FOCUS – Le bloc opératoire pédiatrique du CHU Grenoble-Alpes est dans la tourmente depuis le lundi 23 avril 2023. Sur une équipe de douze personnels, dix sont en arrêt-maladie et une onzième personne est partie. Une situation qui résulte, selon la CGT, d’un épuisement professionnel après une longue période de travail en sous-effectifs. Conséquence : 467 opérations programmées pourraient être reportées.
Plus de 450 opérations chirurgicales pourraient être reportées au CHU Grenoble-Alpes, soit un (très) grand nombre des opérations programmées jusqu’à la fin du mois de mai 2023. En cause ? Un nombre massif d’arrêts-maladie parmi les infirmiers de bloc opératoire pédiatrique. Sur une équipe de douze personnes, dix sont en arrêt depuis le lundi 24 avril. Soit un nombre encore plus important que celui préalablement annoncé par Le Dauphiné libéré.

Sur une équipe de douze infirmiers au bloc opératoire pédiatrique du CHU Grenoble-Alpes, dix sont en arrêt-maladie et une onzième partie en mission humanitaire. © Chloé Ponset – Place Gre’net
Ce chiffre, c’est Sara Fernandez, de la CGT du CHU Grenoble-Alpes, qui le confirme auprès de Place Gre’net. Ayant été informé lundi soir des arrêts, le syndicat lui-même avait en premier lieu donné un nombre inférieur à la réalité. Dix personnels sont ainsi en arrêt pour cause d’épuisement professionnel… et une autre personne est partie en mission humanitaire, explique la syndicaliste. Ne reste plus qu’une infirmière, qui a pris ses fonctions voici deux mois.
« Rien n’a été fait pour améliorer les choses », dénonce la CGT
La situation est d’autant plus problématique que le bloc opératoire pédiatrique était déjà en sous-effectif depuis environ un an. Alors que l’équipe est censée compter dix-huit infirmiers, ceux-ci n’étaient ainsi que onze jusqu’à récemment. « Les conditions de travail dans le bloc opératoire sont dégradées depuis un bon moment. Rien n’a été fait pour améliorer les choses. Elles n’en peuvent plus ! », explique encore Sara Fernandez.

L’Hôpital Couple-enfant du CHU Grenoble-Alpes est habitué à des mouvements sociaux, comme ici en 2018. © Léa Raymond – Place Gre’net
La syndicaliste n’emploie pas le conditionnel pour ce qui concerne les reports : pour elle, 467 opérations seront bel et bien reportées à une date ultérieure. Tandis que les urgences sont assurées par des intérimaires ou des personnels des blocs adultes. « Donc, le bloc d’urgence de pédiatrie marche avec un personnel qui n’a pas forcément toutes les compétences requises », s’inquiète encore l’élue CGT.
Une réunion s’est tenue mardi soir, à laquelle le syndicat n’a pas été convié. « C’était une réunion entre médecins, on n’a pas de retour. Pour le moment, nous n’avons pas d’échanges avec la direction, elle n’a pas répondu », décrit Sara Fernandez. Qui souhaite faire passer le message des personnels en arrêt : « Ce n’est pas de façon volontaire. Mais elles ne peuvent plus tenir comme ça. Leur préoccupation, c’est vraiment l’avenir des enfants et une prise en charge de qualité. »
Le CHU admet une « pénurie sévère » de personnels
Dans un communiqué, la direction du CHU Grenoble-Alpes admet faire face à « une pénurie sévère d’infirmiers de bloc opératoire (Ibode) en pédiatrie, indispensables au fonctionnement des blocs, liée à la difficulté du marché de l’emploi et à un absentéisme accru et soudain ». La pénurie ne concerne pas que le service pédiatrique et entraîne depuis de nombreux mois un fonctionnement “adapté” des urgences nocturnes.

Ce sont 467 opérations qui risquent d’être reportées, avec une prise en charge des opérations urgentes et une information délivrée aux familles, assure le CHU Grenoble-Alpes. © Corentin Bemol – Place Gre’net
« Plusieurs actions ont immédiatement été mises en place pour faire face à cette situation exceptionnelle afin de trouver les ressources humaines nécessaires à un fonctionnement minimal dans un premier temps et à un retour à un fonctionnement normal le plus rapide possible. Néanmoins, le CHU Grenoble Alpes est contraint d’organiser momentanément le report d’opérations de chirurgies pédiatriques », confirme encore l’hôpital.
La direction affirme enfin que les interventions urgentes restent assurées, et que les familles concernées par les reports ont reçu un courrier et peuvent demander des informations par courriel ou par téléphone, au 06 13 58 66 38. Le CHU promet ainsi aux familles « des réponses à toutes leurs interrogations ». À condition de pouvoir joindre le service ? Au téléphone, celui-ci a délivré un message d’absence, avant de nous raccrocher au nez sans préavis… pour nous rappeler le lendemain matin.
[Article modifié le 27 avril 2023 à 8 heures suite au rappel du service d’informations aux familles du CHU Grenoble-Alpes].



Une réflexion sur « Arrêts-maladie massifs au bloc opératoire pédiatrique du CHU Grenoble-Alpes : 467 opérations pourraient être reportées »
Une honte de laisser un personnel crever la bouche ouverte, que font les directeurs au lieu de se trémousser dans leur bureau à faire la sourde oreille. Encore une histoire de chiffre et de tant que ca passe on laisse comme ca n est ce pas ?