FLASH INFO – C’est un « don exceptionnel » que le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère a reçu à l’occasion d’une cérémonie officielle, le 21 septembre 2023. Le site a en effet réceptionné les archives familiales et personnelles de la résistante Rose Valland, trois ans après avoir reçu celles de l’association La Mémoire de Rose Valland.
« Par ce don, c’est un ensemble des documents et d’objets personnels et intimes de Rose Valland qui entre dans les collections du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère. Il est ainsi possible de mieux documenter son parcours tant professionnel que personnel », explique le Musée. Parmi les pièces reçues, le matériel de peinture de la résistante, une photo prise à l’École des Beaux-Arts de Lyon, son diplôme de l’École du Louvre et sa médaille d’officier de la Légion d’honneur.
Née en 1898 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Rose Valland a suivi un parcours universitaire la menant de l’École des Beaux-Arts de Lyon à celle de Paris, avant de passer par l’École du Louvre et l’École pratique des hautes études. En 1940, alors attachée de conservation au Musée du Jeu de Paume, elle a assisté à l’installation de l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, service de spoliation nazi « d’une redoutable efficacité ».

Les archives familiales et personnelles de Rose Valland font désormais partie de la collection du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère. © Musée de la Résistance
C’est alors que Rose Valland a noté de façon clandestine les œuvres retirées et leurs destinations, les identités des propriétaires spoliés, ou encore les noms des transporteurs et les informations pour chaque convoi. Une résistance « isolée et singulière », souligne le Musée de la Résistance, ce qui ne la mettait pas moins en danger, et « qui permettra de structurer les recherches et les restitutions de l’après-guerre ». Entre 1945 et 1963, pas moins de 60 000 biens culturels seront rapatriés grâce à son travail.
Après être tombée dans l’oubli, Rose Valland « reprend place dans l’histoire […] grâce à l’opiniâtreté de l’association La mémoire de Rose Valland et de sa famille », note le Musée. Qui estime que « l’ouverture des archives de la récupération artistique et l’avancement de la recherche historique offrent également un éclairage nouveau sur son parcours et son travail ». Une exposition au Musée dauphinois et deux ouvrages du Musée de la Résistance lui ont par ailleurs été consacrés.


