décisions. Démocratie, où es-tu ?
Lissy me déçoit beaucoup. Il faut savoir perdre dignement, et non pas gagner salement comme on dit dans le sport.
Le choix de raison n’est pas non plus Guerrero.
Incapable d’élargir sa base, il ne s’est pas montré charismatique dans ses prises de paroles, certes repsectueuses, mais dénuées de convictions.
Comment pourra-t-il raisonnablement tenir les débats, ou les rassemblements dans les moments plus difficiles ?
Sa posture passive ne rassure pas, Grenoble devra également être représentée à l’extérieur de la métropole pour obtenir des lignes de crédits, des financements (nationaux ou européens), et les qualités d’orateur et de négociateur comptent dans ces moments, il n’a rien démontré hier à mes yeux dans l’hémicycle, il est « gentil », mais ça ne suffit pas.
Au final, sa proposition est certes davantage territoriale, mais ne montre pas d’ouverture réelle à la gauche majoritaire dans l’ensemble des communes dont Grenoble.
Bref Guerrero ne gagnera pas de toutes façons…
Alors qui d’autres ?
Ferrari redevient une boussole, il est le candidat qui peut rassembler, une grande partie de la gauche, avec des communistes comme il l’a fait d’ailleurs à Pont de Claix, avec l’ensemble des maires des petites communes dont le centre droit, et forcément en tant qu’écolo compatible, avec Ruffin (qui aurait été bien inspirée de fusionner avec Gentil pour permettre ce rassemblement à la métropole d’emblée).
Ferrari a eu l’intelligence de s’allier avec Mongaburu lors du précédent mandat, alors même que ce dernier était candidat en face de lui. Si la guerre Piolle-Ferrari a été largement instrumentée par le premier, il faut maintenant avancer, car à titre personnel je n’aurai jamais voté pour Piolle pour un troisième mandat à Grenoble alors que j’ai soutenu Ruffin,à l’inverse je soutiendrai volontiers Ferrari pour un troisième mandat métropolitain.
Et si Ferrari n’y va pas, alors Laval est un choix alternatif. Jeune, très grande capacité de débat, homme de gauche encarté, petite commune, solide sur le plan économique, il est une alternative !
Enfin j’aurais presque dit Longo, mais il n’aura pas de réserves de voix pour l’emporter au troisième tour. Je mise donc sur Ferrai pour sortir de marasme qui in fine ne profite pas aux citoyens que nous sommes.
Tout est dit, et très bien dit.