EN BREF – Le syndicat Force ouvrière interpelle les candidats à la mairie de Grenoble sur la situation de la Clinique mutualiste, placée en redressement judiciaire après plusieurs années de gestion par le groupe Avec. L’occasion pour l’organisation syndicale de faire valoir ses revendications, qui incluent une rupture avec le gestionnaire actuel et le maintien de l’établissement dans le secteur non lucratif.
« La santé ne peut être une variable d’ajustement. Elle appelle des choix politiques clairs et une défense constante de l’intérêt général. » Ainsi s’exprime le syndicat Force ouvrière dans une lettre ouverte, datée du mercredi 7 janvier 2026, adressée aux candidats aux élections municipales de Grenoble. En cause ? Le placement en redressement judiciaire de la Clinique mutualiste, ou Groupement hospitalier mutualiste (GHM), décidé par le tribunal de commerce de Grenoble.
« À l’approche des municipales, l’avenir de cet établissement de santé privé d’intérêt collectif (Espic) est un enjeu majeur de santé publique qui engage votre responsabilité politique locale », affirment aux candidats les syndicats FO GHM et FO Santé. Ce en leur rappelant que les difficultés financières de l’établissement sont directement liées à la mauvaise gestion du groupe Avec.

Rassemblement devant la Clinique mutualiste de Grenoble, déjà en 2021. Le sort de l’établissement est au cœur des préoccupations depuis plusieurs années. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Depuis sa reprise du GHM, le groupe Avec a en effet ponctionné plusieurs millions d’euros dans la trésorerie, notamment pour renflouer d’autres structures lui appartenant. Des montages financiers qui valent à Bernard Bensaid, PDG d’Avec déjà mis en cause dans plusieurs affaires judiciaires, un renvoi en correctionnel. À ces déconvenues vient en outre s’ajouter un retrait de financement de l’Agence régionale de santé… en raison des liens unissant (encore) la Clinique mutualiste et le groupe à la réputation sulfureuse.
Force ouvrière appelle les candidats à se positionner
« Le redressement judiciaire est un outil de protection : il vise à sécuriser l’activité et les salariés. À ce jour, la continuité des soins est assurée normalement », ajoute Force ouvrière. Qui souligne « l’accès aux soins sans discrimination », « la prise en charge conforme aux valeurs du non-lucratif » et « la mission de santé au service de l’intérêt général » assurés par la Clinique mutualiste « depuis des décennies ».
La lettre ouverte demande, dès lors, aux différents candidats à la mairie de Grenoble de faire connaître leur position sur trois sujets : « le maintien impératif de la Clinique en tant qu’établissement à but non lucratif », leur « engagement concret pour préserver l’accès aux soins sur le territoire » et leur soutien « à une reprise garantissant la séparation définitive avec le Groupe Avec ». Ce avant de conclure : « Nous attendons de votre part une vision à long terme pour les patients et les salariés grenoblois et isérois ».

Force ouvrière demande aux candidats aux municipales de Grenoble de se positionner sur le sujet du GHM. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Des questions qui font écho aux revendications des syndicalistes concernant le GHM. Lesquelles comprennent, comme rappelées dans le communiqué accompagnant le texte de la lettre ouverte, la rupture « totale et définitive » avec le groupe Avec, un plan de cession rapide (si possible dans les six mois), une reprise par un acteur du secteur non lucratif et « la défense de l’intérêt général contre les logiques financières ».


