REPORTAGE VIDÉO – « Ils nous consultent, ils notent nos doléances, puis ils font exactement l’inverse. » À la Villeneuve, quartier emblématique de Grenoble, les habitants en ont assez des promesses non tenues et des décisions imposées. Après deux ans de travail acharné, le collectif Villeneuve debout1Collectif constitué à l’initiative d’habitants et d’associations du quartier en réaction aux événements de 2010. restitue 600 pages de témoignages bruts, lus par des comédiens, transformés en exigences claires : des commerces de proximité à réimplanter, des démolitions à stopper, une parole habitante à reconnaître enfin.
« Quand je vois la place des Géants aujourd’hui, il n’y a plus rien. Avant, il y avait plein de commerces : un café, une pharmacie, un coiffeur, une mercerie… Maintenant, c’est vide. Et, avec ça, c’est toute une partie de notre vie qui a disparu. » La voix d’Ali Djilali, comédien et habitant de la Villeneuve, porte dans la salle Monique Eleb du Carré, samedi 18 avril 2026. Autour de lui, une cinquantaine d’habitants acquiescent en opinant de la tête. Certains prennent des notes, d’autres serrent les poings.
Tous assistent à la restitution du travail du collectif Villeneuve debout, constitué à l’initiative de simples citoyens et d’associations du quartier en réaction aux événements de 20102Déchaînement de violences suivi du « discours de Grenoble » pour « renforcer la capacité d’expression et d’action des habitants » : 600 pages de témoignages recueillis dans le quartier, lus à haute voix par des comédiens, dans le but d’être transformés en propositions concrètes.
« On a entrepris ce travail [de collecte de témoignages] parce qu’on voulait savoir ce qui avait changé depuis le Livre blanc de 2011« . À savoir, un document comportant un ensemble de revendications, remis solennellement au maire de Grenoble à la fête de quartier en 2012. « Et ce qui ressort, c’est un sentiment d’abandon, mais aussi une volonté farouche de ne pas se laisser faire. On veut être associés aux décisions, pas juste consultés pour la forme », explique Alain Manac’h, membre du collectif Villeneuve debout.

La collecte de témoignages des habitants de la Villeneuve a permis de créer une frise chronologique des événements qui se sont passés dans le quartier de 2010 à 2026. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
« Ce qui m’a frappé dans ces textes, c’est qu’ils posent les questions que je me pose depuis des années. Pourquoi doit-on toujours mendier notre place ? Pourquoi nos avis sont-ils sollicités, puis ignorés ? », s’interroge Ali Djilali. Des interrogations qui résument l’enjeu de cette journée : comment faire en sorte que la parole des habitants ne reste pas lettre morte ?
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2 réflexions sur « « On nous écoute, mais on ne nous entend pas » : le collectif Villeneuve debout va remettre les exigences des habitants à Laurence Ruffin »
Si ça peut les rassurer, ils ne sont pas seuls. Tous les Grenoblois subissent la même chose depuis que Piolle-Ruffin décident tout pour eux et contre eux.
C’est un quartier difficile pour le petit peuple depuis plus de 20 ans. Les cheveux blancs clamaient dans l’ entre soi des cheveux blancs que tout était merveilleux. Pourtant, Les balles fusaient déjà, les commerces fermaient aussi, les scooters et les racaillons rivalisaient de décibels.
Des gens très biens à Villeneuve mais des gens laissés à l abandon, et pas seulement pas les politiques…