EN BREF – Plusieurs centaines de personnes (500 selon la police) se sont réunies, square du Docteur Martin, à Grenoble, dimanche 7 juillet 2024 au soir, pour les résultats du second tour des législatives. Des manifestants qui imaginaient protester contre une victoire du RN et qui ont finalement exprimé leur joie et leur soulagement devant cette surprise électorale. Le rassemblement s’est dispersé dans le calme, sans incidents.
Ils s’étaient donné rendez-vous pour partager une « gueule de bois collective » et « ne pas se retrouver tout seuls à déprimer toute la soirée« . Finalement, pour Cyril et ses amis, comme pour les autres Grenoblois (quelque 500 manifestants selon la police) réunis dimanche 7 juillet 2024 au soir, square du Docteur Martin, la manifestation de colère prévue après le succès attendu du RN s’est transformée en rassemblement joyeux… Et en immense « soulagement« .
Dans les minutes précédant l’annonce des résultats du second tour, à 20 heures, la rumeur commençait à gonfler. Certains, les yeux rivés sur les comptes des médias suisses et belges ou suivant le hashtag #RadioLondres sur X, annonçaient une possible énorme surprise. « Mais nous, on a refusé de regarder. Je n’y croyais pas tant que ce n’était pas officiel et surtout, j’avais trop peur d’être déçu ensuite« , raconte Cyril, travailleur social.

Le rassemblement spontané prévu initialement, square du Docteur Martin, contre une victoire du RN est finalement devenu un moment festif, à l’annonce des résultats. © Google Maps
Alors, lorsque la troisième place du RN et la victoire relative du Nouveau Front populaire – même sans majorité absolue – ont enfin été officialisées, une grande clameur s’est propagée dans la foule. Effusions et cris de joie, embrassades, applaudissements, yeux rougis… Une réaction à la mesure de l’inquiétude ressentie depuis le premier tour par les manifestants.
Des slogans contre Bardella… et Hanouna
« C’est inespéré ! On a eu tellement peur« , reconnaissent le jeune Isérois et son amie Manon1dont le prénom a été modifié. « Nos premières manifs, c’était le 21 avril 2002, quand on était ados. Mais on ne pensait jamais en arriver là. On a “flippé” toute la semaine, d’abord pour ceux qui auraient été les premières victimes d’un gouvernement RN, mais aussi pour les conséquences dans notre travail. »
La Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) rapporte « quelques slogans anti-police et contre l’État« . On a notamment entendu le classique « Grenoble, Grenoble, antifa » et d’autres slogans visant Jordan Bardella ou même Cyril Hanouna. Les manifestants scandant « Hanouna, casse-toi » n’avaient ainsi pas oublié la récente promesse de l’animateur de “TPMP” de quitter le pays en cas d’arrivée de « LFI au pouvoir« .
Pas d’incidents, hormis un homme interpellé pour outrage
Cyril et Manon se disent quant à eux lucides : « On peut quand même fêter ça le dimanche soir mais voir l’extrême droite aussi haut, ce n’est pas vraiment une victoire. Juste un soulagement car on a gagné un petit sursis. Maintenant, si la gauche arrive à former un gouvernement, il va falloir assurer car sinon, le RN finira par y arriver en 2027. »

De nombreux commerces s’étaient barricadés dans le centre de Grenoble par crainte de violences urbaines suivant les résultats du second tour mais la nuit a finalement été assez calme. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Si de nombreux commerçants grenoblois avaient par ailleurs barricadé leurs commerces en prévision d’émeutes potentielles, le rassemblement s’est « dispersé dans le calme » vers minuit, indique la police. Pas d’incidents majeurs à signaler, selon la DIPN, qui évoque néanmoins un homme de 49 ans interpellé pour outrage, peu après 22 heures.










3 réflexions sur « « On a eu tellement peur »… Le soulagement des manifestants rassemblés à Grenoble après les résultats du second tour »
Il y a quelque chose que j’aime bien chez les grenoblois, alors que par ailleurs sans faire de généralités ils sont un peu difficiles, pas accueillants, assez prétentieux, méfiants et durs, c’est qu’à Grenoble les fachos ne passent pas, ils ne font pas recette…Peut-être de très mauvais souvenirs en 1942-45 où on a vu ce que ça donnait l’extrême droite au pouvoir, c’est resté dans l’ADN de la ville NON aux FACHOS…
Ceux qui ne respectent pas le résultat des urnes 👎🏼
Ouf ? Avec Les Fachos Insoumis qui l’ont emporté, Grenoble n’est en rien sauvée de l’extrémisme. Ils peuvent remercier le RN d’avoir servi de repoussoir et l’idiot utile LR RN d’avoir fait élire un gamin incompétent.