Le préfet de l’Isère autorise finalement la chasse des sangliers, cerfs et chevreuils durant le confinement

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EN BREF – La préfecture de l’Isère a autorisé, vendredi 6 novembre 2020, la chasse durant le confinement « au titre des missions d’intérêt général ». Ce qui recouvre la « gestion cynégétique » des sangliers, cerfs et chevreuils. Le tout, dans un « strict respect des gestes barrières ».

 

 

Chasseurs en Isère, septembre 2020 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Chasseurs en Isère, sep­tembre 2020. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

La mesure avait mobi­lisé plu­sieurs asso­cia­tions isé­roises et fait polé­mique ces der­niers jours dans d’autres dépar­te­ments : la voilà désor­mais en vigueur en Isère. Depuis ce ven­dredi 6 novembre, les chas­seurs sont ainsi auto­ri­sés à pour­suivre leur acti­vité sur le ter­ri­toire, mal­gré le confi­ne­ment en vigueur. Et plu­sieurs péti­tions à l’en­contre de cette déci­sion de la Secrétaire d’État char­gée de la bio­di­ver­sité.

 

Pour autant, toutes les pra­tiques de chasse ne sont pas auto­ri­sées. Mais seule­ment celles dans le cadre de « mis­sions d’intérêt géné­ral », pour reprendre la ter­mi­no­lo­gie de la pré­fec­ture. « Une part très impor­tante des pré­lè­ve­ments [abat­tages d’a­ni­maux, ndlr] » est en effet réa­li­sée durant la période autom­nale avant l’ar­ri­vée de la neige, pré­cise ainsi la pré­fec­ture. Ce qui per­met la « néces­saire régu­la­tion des espèces de faune sau­vage res­pon­sables des dégâts agri­coles et syl­vi­coles ».

 

Chasse du Boutat en 2017 sangliers cerfs @FDCI

Chasse aux san­gliers et aux cerfs. @ FDCI

Bérangère Abba, secré­taire d’État char­gée de la bio­di­ver­sité, s’é­tait ainsi déjà expri­mée à ce sujet le 1er novembre der­nier. Tout comme Nicolas Rivet, direc­teur géné­ral de Fédération natio­nale des chas­seurs, qui avait déclaré à France TV que 810 000 san­gliers avaient été tués en France la sai­son der­nière. « Ne pas chas­ser pen­dant un mois, veut dire que vous avez entre 150 000 et 200 000 san­gliers qui ne seront pas pré­le­vés ».

 

Problème, du point de vue des fédé­ra­tions de chas­seurs, ce sont elles qui indem­nisent les agri­cul­teurs pour « l’in­té­gra­lité des dégâts com­mis par le grand gibier ». Ce qui repré­sen­te­rait « plus de 70 mil­lions d’euros tous les ans » sur le ter­ri­toire natio­nal. De fait, les chas­seurs sont en grande par­tie res­pon­sable de la pro­li­fé­ra­tion des san­gliers, dans la mesure où ils en ont lâchés à par­tir d’élevages, les ont nour­ris dans la nature et ont sou­vent pra­ti­qué une chasse sélec­tive épar­gnant les femelles repro­duc­trices.

 

 

« Sangliers, cerfs et chevreuils » uniquement

 

Le pré­fet de l’Isère a donc sol­li­cité les « par­te­naires chas­seurs » en vue de reprendre la « ges­tion cyné­gé­tique ». Les opé­ra­tions sont cepen­dant stric­te­ment régle­men­tées par arrêté pré­fec­to­ral.

Avec, comme seule auto­ri­sa­tion, la chasse des san­gliers, cerfs, et che­vreuils, que ce soit en bat­tue ou à l’affût.

