Appel Forêt -
Rassemblement d'AESH devant le rectorat de Grenoble. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les AESH à nouveau mobilisés devant le rectorat de Grenoble pour obtenir un statut et plus de reconnaissance

Les AESH à nouveau mobilisés devant le rectorat de Grenoble pour obtenir un statut et plus de reconnaissance

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

 

EN BREF – Environ 70 AESH et enseignants en grève se sont rassemblés devant le rectorat de Grenoble ce jeudi 3 juin 2021, dans le cadre d’une énième mobilisation nationale. Ils réclament toujours de meilleurs salaires, l’abandon des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial) ainsi que la création massive de postes et un véritable statut.

 

 

Pour les accom­pa­gnants d’é­lèves en situa­tion de han­di­cap (AESH) isé­rois, la coupe est pleine, « le mépris a assez duré ! » C’est en tout cas ce qu’ils ont tenu une nou­velle fois à faire entendre avec un ras­sem­ble­ment de près de 70 AESH et ensei­gnants devant le rec­to­rat de Grenoble ce jeudi 3 juin 2021. Un énième ras­sem­ble­ment à l’ap­pel d’une inter­syn­di­cale1CGT éduc’action, CNT, FNEC-FP-FO, FSU, Sud édu­ca­tion, Pas38-Udas, Snalc, avec l’UNL Isère et la FCPE Isère dans le cadre d’une jour­née natio­nale de grève visant, parmi autres reven­di­ca­tions, à obte­nir plus de recon­nais­sance de la part de leur institution.

 

Environ 70 AESH et enseignants de l'Isère se sont rassemblés devant le rectorat de Grenoble ce jeudi 3 juin2021. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Environ 70 AESH et ensei­gnants de l’Isère se sont ras­sem­blés devant le rec­to­rat de Grenoble ce jeudi 3 juin 2021. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

À l’heure où un per­son­nel de l’Éducation natio­nale sur dix est AESH, ces der­niers, employés sous contrat, s’es­timent pré­ca­ri­sés et mal­me­nés dans l’exercice quo­ti­dien de leurs mis­sions. Et disent souf­frir d’absence de recon­nais­sance ins­ti­tu­tion­nelle et de condi­tions de tra­vail « consi­dé­ra­ble­ment dégra­dées ». Surtout depuis la créa­tion des Pôles inclu­sifs d’ac­com­pa­gne­ment loca­li­sés (Pial) dont ils demandent l’abandon.

 

 

« La plupart des collègues AESH vivent sous le seuil de pauvreté »

 

Depuis le ras­sem­ble­ment du 8 avril der­nier, rien n’a vrai­ment avancé pour les AESH. Ce mal­gré les groupes de tra­vail mis en place pour ten­ter de trou­ver une solu­tion à leurs reven­di­ca­tions. « Moi, ça fait huit ans que je tra­vaille et c’est tou­jours la même chose », déplore Virginie Sachs, AESH et syn­di­ca­liste FO.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous deman­dons tou­jours la reva­lo­ri­sa­tion des salaires, la créa­tion d’un sta­tut, des for­ma­tions, des créa­tions mas­sives de postes, un temps plein de 24 heures et toutes les indem­ni­tés que nous sommes en droit d’a­voir », résume-t-elle.

 

« La seule chose que nous ayons obte­nue c’est un guide natio­nal pour les accom­pa­gnants mais c’est tout ! », regrette Virginie Sachs.

 

Et ce alors même que « la plu­part des col­lègues AESH vivent sous le seuil de pau­vreté2Les AESH tra­vaillent pour la plu­part à temps incom­plet (en moyenne 62 %) pour un salaire moyen net men­suel de 760 euros (sous le seuil de pau­vreté). La pers­pec­tive de pro­gres­sion de salaire au bout de 20 ans de car­rière se monte à 145 euros men­suels brut. », rap­porte, quant à lui, Colas Perroud, éga­le­ment AESH.

 

De sur­croît, la situa­tion des AESH « ne fait qu’empirer », enchaîne le jeune accom­pa­gnant. Notamment en cause ? Les Pial, ces nou­veaux dis­po­si­tifs qui font que les AESH ne sont plus affec­tés à un éta­blis­se­ment mais à une zone géo­gra­phique, ce qui pose des pro­blèmes de dépla­ce­ments. Mais aussi que les AESH ont la charge de plus en plus d’é­lèves. Une situa­tion qui remet en cause l’in­clu­sion car « à un moment nous n’al­lons plus pou­voir nous occu­per des élèves », déplore Colas Perroud.

 

 

Parmi les solutions, la création d’un statut et des recrutements massifs d’AESH

 

Pour les AESH, ces condi­tions de tra­vail vont éga­le­ment avoir un impact sur tous les per­son­nels de l’Éducation natio­nale. « Nous sommes en rela­tion avec des per­sonnes qui sont très mal payées, qui n’ont pas tou­jours la for­ma­tion néces­saire et qui, si elles sont malades, ne sont pas rem­pla­cées », témoigne Clémence, pro­fes­seure des écoles à Échirolles.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Début sep­tembre [2020], il y en avait quatre sur cinq absentes. Pendant deux semaines, une dizaine d’en­fants à besoins spé­ci­fiques n’a­vaient pas leur AESH », se sou­vient-elle.  « Quand c’est comme ça, ça ne se passe pas bien pour l’é­lève, pour la classe et pour l’en­sei­gnant. » Aussi, « nous les sou­te­nons à 100 %. Aujourd’hui je suis gré­viste, tout comme deux autres ensei­gnants et le direc­teur de notre école », indique Clémence.

