Covid-19 : le synchrotron de Grenoble à la rescousse des chercheurs luttant contre le virus

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FIL INFO – Depuis le 3 avril 2020, le synchrotron européen de Grenoble propose sur son site internet d’ouvrir ses équipements aux chercheurs engagés dans la lutte contre le Covid-19. L’objectif de la démarche ? Les aider à découvrir le profil structural du virus, une étape indispensable avant la mise au point d’un médicament ou d’un vaccin.

 

 

Dresser le por­trait robot du Covid-19 en déter­mi­nant très pré­ci­sé­ment ses struc­tures molé­cu­laires. Tel est l’impérieux besoin des scien­ti­fiques en quête d’antiviraux effi­caces contre le coro­na­vi­rus. Et le syn­chro­tron de Grenoble se pro­pose de voler à leur secours. L’European syn­chro­tron radia­tion faci­lity (ESRF) de Grenoble a ainsi annoncé ven­dredi 3 avril, sur son site inter­net, sa volonté d’ouvrir ses équi­pe­ments aux cher­cheurs tra­vaillant sur le micro-orga­nisme.

 

Covid-19 : le synchrotron de Grenoble vient à la rescousse. nouvel anneau de stockage ESRf-EBS. Crédit ESRF Stef Candé

Nouvel anneau de sto­ckage ESRf-EBS. © ESRF-Stef Candé

 

En l’oc­cur­rence, un bou­le­ver­se­ment de l’a­genda du grand équi­pe­ment élec­tro­ma­gné­tique qui devait rou­vrir ses portes le 25 août 2020. Ce après avoir par­achevé le rem­pla­ce­ment de sa source de troi­sième géné­ra­tion par une qua­trième géné­ra­tion de syn­chro­tron à haute-éner­gie bap­ti­sée ESRF-EBS (pour Extremely brilliant source).

 

Toutefois, bien que le grand ins­tru­ment, dont les rayon­ne­ments sont deve­nus cent fois plus puis­sants, soit en phase de test depuis le 30 jan­vier 2020, les rayons X brillent à nou­veau dans le hall expé­ri­men­tal de l’ESRF. Certains des équi­pe­ments ins­tru­men­taux, indé­pen­dants des nou­velles lignes de lumière, res­tent en outre com­plè­te­ment fonc­tion­nels et dis­po­nibles pour aider les cher­cheurs.

 

 

« On pourrait observer son mécanisme atomique »

 

Introduction d'un échantillon dans le cryo-microscope. © ESRF/Stef Candé

Introduction d’un échan­tillon dans le cryo-micro­scope. © ESRF/Stef Candé

C’est le cas notam­ment de la pla­te­forme de cryo-micro­sco­pie élec­tro­nique, Cryo-EM. Cette tech­nique explo­ra­toire de la struc­ture de bio­mo­lé­cules cris­tal­li­sées à basse tem­pé­ra­ture per­met en effet de “voir” en 3D, avec une réso­lu­tion de 2 à 3 ang­ströms, la struc­ture molé­cu­laire du virus. En par­ti­cu­lier celle de son enve­loppe consti­tuée d’un assem­blage de pro­téines, qui sont les cibles thé­ra­peu­tiques pré­fé­ren­tielles des médi­ca­ments anti-viraux ou d’un vac­cin spé­ci­fiques res­tant à conce­voir.

 

Les pistes de tra­vail ? « On pour­rait obser­ver son méca­nisme ato­mique », indique l’ESRF à nos confrères de France 3 Auvergne Rhône Alpes. Beaucoup de ques­tions se posent en effet aux cher­cheurs. Notamment, com­ment le virus entre-t-il dans la cel­lule hôte ou com­ment inter­agira-t-il avec de futurs trai­te­ments ?

 

Bien qu’au­cune demande n’ait encore été for­mu­lée du côté de l’ESRF, « on sait qu’à court, moyen ou long terme des pro­jets vont être pro­po­sés », rap­porte France 3. Conscient de la néces­sité de ras­sem­bler ses forces, le vivier des scien­ti­fiques gre­no­blois n’a pas man­qué de réagir en rejoi­gnant l’ESRF dans « l’ef­fort glo­bal de recherche sur le Covid-19 ». Dans leurs rangs, les cher­cheurs de l’Institut Laue-Langevin (ILL), du Laboratoire euro­péen de bio­lo­gie molé­cu­laire (EMBL) et de l’Institut de bio­lo­gie struc­tu­rale (IBS).

 

Véronique Magnin

 

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