Métropole : la zone à faibles émissions sera élargie à 27 communes le 2 février

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FOCUS – Les véhicules utilitaires dotés de vignettes Crit’Air 4 et 5 ne pourront plus circuler dans 27 communes de la Métro. L’entrée en vigueur de la nouvelle zone à faibles émissions (ZFE) sera effective dès le 2 février 2020.

 

 

Chose pro­mise, chose due. La Métropole l’avait assuré en avril 2019 : les véhi­cules uti­li­taires pol­luants seront peu à peu exclus de son ter­ri­toire. Une nou­velle étape va donc être fran­chie dès le mois pro­chain. De 10 com­munes pré­cé­dem­ment, ce sont 27 com­munes qui entre­ront le 2 février dans le dis­po­si­tif de zone à faibles émis­sions (ZFE).

 

Métropole : la zone à faibles émissions sera élargie à 27 communes le 2 févrierLe président de la Métropole, Christophe Ferrari, présentait la ZFE étendue mercredi 29 janvier à Seyssinet-Pariset, en présence du maire de la Ville Marcel Repellin et du vice-président aux déplacements Yann Mongaburu. © Anissa Duport-Levanti

Le pré­sident de la Métropole, Christophe Ferrari, pré­sen­tait la ZFE éten­due mer­credi 29 jan­vier à Seyssinet-Pariset, en pré­sence du maire de la Ville Marcel Repellin et du vice-pré­sident aux dépla­ce­ments Yann Mongaburu. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

 

La ZFE, kézaco ?

 

Ce dis­po­si­tif consiste à inter­dire aux véhi­cules uti­li­taires pol­luants, donc aux poids lourds et camion­nettes de livrai­son, l’accès à ces 27 com­munes sept jours sur sept et vingt quatre heures sur vingt quatre. Et atten­tion ! Les par­ti­cu­liers pro­prié­taires d’un véhi­cule uti­li­taire, même léger, sont éga­le­ment concer­nés par la mesure.

 

L’objectif est clair : ban­nir d’abord le die­sel, puis à terme l’essence, de cette zone de la Métro. Ainsi, les véhi­cules uti­li­taires dotés de vignettes Crit’Air 3 seront ban­nis en 2022, puis ce sera au tour des vignettes de niveau 2 en 2025. À par­tir de cette date, seuls les uti­li­taires hybrides, élec­triques ou au gaz seront auto­ri­sés dans la zone à faibles émis­sions.

 

 

Comment faire pour livrer les marchandises dans cette zone ?

 

L'actuelle zone à faibles émissions de Grenoble (jaune) sera élargie en février 2020 à 18 communes supplémentaires (en orange). N'apparait pas sur la carte, l'A 480, qui déroge aux interdictions de circuler.

L’actuelle zone à faibles émis­sions de Grenoble (jaune) sera élar­gie le 2 février 2020 à 18 com­munes sup­plé­men­taires (en orange).

La Métropole a mis en place deux centres de dis­tri­bu­tion urbaine en péri­phé­rie, afin de trans­va­ser les mar­chan­dises dans des véhi­cules moins pol­luants. Une perte de temps mais un gain en matière de qua­lité de l’air.

 

En effet, la ZFE couvre 95 % des emplois et accueille 90 % des habi­tants du bas­sin gre­no­blois. « La taille de ce péri­mètre crée un effet de masse qui va per­mettre à toute la métro­pole de mieux res­pi­rer, et même au-delà », assure ainsi Yann Mongaburu, vice-pré­sident de la Métro en charge des dépla­ce­ments.

 

À noter tou­te­fois que l’A480 ne fait pas par­tie du dis­po­si­tif. Tous les types de véhi­cules pour­ront conti­nuer à y rou­ler, du moins pour l’ins­tant.

 

 

Quelles conséquences sur la qualité de l’air ?

 

À terme, la simu­la­tion effec­tuée par Atmo pré­voit une baisse de 60 % des émis­sions de dioxyde d’azote, de 46 % des par­ti­cules fines et de 33 % des gaz à effet de serre. Une bonne nou­velle pour les habi­tants for­te­ment expo­sés à la pol­lu­tion de l’air dans la métro­pole. À savoir, trois sur quatre.

