EN BREF – La question du burqini portée par l’Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise continue d’agiter les bassins grenoblois. Alors que la Ville de Grenoble qualifie de « provocations déplorables » les récentes opérations burqini, l’association accuse la municipalité de pratiquer la « répression policière« .
Des « provocations déplorables » et des contrevenants qui sont « seuls responsables » de la fermeture temporaire des piscines municipales. C’est ainsi que la Ville de Grenoble, dans une « mise au point » sous forme de communiqué, qualifie les tentatives de baignades en burqini dans les piscines de Grenoble organisées par l’Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise.

Intervention des forces de l’ordre suite à l’intrusion de militantes en burqini dans la piscine Jean Bron de Grenoble le mercredi 21 juillet 2021 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
Pas question pour la municipalité de s’étendre sur la question religieuse. « Seules des considérations liées à l’hygiène et à la sécurité des personnes peuvent distinguer les tenues de bains autorisées ou interdites dans les bassins. Contrairement aux écoles publiques, aucune considération liée à la laïcité ne saurait établir cette distinction« , écrit-elle ainsi. Avant d’invoquer le règlement intérieur des piscines pour justifier le refus du burqini.
La Ville en appelle une nouvelle fois à l’État
La Ville indique par ailleurs avoir reçu l’Alliance citoyenne de Grenoble, et mis en place des « nouveaux outils d’interpellation citoyenne« . Ce qui n’a pas empêché l’association de chercher à braver le règlement des piscines via des opérations burqini, « plutôt que de saisir les outils pouvant aboutir à son évolution à moyen terme« . Le tout en faisant peser sur les usagers et les agents « des tensions et des nuisances inacceptables« .

Les premières opérations burqini ont débuté à Grenoble durant l’été 2019, déjà portées par l’Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
Et sur le fond? Une fois encore, la municipalité grenobloise se tourne vers l’échelon national. « La République doit rester indivisible: les normes d’hygiène et de sécurité doivent être édictées par l’État pour l’ensemble du territoire« , écrit-elle. Et d’expliquer qu’un courrier adressé au Premier ministre le 18 juin 2021 est resté sans réponse.
L’Alliance citoyenne accuse la Ville de « répression policière »
De son côté, l’Alliance citoyenne accuse la Ville de jouer la carte de la répression policière. « 11 policiers nationaux suréquipés (gazeuse à la main, armes à la ceinture) , 3 policiers municipaux, 2 fourgons de police, 1 camionnette de police municipale, 3 maîtres-nageurs et la Cheffe du Service des Sports de Grenoble pour empêcher les 8 femmes qui souhaitent se baigner en maillot de bain couvrant et leurs 10 allié. es d’entrer dans la piscine de Jean Bron« , décrit l’association dans un post Facebook commentant une (nouvelle) action burqini organisée le 28 juillet.

L’opération burqini du 21 juillet 2021 a occasionné un embouteillage dans la file d’attente devant la piscine Jean-Bron. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net
Pour l’association, le but de la Ville serait « d’impressionner les femmes qui demandent le respect et les mêmes droits que tout le monde [et de] les dissuader de s’organiser et de médiatiser leur lutte« . L’Alliance citoyenne reproche encore aux élus de n’avoir « jamais proposé […] d’alternatives pour les femmes qui demandent le droit de choisir leurs maillots de bain« . Et conclut son propos en qualifiant elle-même la question du burqini de « question politique« .








