Face au Covid-19, Grenoble-Alpes Métropole renforce son action auprès des plus démunis

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FOCUS – Grenoble-Alpes Métropole a souhaité contribuer « de manière volontariste » à la protection des plus démunis, sans-abri ou mal-logés. Notamment à travers un renforcement des capacités d’hébergement ainsi que des maraudes et un soutien financier à la Banque alimentaire. Une priorité, estime la Métro, dans un contexte inédit où de nombreux acteurs de la solidarité ont dû restreindre leurs activités.

 

 

Les personne dans domicile fixes sont parmi les plus vulnérables lors des grands froids. © Eric Pouhier

Les sans-abri sont parmi les plus vul­né­rables et les plus dému­nis. © Eric Pouhier

« Si la res­pon­sa­bi­lité de l’hébergement d’urgence relève de l’État, Grenoble-Alpes Métropole a sou­haité contri­buer de manière volon­ta­riste à la pro­tec­tion des plus dému­nis. » De fait, envi­ron 350 per­sonnes (dont envi­ron 80 enfants) vivent dans des cam­pe­ments et des squats de la métro­pole. Un nombre auquel il convient d’ajouter les sans-abris1Les maraudes ont per­mis d’en repé­rer une qua­ran­taine mais leur nombre est pro­ba­ble­ment supé­rieur. Autant de per­sonnes par­ti­cu­liè­re­ment vul­né­rables dans la période de confi­ne­ment

 

C’est pour­quoi, dès l’ins­tau­ra­tion des mesures, la Métro a engagé, en lien étroit avec les com­munes, « un dia­logue régu­lier et exi­geant avec les ser­vices de l’État ». L’objectif prin­ci­pal ? Trouver des solu­tions adap­tées au contexte et « pro­po­ser de nom­breuses ini­tia­tives volon­ta­ristes » pour ces popu­la­tions très fra­gi­li­sées.

 

« Il s’a­git d’une prio­rité », affirme la Métropole, qui déclare conti­nuer à plai­der pour une action natio­nale plus réso­lue en la matière. Ce d’au­tant plus « dans un contexte où de nom­breux acteurs de la soli­da­rité ont dû res­treindre leurs acti­vi­tés », sou­ligne-t-elle.

 

 

Un renforcement des capacités d’hébergement pour les plus démunis

 

Au nombre des dis­po­si­tions d’ores et déjà mises en œuvre, le ren­for­ce­ment des capa­ci­tés d’hé­ber­ge­ment, en vue de mettre à l’a­bri les plus dému­nis. À ce titre, la Métropole a mis à leur dis­po­si­tion un bâti­ment appar­te­nant à l’Établissement public fon­cier local du Dauphiné (EPFL.D) sur le site du Cadran solaire à La Tronche.

 

Ainsi, en accord avec la com­mune, ce bâti­ment accueille-t-il des per­sonnes en errance vivant avec des chiens depuis le 14 avril. Un lieu de confi­ne­ment qui vient en com­plé­ment de celui récem­ment ouvert par l’État au Pont-de-Claix, indique la Métropole.

 

© Grenoble-Alpes Métropole

© Grenoble-Alpes Métropole

 

D’autre part, la Métro a iden­ti­fié une qua­ran­taine de loge­ments com­mu­naux pou­vant être mis à dis­po­si­tion. Que com­plètent 70 places d’hébergement en hôtels sur Grenoble ouvertes par l’État et 35 sur Meylan pour des femmes vic­times de vio­lences intra­fa­mi­liales. « Nous tra­vaillons actuel­le­ment avec Emmaüs, notam­ment pour équi­per ces loge­ments de mobi­liers essen­tiels tels que lits, tables, chaises, cui­si­nière, réfri­gé­ra­teurs… », explique la Métro.

 

 

Plus de maraudes et de coordination des associations sur le terrain

 

Le confi­ne­ment a mis un coup d’ar­rêt à l’ac­tion des huit acteurs asso­cia­tifs qui assu­raient des maraudes sur l’ag­glo­mé­ra­tion avant la crise sani­taire. Actuellement, la Croix Rouge, Vinci Samu social de Grenoble et la Métropole res­tent les seuls à inter­ve­nir auprès des plus dému­nis, que ce soit dans la rue, les cam­pe­ments ou les squats.

 

La Banque alimentaire propose des produits pour les plus démunis. © Banque alimentaire de l’Isère

La Banque ali­men­taire de l’Isère pro­pose des pro­duits pour les plus dému­nis. © Banque ali­men­taire de l’Isère

Il était donc néces­saire d’assurer « un suivi per­ma­nent, exhaus­tif et par­tagé » de cette mis­sion de repé­rage et de contact. Une coor­di­na­tion dont s’ac­quitte désor­mais la Métropole, en lien avec l’État, les com­munes et les acteurs asso­cia­tifs concer­nés.

 

D’autre part, celle-ci a décidé de ren­for­cer sa pré­sence sur le ter­rain. Notamment grâce à des agents métro­po­li­tains assu­rant cinq maraudes par semaine, dont cer­taines avec le concours de Médecins du monde.

 

Enfin, la Métro a sou­haité appor­ter « un sou­tien finan­cier excep­tion­nel » à la Banque ali­men­taire de l’Isère. « La Métropole sou­haite sécu­ri­ser l’association afin que celle-ci puisse faire face à l’accroissement des besoins constaté depuis le début du confi­ne­ment », jus­ti­fie-t-elle.

 

 

« Beaucoup a déjà été fait mais beaucoup reste encore à faire »

 

« Parce que la période dif­fi­cile que nous tra­ver­sons l’est d’autant plus pour les plus dému­nis et que la soli­da­rité est plus que jamais indis­pen­sable, la Métropole est aux côtés de ses com­munes et des acteurs asso­cia­tifs pour leur venir en aide », déclare Christophe Ferrari, son pré­sident.

 

Qui en appelle à l’État pour que les sta­tuts des per­sonnes ne priment pas sur la néces­sité de pro­té­ger tous ceux que la pré­ca­rité rend plus vul­né­rables. « Beaucoup a déjà été fait mais beau­coup reste encore à faire », insiste-t-il.

 

Joël Kermabon

 

 

1 Selon la Métropole, les maraudes ont per­mis d’en repé­rer une qua­ran­taine mais leur nombre est pro­ba­ble­ment supé­rieur.

 

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Commentaires 3
  1. « Beaucoup a déjà été fait mais beau­coup reste encore à faire »

    Mais quelle intel­li­gence ! Quelle vision ! Ce com­men­taire relève de la plus haute forme intel­lec­tuelle !

    Tout ça pue la « com », et je me demande où se trouve le tra­vail de recherche cri­tique de Place Grenet ! Combien de per­sonnes en errance accueillies ? A com­bien se monte le « sou­tien excep­tion­nel à la banque ali­men­taire » ? La Métro a « iden­ti­fié une qua­ran­taine de loge­ments »… Et ?

    Le « busi­ness as usual » est déjà sur les rails.

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  2. Une prio­rité ?
    Un jeune MNA de 17 ans, refoulé par le CDI, à la rue depuis 3 semaines, et pour lequel le 115 n’a aucune solu­tion ?
    Une « prio­rité » …

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