Alain Carignon demande au maire de Grenoble d’ouvrir le site et la page Facebook de la Ville à l’opposition

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EN BREF – Le conseiller municipal d’opposition Alain Carignon, par ailleurs candidat aux élections municipales de mars 2020, demande à la Ville de Grenoble d’ouvrir sa page Facebook et son site Internet à l’expression des oppositions. Une demande qui fait suite, sans y faire référence, à la décision de justice favorable aux élus écologistes à l’encontre la majorité de droite du Conseil départemental de l’Isère.

 

 

Le courrier n’a rien d’une surprise : le conseiller municipal de Grenoble Alain Carignon, candidat aux élections municipales, demande au maire Éric Piolle la « mise à disposition d’espaces d’expression sur les outils de communication numérique de la Ville de Grenoble ». Une demande qui concerne la page Facebook de la Ville et son site Internet. Et qui s’appuie notamment sur le code général des collectivités territoriales.

 

Alain Carignon lors du conseil municipal du 16 décembre 2019 © Joël Kermabon - Place Gre'net

Alain Carignon lors du conseil municipal du 16 décembre 2019. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Si Alain Carignon n’en fait pas mention, difficile de ne pas voir dans cette demande une réponse du berger à la bergère. En décembre 2019, l’opposition écologiste du Conseil départemental de l’Isère obtenait en effet de la justice le droit de s’exprimer sur le compte Facebook et le site du Département. Absent de la décision : Twitter, oublié dans leur demande par les élus d’opposition. Et, étrangement, également absent de la requête d’Alain Carignon (voir encadré).

 

 

Un partage de publications et de tribunes ?

 

L’élu écologiste du Département et conseiller municipal de Grenoble Olivier Bertrand assurait, dans sa requête, que la possibilité d’ouvrir les réseaux sociaux de la Ville à l’opposition était prévue en cas de demande. Tout en faisant valoir qu’à ses yeux la communication de la Ville était beaucoup plus neutre que celle du Département. Un Département qui manque rarement une occasion de mettre en avant son président ou ses vice-présidents pour vanter ses réalisations.

 

Demain, les publications de Grenoble le changement sur la page Facebook de la Ville de Grenoble ? (montage)

Demain, les publications de Grenoble le changement sur la page Facebook de la Ville de Grenoble ? (photomontage)

 

Alain Carignon ne partage pas ce point de vue. « La page Facebook et le site internet de la ville de Grenoble peuvent être considérés comme un bulletin d’information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal », juge-t-il dans son courrier. Et d’énumérer des « articles de promotion » ou « dossiers de promotion », par exemple de la candidature de Grenoble comme Capitale verte de l’Europe ou de la tenue de la Fête des Tuiles.

 

« Dans un souci d’équité, je vous saurais gré d’organiser l’espace d’expression des élus d’opposition sur la page Facebook et le site internet de la Ville », demande donc Alain Carignon. Qui suggère comme « solution adaptée » le partage de publications et de tribunes « à une fréquence à déterminer ». Tout en assurant laisser au maire « les modalités de cet espace d’expression à [sa] libre appréciation ».

 

Florent Mathieu

 

LA VILLE DE GRENOBLE EN TÊTE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

 

Si la victoire des écologistes du Département devait valoir une ouverture à l’opposition des canaux de la Ville de Grenoble, Alain Carignon y gagnerait probablement au change. La page Facebook de la Ville de Grenoble compte ainsi 169 375 abonnés, contre seulement 16 854 pour celle du Département. Une prédominance grenobloise qui se vérifie encore vis-à-vis de la Métropole, qui compte 25 844 abonnés (chiffres au soir du 28 janvier 2020).

 

Quid de Twitter ? Là encore, Grenoble affiche une “popularité” insolente : plus de 40 000 abonnés, contre 6 487 pour le Département. Quant aux comptes YouTube, les chiffres (beaucoup plus modestes) demeurent favorables à la Ville de Grenoble : 820 abonnés, contre 410 pour le Département (et 387 pour la Métropole). Rappelons que l’opposition écologiste avait aussi obtenu l’ouverture d’un espace d’expression sur la plateforme vidéo.

 

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Commentaires 11
  1. Ca , c’est drôle. Dans ses derniers mois à l’hôtel de ville Piolle va en prendre pleine la gueule. Je suis content

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  2. Hé oui, à tous ceux qui en doutaient, Alain Carignon sait se servir d’internet aussi bien qu’il se servait du Minitel ! Avec Carignon, Grenoble entre dans l’internet 5.0 !!!

