FOCUS – Une nouvelle édition du Festival des Arts du récit se tient à Grenoble et dans ses environs du mercredi 14 mai au vendredi 23 mai 2025. Pas moins de 88 propositions sont au programme, sous l’angle d’un triptyque diversité-vitalité-modernité revendiqué par la directrice du Centre des arts du récit Stéphène Jourdain.
C’est parti pour une nouvelle édition du Festival des Arts du récit à Grenoble et ses alentours. Au total, 88 rendez-vous seront proposés aux amoureux ou aux amateurs de contes en tous genres, du mercredi 14 mai au vendredi 23 mai 2025. Et ceci dans des lieux aussi divers que des salles de spectacle, des parcs et jardins, des musées ou des bibliothèques. Sans oublier une tournée des bars du sud de Grenoble, du Bivouak Café au Bar Radis.
L’occasion pour la directrice du Centre des arts du récit, Stéphène Jourdain, de rappeler les fondamentaux du festival comme de l’association qu’elle dirige: mettre en valeur la tradition de l’oralité dans le récit. « C’est une grande fête des histoires. L’idée, c’est vraiment de montrer toute la diversité, la vitalité et la modernité de cet art qui est millénaire et qui consiste à raconter des histoires« , explique-t-elle.
Le récit entre diversité, vitalité et modernité
Un triptyque diversité-vitalité-modernité que la directrice détaille. La diversité? Elle se trouve dans les publics ciblés par le festival, avec certains spectacles s’adressant aux enfants, y compris aux premiers âges, et d’autres aux ados et aux adultes. Sans oublier des propositions intergénérationnelles, « parce que c’est aussi une grande force du récit d’avoir plusieurs niveaux de lecture et de pouvoir être entendu par plusieurs générations en même temps« , insiste Stéphène Jourdain.
La diversité se retrouve aussi dans les répertoires de la programmation. Légendes irlandaises, mythes martiniquais, contes du Québec… et créations plus contemporaines, récits de vie ou même « fait divers historique« . Si le fond est divers, la forme l’est tout autant: spectacles musicaux ou dansés, fictions immersives, « machine à conter« , slam, vidéo… « On va vraiment proposer des choses très différentes« , vante la directrice.
La vitalité, elle, se situe dans cette variété de formats mais aussi dans les artistes qui s’en emparent. Sans que cela soit un parti-pris revendiqué, le festival offre ainsi à entendre beaucoup de nouveaux artistes pour son édition 2025. « C’est une question de vitalité de cette scène. On avait envie de montrer toutes ces nouvelles voix« , explique Stéphène Jourdain. Quant à la modernité, elle s’exprime à travers les thèmes abordés. De l’exil au rapport au corps, en passant par la réorientation professionnelle… ou l’inceste.
Des thèmes fétiches toujours d’actualité
Certains thèmes fétiches du Festival des arts du récit sont, eux aussi, toujours d’actualité. À commencer par celui du rapport à la langue qu’affectionne particulièrement Stéphène Jourdain, allié à celui des identités multiples. Autre thème qui revient dans cette nouvelle édition : celui du lien au vivant. « Mais ce qui change, c’est qu’on l’explore sous cette dualité nature-culture« , précise la directrice.

Gérard Potier narre la vie tumultueuse du gardien de phare Narcisse Pelletier. © Historial Society of Queensland – Eddy Riviere
Résultat? Une programmation dans laquelle Fanny Chériaux évoque la transformation de son corps de sa naissance à sa cinquantaine assumée (Venise, 14 mai, L’Amphi Pont-de-Claix), dans laquelle un Petit Frankenstein créé par intelligence artificielle raconte sa découverte du monde (16 mai, Espace 600), ou encore dans laquelle Gérard Potier narre la vie tumultueuse du gardien de phare Narcisse Pelletier (21 mai, La Faïencerie). Et bien d’autres propositions à retrouver dans le programme.
Le théâtre Prémol transformé en « maison de l’oralité »
La présentation de l’édition 2025 du Festival des Arts du récit était aussi l’occasion pour Stéphène Jourdain de revenir (une nouvelle fois) sur la prochaine installation de l’association au théâtre Prémol, en septembre 2025. Sujet épineux puisque le retrait de la gestion du lieu à la MJC Prémol par la Ville de Grenoble avait suscité la polémique. Ce avant que la municipalité ne décide, quelques mois plus tard, de lui couper les vivres et signe ainsi sa mise à mort.

Réunion de soutien en mai 2024 à la MJC-théâtre Prémol, mise à mort par la Ville de Grenoble. Le Centre des Arts du récit va prendre possession des lieux en septembre 2025. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
« La Ville a géré sa relation comme elle l’a gérée avec la MJC. Ce n’est pas à moi de porter un jugement là-dessus« , déclare Stéphène Jourdain. Qui assure que c’est bien la Ville qui lui a proposé, d’abord de façon informelle puis officielle, de reprendre la gestion du théâtre Prémol. Une aubaine pour le Centre des arts du récit qui cherchait un « camp de base » pour asseoir son projet artistique. Moins pour les compagnies de théâtre qui perdent un lieu de représentation… Elles auront toutefois toujours droit, selon la directrice, à quelques résidences en fonction des disponibilités.
Le Centre entend bien continuer à irradier sur le reste des lieux culturels isérois, tout en proposant « une dizaine de gros rendez-vous » à Prémol sur la saison 2025. Et Stéphène Jourdain d’assurer que des projets culturels et d’éducation populaire sont d’ores et déjà prévus avec les acteurs du quartier, entre maison des habitants, établissements scolaires et clubs sportifs. « On a des multitudes de rendez-vous« , se réjouit-elle. En promettant de faire du théâtre Prémol « une maison de l’oralité« .
Image de une: Le Petit Frankenstein. © Bart












