FOCUS – Le rejet du projet immobilier porté par Tony Parker sur la commune de Villard-de-Lans a produit une onde de choc sur le territoire, et une (petite avalanche) de réactions. À commencer par celles du président de la communauté de communes du Massif du Vercors Franck Girard et du maire de Villard-de-Lans Arnaud Mathieu, qui n’ont pas caché leur insatisfaction et leur incompréhension. Tandis que les associations Vercors Citoyens et Mountain Wilderness saluent au contraire la décision du préfet coordonnateur de massif.
« Je m’adresse à monsieur le préfet coordonnateur de massif: sur quelles bases ce dossier est-il surdimensionné? J’aimerais que l’on m’apporte les conclusions et les preuves« . Ainsi s’est exprimé Franck Girard, président de la communauté de communes du Massif du Vercors (CCMV), au sujet du rejet du projet immobilier porté par Tony Parker, lors du point presse organisé le mardi 16 septembre 2025 à Villard-de-Lans.
L’élu n’a ainsi pas caché son amertume suite au rejet de l’autorisation du projet d’ »unité touristique nouvelle structurante » (UTNS) sur la station de ski Côte 2000. Et a affirmé parler d’autant plus librement qu’il ne briguera pas un autre mandat, comme il l’a révélé publiquement ce jour-là.

Le préfet coordonnateur de massif a dit non au projet immobilier porté par la société comptant Tony Parker parmi ses associés principaux à Villard-de-Lans. © Instagram – Tony Parker
La décision préfectorale a, de fait, causé une déflagration dans le Vercors, alors que le projet porté par l’ancien basketteur Tony Parker, via sa société Infinity Nine Mountain, agite les esprits depuis plusieurs années sur Villard-de-Lans et au-delà. Baptisé « Ananda Resort », ce complexe touristique d’une surface de 17 600 m² et d’une capacité de 700 lits touristiques avec espace commercial et pôle d’activité indoor, ne verra donc pas le jour, en l’état, à la Côte 2000, au pied des pistes.
S’il suscite l’hostilité chez certains, il est considéré par d’autres comme un gage de développement économique du territoire. Raison pour laquelle la CCMV et la municipalité de Villard-de-Lans y sont favorables.
« La motivation du préfet est entachée d’erreurs de droit »
C’est peu dire, dès lors, que la décision préfectorale est dure à avaler pour le président de la communauté de communes comme pour le maire de Villard-de-Lans. « Je vais m’exprimer avec une double casquette: vous avez devant vous un maire inquiet et un avocat […] stupéfait par la décision du préfet de massif qui a été communiquée« , a ainsi lancé Arnaud Mathieu. Pour qui « la motivation du préfet de massif est à l’évidence entachée d’erreurs de droit« .

Arnaud Mathieu, maire de Villard-de-Lans, et Franck Girard, président de la communauté de communes du Massif du Vercors. © Paul Turenne – Place Gre’net
Le maire met en avant deux éléments pour justifier sa position. En premier lieu, la question du surdimensionnement du projet, pointé du doigt par le préfet. « La dimension du projet est le fruit d’un travail sur des années, […] de concertation du public, de travail des élus, de travail des services, avec l’agrément des services de l’État« , revendique-t-il. Et de rappeler que le projet a été déplacé vers une zone artificialisée et revu à la baisse. La société proposait en effet initialement la création de 900 lits touristiques, contre 750 dans la dernière version.
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