 

Cette dimi­nu­tion per­met­trait de res­pec­ter non seule­ment les direc­tives euro­péennes, mais aussi celles d’autres ins­ti­tu­tions. « Nous vou­lons aller plus loin et nous ali­gner sur les recom­man­da­tions de l’OMS, bien plus res­tric­tives, afin d’éviter les 114 décès par an liés à la pol­lu­tion atmo­sphé­rique dans le bas­sin gre­no­blois », pré­cise Christophe Ferrari, pré­sident de la Métro.

 

 

La Métro promet de faciliter la transition dans la zone à faibles émissions

 

Pour accom­pa­gner les entre­prises, asso­cia­tions, com­mer­çants et par­ti­cu­liers, la Métropole a mis en place une série de mesures inci­tant à chan­ger son véhi­cule. En com­plé­ment des aides de l’État, elle a créé le Fond air véhi­cules, cofi­nancé par le pro­gramme natio­nal « Ville res­pi­rable », l’Ademe, la Région et GRDF (pour les poids lourds).

 

Métropole : la zone à faibles émissions sera élargie à 27 communes le 2 févrierEtiquette CRIT'Air, niveau 4, pollution, voiture © Chloé Ponset - Place Gre'net

Les véhi­cules uti­li­taires Crit’Air de niveau 4 et 5 seront inter­dits à la cir­cu­la­tion dans les 27 com­munes de l’ag­glo­mé­ra­tion dès le 2 février 2020. © Chloé Ponset – Place Gre’net

Au total, une enve­loppe de 2 mil­lions d’euros va être déblo­quée. Quelque 30 000 PME et TPE seraient éli­gibles. « C’est une démarche inédite par son ampleur », assure Yann Mongaburu. « Nous sti­mu­lons tout un éco­sys­tème et cela passe aussi par les infra­struc­tures, avec notam­ment le déve­lop­pe­ment de bornes élec­triques et au gaz dans les sta­tions-ser­vices », pré­cise l’élu.

 

Pas moins de 27 bornes nou­velles bornes élec­triques seront déployées dès l’été 2021 à Grenoble et La Tronche pro­met la Métro. Une sta­tion à hydro­gène est aussi en pro­jet.

 

 

Des solutions pour changer de moteur, pas de véhicule

 

Autre aspect mis en avant : la pos­si­bi­lité de ne chan­ger que le moteur de son véhi­cule. L’occasion pour les élus qui portent le pro­jet de pré­sen­ter deux entre­prises isé­roises, Borel Système Gaz et Phœnix Mobility, qui ont pour credo de rendre les véhi­cules exis­tants moins pol­luants.

 

Raphaël Heches, co-fondateur de Phoenix Mobility, était présent pour présenter l'entreprise. © Anissa Duport-Levanti

Raphaël Heches, cofon­da­teur de Phœnix Mobility, était pré­sent pour pré­sen­ter l’en­tre­prise. © Anissa Duport-Levanti

Borel Système Gaz trans­forme les véhi­cules essence en véhi­cules à gaz (GPL ou gaz natu­rel). Le coût ? De 3 000 à 4 000 euros pour un petit uti­li­taire, avec près de 1 000 km d’autonomie et à rai­son de 0,70 euros / litre.

 

Phœnix Mobility pro­pose, elle, de rem­pla­cer votre moteur essence par un moteur élec­trique. Elle tra­vaille actuel­le­ment sur un pro­jet pilote avec la Ville de Grenoble.

 

La Métro se dit prête à finan­cer jusqu’à 7 200 euros ce type de trans­for­ma­tion. Et, pour être sûr que tout le monde joue le jeu, la police natio­nale et la gen­dar­me­rie mène­ront des contrôles coor­don­nés entre les com­munes. Depuis octobre 2019, les sanc­tions sont de mise : une amende for­fai­taire de 68 euros qui peut grim­per jusqu’à 450 euros.

 

Anissa Duport-Levanti

 

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Commentaires 2
  1. Bizarre le pan­neau ZFE a été sup­primé quai xavier jou­vin ainsi une recru­des­cence de camion sur les quais
    La nuit beau­coup de demi remorque passe par la

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  2. Infraction au code élec­to­ral et absur­dité totale. La ville est com­plé­te­ment conges­tion­née… Rajoutons donc une couche !

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