FOCUS – Et si un film pouvait changer les choses ? Cinq jeunes savoyards ont relevé le défi : partir au Népal pour un documentaire et en revenir avec un projet concret contre la pollution plastique. Leur aventure, Namaskar, est désormais diffusée en Savoie et en Isère. Une preuve que l’engagement et la créativité peuvent transformer une idée en action durable.
Ils sont cinq jeunes, de 21 à 36 ans, Céleste, Guillaume, Mattéo, Thomas et Timothée. Originaires de La Rochette, en Savoie, ils ont donné une dimension inédite à leur projet cinématographique au Népal. Leur documentaire, Namaskar, ne se contente pas de décrire la pollution plastique dans ce pays himalayen : il raconte comment une idée de film s’est transformée en une aventure humaine et écologique, où l’engagement sur le terrain a pris le pas sur le simple constat.

“Travailler sur un défi réel, identifié par les populations locales elles-mêmes, et non sur une problématique imaginée par des regards occidentaux, est devenu le fil rouge de ce projet.” © Timothée Nitschke
« Au départ, nous ne savions pas vraiment de quoi nous allions parler dans le documentaire, car nous connaissions mal le pays », explique Thomas Sandis, chef de projet. « Nous avons demandé à des Népalais quels sujets les préoccupaient. C’est eux qui nous ont parlé de la problématique de la revalorisation des déchets plastiques. C’est comme ça que tout a commencé. »
Une pollution plastique relativement récente mais massive
Le Népal, pays traditionnellement agricole, a subi une transformation radicale en quelques décennies. L’arrivée massive de produits industriels emballés dans du plastique, comme les aliments instantanés, a bouleversé les habitudes de consommation. « En 40 à 50 ans, le pays s’est retrouvé saturé de plastique. Les habitants n’ont ni les infrastructures ni les connaissances pour gérer ces déchets », précise Thomas. Résultat : une pollution omniprésente, aux conséquences dramatiques pour l’environnement et la santé.
L’équipe a choisi de ne pas se limiter à un documentaire. « Nous sommes tous montagnards et le Népal nous fascinait. Mais, une fois sur place, nous avons réalisé que nous ne pouvions pas nous contenter de filmer. Il fallait agir », raconte le chef du projet.

L’éducation et la sensibilisation étant au cœur du projet, une visite pédagogique a été organisée avec les deux écoles du village de Pandeli. Les élèves ont pu assister à une présentation du processus de recyclage, suivie d’une démonstration concrète de la machine. © Timothée Nitschke
Leur solution : créer un circuit économique simple et local autour du recyclage des déchets plastiques. « Nous avons construit une machine, une injecteuse à plastique, qui permet de transformer les déchets en objets utiles ». Après des mois de recherche et d’adaptation aux contraintes locales, ils ont trouvé l’idée du couteau : créer un objet du quotidien, dont le manche serait fabriqué à partir de plastique recyclé. « Nous ne voulions pas créer un objet décoratif pour touristes. Nous voulions quelque chose d’utile, qui ait du sens pour les Népalais », explique Thomas Sandis.
Des couteaux fabriqués au sein d’une coopérative franco-népalaise
Le projet Namaskar a permis de créer des emplois locaux. Aujourd’hui, deux Népalais travaillent à temps partiel pour fabriquer ces couteaux, au sein d’une coopérative franco-népalaise. « Nous avons aussi travaillé avec les écoles du village de Pondelis. Nous avons organisé des ateliers pour expliquer le recyclage et les dangers du plastique. Mais il a fallu trouver la bonne approche : nous ne voulions pas arriver en tant qu’Européens qui imposent leur vision ».
Pour financer le projet, l’équipe a organisé des événements locaux : ventes de bières artisanales, expositions photos, et soirées cinéma. « Nous voulions intégrer les gens dans notre aventure. Ceux qui nous soutenaient repartaient avec quelque chose en échange, comme une bière ou une photo ».

Pour financer leur projet, l’équipe a organisé plusieurs ventes. © Timothée Nitschke
Namaskar est bien plus qu’un film. C’est la preuve qu’une initiative locale, portée par des jeunes déterminés, peut avoir un impact réel. « Nous espérons que ce documentaire inspirera d’autres projets et montrera que chacun peut agir à son échelle », concluent-ils.
Le documentaire, finalisé en janvier 2026, commence à être diffusé, principalement en Savoie et en Isère. L’équipe propose des rencontres et des projections pour partager cette aventure et encourager la réflexion sur les enjeux environnementaux et sociaux.
Les prochaines dates de diffusion dans la région
15/03/2026 Cinéma Paradiso, Tullins (38210) 18/03/2026 Au Perchoir, Crolles (38920) 25/03/2026 Cinéma Le Victoria, Aix-les-Bains (73100) 26/03/2026 Les Lumières de la Ville, Rumilly (74150) 27/03/2026 Cinéma Les Variétés, Valserhône (01200) 03/04/2026 Valgelon-la-Rochette (73110) 21/05/2026 Cinéma Théâtre le Jeu de Paume, Vizille (38220) 29/05/2026 Cinéma La Trace, Villard (74420) 12/06/2026 Cinéma Le Flore, Saint-Pierre-d’Albigny (73250) 03/07/2026 Plein Air, La Table (73110)