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  3. Mimine38 des preuves de ce que vous annoncez? C’est intéressant, vous ne le publiez pas sur l’article en ligne sur facebook?

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  4. Quelques mois avant les municipales de 2014, la page Facebook de la Ville de Grenoble qui ne comptait que quelques milliers de fan (environ 5000), s’est adjointe plus de 70 000 likers en demandant à Facebook de fusionner sa page Facebook avec une page Facebook « Grenoble » qui avait été ouverte sur un compte privé et animée par un particulier. Business et Décision Eolas, qui gérait – et gère toujours le marketing digital pour la direction de la Communication de la Ville de Grenoble.fr – a alors fait le nécessaire auprès de Facebook.

    ► C’est cette opération d’achat et de fusion de comptes qui vaut à Grenoble ce score, viralité oblige. (l’effet de seuil (70 000 ) provoque ensuite des milliers de nouveau fans). Des milliers de likers ont ainsi malgré eux étaient englobés, et leur « J’aime Grenoble (pour j’aime la ville, les gens, l’ambiance…) » est ainsi devenu « J’aime Grenoble, ( j’aime la politique municipale) ».

    ► La communauté actuelle des Likers Facebook de la page Grenoble n’est pas une communauté entièrement acquise. Elle a été achetée.
    Ensuite nous avons aux manettes des gens encartés qui sont prêts à tout…
    La pluralité des avis est parfaitement légitime, quoi que l’on puisse penser de la candidature de M. Carignon.

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    • Parlez-vous de Eolas, société qui était dirigée par un ancien adjoint à Destot, récemment rallié à LREM et qui a confié la gestion de la dite société à son fiston ?

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  5. Quelques mois avant les municipales de 2014, la page Facebook de la Ville de Grenoble qui ne comptait que quelques milliers de fan (environ 5000), s’est adjointe plus de 70 000 likers en demandant à Facebook de fusionner sa page Facebook avec une page Facebook « Grenoble » qui avait été ouverte sur un compte privé et animée par un particulier. Business et Décision Eolas, qui gérait – et gère toujours le marketing digital pour la direction de la Communication de la Ville de Grenoble.fr – a alors fait le nécessaire auprès de Facebook. ► C’est cette opération d’achat et de fusion de comptes qui vaut à Grenoble ce score, viralité oblige. (l’effet de seuil (70 000 ) provoque ensuite des milliers de nouveau fans). Des milliers de likers ont ainsi malgré eux étaient englobés, et leur « J’aime Grenoble (pour j’aime la ville, les gens, l’ambiance…) » est ainsi devenu « J’aime Grenoble, ( j’aime la politique municipale) ».
    ► La communauté actuelle des Likers Facebook de la page Grenoble n’est pas une communauté entièrement acquise. Elle a été achetée.
    La pluralité des avis est parfaitement légitime, quoi que l’on puisse penser de la candidature de M. Carignon.

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  6. Oulaaaa mais que vont faire les petits dictateurs verts & rouges Grenoblois? A nouveau les « faite ce que je dis pas ce sue je fais »?

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  7. Démarche intéressante, demain l’opposition peut demander accès au site de l’Elysée etc…
    C’est culturellement un point intéressant.
    Attendons de voir

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    • FM

      29/01/2020
      9:40

      Bonjour, en l’occurrence l’État n’est pas une collectivité territoriale.

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      • @FM oui 😀 je bosse avec le secteur public donc connais . Je soulignais le caractère « nouveau » de la demande car peu commun avec notre manière de penser actuel. Et je suis curieux des modalités pratiques de mise en oeuvre (droit de véto) + fréquence message (clés de répartition: % aux dernière élections ou autre) . A ce jour a part la page « avis/position/tribune » dans les magazine cela n’existe pas. Donc une voie au chapitre tous les partis représentatifs… dont le RN!
        Sur le champ d’application, si cela s’applique sur une commune, quid sur une CC, une CA, une métropole? L »exemple du département est pris ici, ? quid de la région? et in fine sur tous les comptes informatifs liés à une élection? A noter; où vous avez raison c’est que pour une commune vous avez une opposition et une majorité, pour le président il n’y a que lui (majoritaire).

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