FOCUS – Dix-sept ans d’attente. Lundi 16 mars à 14 heures, le tribunal judiciaire de Grenoble examinera en appel l’affaire Marie Costinesco : celle d’une jeune skieuse de 22 ans décédée le 22 février 2009 à l’Alpe d’Huez. La Société d’aménagement touristique Alpe d’Huez et des grandes rousses (Sata) a-t-elle une responsabilité dans ce tragique accident ? Cette audience marque en tout cas une nouvelle étape dans une quête de justice qui dure depuis « bien trop longtemps » pour la famille de la victime.
Le 22 février 2009, Marie Costinesco, 22 ans, perdait la vie à l’Alpe d’Huez. Dix-sept ans plus tard, sa famille attend toujours des réponses. Après des années de bataille judiciaire, l’affaire revient au tribunal judiciaire de Grenoble avec la réouverture de l’affaire au civil. Lundi 16 mars 2026 à 14 heures, le juge écoutera à nouveau les arguments de la famille pour savoir si la Société d’aménagement touristique Alpe d’Huez et des grandes rousses (Sata) a une responsabilité dans la mort de la jeune femme.
Une bataille judiciaire du civil au pénal
Dimanche 22 février 2009, Marie Costinesco skiait avec deux amis dans la station de l’Alpe d’Huez. Après un pique-nique sur une aire aménagée près de la piste des Campanules, elle a chuté dans le lit du ruisseau Rif Brillant, où des rochers affleuraient sous la neige. Malgré les tentatives de réanimation, elle est décédée sur place.

Depuis dix-sept ans, une famille réclame que la lumière soit faite sur les causes et les circonstances de la mort de leur fille le 22 février 2009 aux abords des pistes de l’Alpe d’Huez. © Florent Mathieu
Les conditions de l’accident ont tout de suite suscité des interrogations pour sa famille, notamment concernant la signalisation du lieu et la qualification de la zone comme « hors-piste ». La famille Costinesco a donc engagé plusieurs recours dès 2010. Et en 2013, le tribunal administratif de Grenoble a reconnu la responsabilité partagée de la mairie pour ne pas avoir signalé le danger que représentait le fossé.
Cependant, la même année, le tribunal de grande instance de Grenoble a débouté la famille de sa demande en responsabilité contre la Sata : elle a estimé que l’absence de signalisation du fossé du Rif Brillant à proximité de l’aire de pique-nique n’était pas fautive. C’est ce jugement de 2013 que la famille va contester lors de l’audience en appel du 16 mars 2026.
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