 

Les corneilles et autres 'petits nuisibles" sont tranquilles pour l'instant © Laure Gicquel - Placegrenet.fr

Les cor­neilles et autres « petits nui­sibles » sont tran­quilles pour l’ins­tant. © Laure Gicquel – Placegrenet.fr

Les jours de chasse ne sont, eux, pas modi­fiés, les dis­po­si­tions de l’arrêté pré­fec­to­ral d’ouverture-clôture de la chasse res­tant en vigueur. Enfin, ces opé­ra­tions doivent être mises en œuvre « dans le strict res­pect des gestes bar­rières ». En clair, limi­ta­tion du nombre d’in­ter­ve­nants, cabanes de chasse fer­mées et ras­sem­ble­ments inter­dits.

 

Bien d’autres espèces sont clas­sées « nui­sibles » et donc habi­tuel­le­ment chas­sables. Selon les par­ties du ter­ri­toire, cela com­prend les cor­neilles, cor­beaux freux, renards et fouines. À cer­taines périodes, même les pies peuvent tom­ber dans cette caté­go­rie. Cependant, l’au­to­ri­sa­tion actuelle se limite au gros gibier, ce qui exclut le pié­geage. Les petites espèces béné­fi­cient donc tou­jours d’un répit durant le confi­ne­ment.

 

L’objectif, pour la pré­fec­ture, est de de main­te­nir l’é­qui­libre entre « pré­ser­va­tion des acti­vi­tés agri­coles, pro­tec­tion des peu­ple­ments fores­tiers et la faune sau­vage ». Et ainsi « évi­ter une explo­sion des coûts liés aux dégâts cau­sés aux cultures par le gros gibier ». Ce, confor­mé­ment aux enga­ge­ments pris dans le cadre du Programme régio­nal de la forêt et du bois.

 

Laure Gicquel

 

Festival du film France Nature Environnement
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Commentaires 5
  1. Enormément éner­vée , au nombre de coups de feu entendu ce matin cela ne sem­blait pas être des­ti­nés qu’aux gros gibiers ;  » de plus  » les che­vreuils font par­tis de la chaîne ali­men­taire d’autres espèces ani­mal notam­ment des loups dans le Vercors, il ne faut pas se plaindre lors­qu’ils attaquent les trou­peaux puis­qu’on leur enlève leur nour­ri­ture. Sans la patte de l’homme le nature ne s’en porte que mieux. Autre aber­ra­tion, lâcher du gibier et le mas­sa­crer ensuite : BRAVO!… quel sport ! Histoire sans fin!… Pour nous qui n’a­vons qu’une heure de sor­tie, et avons besoin d’une nature pai­sible, évi­tons les balles

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  2. C’est un scan­dale. Nous sommes tous pri­vés de liberté et ne dis­po­sons que d’une heure par jour pour nous aérer, sor­tir nos chiens et faire nos courses et ces tueurs sont auto­ri­sés à chas­ser alors que per­sonne ne porte de masque. Ce matin j’ai croisé les chas­seurs de mon vil­lage devant leur cabane de ras­sem­ble­ment, verres à la mer, sans dis­tan­cia­tion et moi qui suis asth­ma­tique je dois por­ter un masque qui m’é­touffe et me limi­ter dans mes sor­ties. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce monde. Vive nos poli­tiques gou­ver­nés par les lobby de la chasse !

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  3. c’est quand meme scan­da­leux. Des dizaines de mil­liers des ran­don­neurs sont inter­dits de faire meme un petite balade en mon­tagne sous des pré­textes bidons, mais une grou­pus­cule des per­verts zoo­cides peuvent conti­nuer leur pra­tique en toute impu­nité avec le bles­sing du pré­fet.

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  4. Une bat­tue un dimanche après midi à moins 1 km des mai­sons un jour de confi­ne­ment ou l’en­semble de la popu­la­tion est auto­ri­sée à sor­tir uni­que­ment une heure fait elle par­tie de ce que l’on appelle l’in­té­rêt géné­ral ?
    Surtout quand plus de 6 voi­tures de chas­seur sont garées côte à côte ? La pra­tique de la chasse limite-t-elle les risques de conta­gion ?
    Si c’est de res­ter au grand air pour­quoi le reste de la popu­la­tion en est-il privé ?

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