 

Pour autant, les AESH res­tent convain­cus, que seule la créa­tion d’un véri­table sta­tut de la fonc­tion publique caté­go­rie B serait une véri­table recon­nais­sance de leur métier. Sous réserve, comme l’ont réclamé les mani­fes­tants, de pro­cé­der à des recru­te­ments mas­sifs d’ac­com­pa­gnants. Ne serait-ce que pour per­mettre aux élèves en situa­tion de han­di­cap « de béné­fi­cier d’un accom­pa­gne­ment à la hau­teur des enjeux d’in­clu­sion ».

 

Joël Kermabon

 

1 CGT éduc’action, CNT, FNEC-FP-FO, FSU, Sud édu­ca­tion, Pas38-Udas, SNALC, avec l’UNL Isère et la FCPE Isère.

 

2 Les AESH tra­vaillent pour la plu­part à temps incom­plet (en moyenne 62 %) pour un salaire moyen net men­suel de 760 euros (sous le seuil de pau­vreté). La pers­pec­tive de pro­gres­sion de salaire au bout de 20 ans de car­rière se monte à 145 euros men­suels brut.

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Joël Kermabon

Auteur

A lire aussi sur Place Gre'net

Rentrée des classes, mardi 1er septembre 2020, avec port du masque pour les adultes, école Malherbe à Grenoble. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net
Académie de Grenoble : la non-fermeture d’une école malgré des cas Covid dans l’équipe enseignante interroge

  EN BREF - Un enseignant travaillant dans une école primaire de l'académie de Grenoble a contacté la rédaction de Place Gre'net. Il s'étonne en Lire plus

Les enseignants du collège Malraux de Voreppe en grève pour ne pas "bâcler" l'hommage à Samuel Paty
« Ce sont nos nombreuses lâchetés et concessions qui ont entraîné la mort de Samuel Paty »

  TRIBUNE LIBRE -  Un proviseur exerçant dans un lycée isérois «classé difficile» réagit à l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste. Redoutant d'autres Lire plus

Le rectorat de l'académie de Grenoble. © Léo Graff - Place Gre'net
Covid-19 dans l’académie de Grenoble : « impact maîtrisé », aucun établissement fermé en Isère

  FLASH INFO - L’impact de la Covid-19 semble pour l'heure maîtrisé en milieu scolaire dans l’académie de Grenoble. C'est du moins ce qu'affirme, à Lire plus

© Joël Kermabon - Place Gre'net
Grenoble : des enseignants réunis devant le rectorat ont demandé plus de moyens et dénoncé l”“acharnement disciplinaire”

  FOCUS - Une soixantaine d'enseignants s'étaient donné rendez-vous devant le rectorat ce mercredi 14 octobre 2020 à l'appel du Collectif défense éducation de l'Isère Lire plus

Les parents réclament l’ouverture d’une cinquième classe à l’école Rivoire de la Dame à Sassenage pour éviter une surcharge des classes
Sassenage : des parents d’élèves se mobilisent contre la surcharge des classes à l’école Rivoire de la Dame

FIL INFO - À Sassenage, les parents d’élèves de l’école Rivoire de la Dame réclament l’ouverture d’une cinquième classe à la rentrée pour faire face Lire plus

Les ambulanciers privés d'Ambulances des Alpes sont considérés comme chauffeurs routiers, et n'auront droit à aucune aide. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net
Covid-19 : à Grenoble comme ailleurs, pas de prime pour les ambulanciers

  EN BREF – Les ambulanciers, publics et privés, ne sont pas éligibles à la prime aux soignants mise en place par le gouvernement. Et Lire plus

Flash Info

|

29/07

19h56

|

|

28/07

16h27

|

|

28/07

12h09

|

|

28/07

9h40

|

|

27/07

20h21

|

|

27/07

12h00

|

|

27/07

10h43

|

|

26/07

10h46

|

|

25/07

12h06

|

|

22/07

19h24

|

Les plus lus

Tourisme de l'Isère : VAE en montagne

Société| Tourisme : le Département de l’Isère place l’été 2021 sous le signe de la santé et du bien-être

Flash info| Grenoble accueille les championnats de France individuels de tennis-fauteuil, du 24 au 27 juin 2021

Émilie Gindre et Joséfa Gallardo de La Rampe - la Ponatière. © Tim Buisson – Place Gre’net

Culture| Échirolles : La Rampe – La Ponatière lance sa saison 2021 – 2022 après plusieurs mois sans spectacles

Abonnement| Le magasin en ligne de produits bio et locaux Oclico​.com fête ses dix ans

David Smétanine

Abonnement| Le Grenoblois David Smétanine candidat pour être porte-drapeau paralympique aux Jeux de Tokyo

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin