Manifestation du 9 mai : de 2000 à 3000 salariés de la fonction publique ont défilé dans les rues de Grenoble

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FOCUS – Pour la première fois depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, FO, FSU, Solidaires et l’Unsa de la fonction publique en Isère ont fait front commun pour manifester ce jeudi 9 mai. L’objet de la protestation : la réforme de la fonction publique. À Grenoble, ils étaient près de 2 000 selon la préfecture, 3 000 selon la CGT.

 

 

À Grenoble, ce sont les sala­riés de La Poste qui ont ouvert le bal ce matin. Entre 120 et 150 mani­fes­tants se sont ainsi réunis dès 10 h 30 contre des fer­me­tures de bureaux de poste, au 11 bou­le­vard Maréchal Lyautey, où siège la direc­tion. Un ras­sem­ble­ment mati­nal à l’appel de Sud PTT Isère-Savoie et du col­lec­tif J’aime ma poste à Grenoble, auquel ont notam­ment par­ti­cipé la CGT, le PCF, Lutte ouvrière, Force ouvrière, ainsi que le séna­teur de l’Isère Guillaume Gontard.

 

Ils étaient près de 2000 à manifester ce 9 mai contre la réforme de la fonction publique, selon la préfecture de l'Isère, 3000 selon la CGT.En plus des bureaux de Championnet et Grand'Place, La Poste souhaite supprimer ceux Bajatière et Stalingrad, ainsi que trois autres.

En plus des bureaux de Championnet et Grand’Place, La Poste sou­haite sup­pri­mer cinq postes, dont ceux de Bajatière et de Stalingrad. Ce à quoi s’op­posent Sud PTT Isère-Savoie et du col­lec­tif J’aime ma poste.

 

Alors que les bureaux de Grand Place et Championnet ont été fer­més en 2018, la direc­trice de La Poste en Isère a en effet annoncé sa volonté de fer­mer cinq autres bureaux sur les onze exis­tants actuel­le­ment à Grenoble, selon Sud PTT Isère-Savoie. Premiers visés ? Stalingrad et Bajatière.

 

En tout, une quin­zaine de pro­jets de réor­ga­ni­sa­tions sont pré­vus en Isère en 2019, avec
des bureaux mena­cés à Brignoud et sur le pla­teau du Vercors, où seul Villard-de-Lans res­te­rait en tant que bureau de poste de plein exer­cice. « En Isère comme par­tout en France, des fer­me­tures de bureaux conti­nuent à se faire sans aucun débat démo­cra­tique à l’extérieur mais aussi à l’intérieur de l’entreprise », déplore ainsi Sud PTT Isère-Savoie.

 

« Le pré­texte est de s’a­dap­ter à l’évolution de la société et du numé­rique, sauf que l’on va sup­pri­mer des emplois, près de 22 000 en trois ans », ren­ché­rit Jean-Michel Lacoustille, secré­taire géné­ral CGT-FAPT (Fédération des acti­vi­tés pos­tales et de télé­com­mu­ni­ca­tions). « De plus, dans cer­taines zones rurales, des bureaux ferment et on doit par­fois faire plu­sieurs kilo­mètres en voi­ture pour trou­ver un dis­tri­bu­teur… ».

 

 

Le personnel enseignant très mobilisé

 

Le cor­tège de l’in­ter­syn­di­cale a quitté la place de Verdun aux alen­tours de 14 h 30 pour se rendre à la cité admi­nis­tra­tive, pas­ser le long du rec­to­rat pour reve­nir ensuite au point de départ. Plusieurs corps de métiers de la fonc­tion publique étaient repré­sen­tés. Dont les ensei­gnants, qui repré­sen­taient une grande par­tie du cor­tège, venus pro­tes­ter contre le pro­jet de « l’école de la confiance » du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

 

Pas d'école aujourd'hui, au Collège Olympe. Les professeurs étaient en grève.

Pas d’en­sei­gne­ments aujourd’­hui au col­lège olym­pique de Grenoble. Les pro­fes­seurs étaient en grève. DR

 

Au rang des mani­fes­tants, des ensei­gnants du col­lège olym­pique. « Les trois quart des pro­fes­seurs et l’ensemble de la vie sco­laire sont en grève, a indi­qué Joseph Rivière, ensei­gnant his­toire-géo­gra­phie. « Ils sont mobi­li­sés contre la loi Blanquer et pour garan­tir une bonne qua­lité d’enseignement mena­cée par le recours à des contrac­tuels de plus en plus nom­breux et non for­més »

 

Opposés à la réforme du bac, les fonc­tion­naires de l’Éducation natio­nale se disent aussi très inquiets de la dégra­da­tion de leurs condi­tions de tra­vail. « Le ministre parle de l’école de la confiance, il doit com­men­cer par entendre les dif­fi­cul­tés du ter­rain, mar­tèle Santiago Vicario, conseiller prin­ci­pal d’éducation du col­lège olym­pique. Qu’il arrête de vou­loir faire des éco­no­mies sur les dos des enfants, on pourra par­ler de confiance après. » Une jour­née “col­lège mort” est par ailleurs pré­vue mer­credi pro­chain et sou­te­nue par les parents d’é­lèves.

 

 

« Avec le projet de M. Blanquer, on creuse les inégalités sociales »

 

Les pro­fes­seurs du col­lège Malraux de Voreppe étaient éga­le­ment de la par­tie. Ils font état d’une énième jour­née où le col­lège est vide. C’était déjà der­niè­re­ment le cas, le 10 avril, lors d’un jour « col­lège mort ». Dans cet éta­blis­se­ment, 90 % des ensei­gnants ont répondu à l’ap­pel de l’in­ter­syn­di­cale. Au rang des reven­di­ca­tions : le manque de moyens.

 

Ils étaient près de 2000 à manifester ce 9 mai contre la réforme de la fonction publique, selon la préfecture de l'Isère, 3000 selon la CGT." Stylos rouges en colère. Sauvons l'école"

« Stylos rouges en colère. Sauvons l’é­cole »  © MBe

De ce fait, à la ren­trée sui­vante, les élèves seront trente par classe en qua­trième. Des classes sur­char­gées, où il sera com­pli­qué d’ai­der cer­tains élèves en dif­fi­culté, consi­dèrent les ensei­gnants.

 

« On l’ap­pelle l’é­cole de la confiance [mais] dans le pre­mier article, on nous demande de nous taire », cri­tique Jean-Michel Ducros ensei­gnant. Avant d’a­jou­ter : « Nous sommes en train de creu­ser les inéga­li­tés sociales, et la réforme sur les lycées pro­fes­sion­nels en est la preuve même. »

 

« L’école de la confiance » pré­voit ainsi de pas­ser de 35 heures à 30 heures de cours heb­do­ma­daires sur un cur­sus de trois ans, dont une avec des ensei­gne­ments trans­ver­saux.

 

« Ils vont sor­tir avec un bac pro au rabais et vont arri­ver sur le mar­ché du tra­vail beau­coup moins for­més », constate-t-il.

 

À l’is­sue de la mani­fes­ta­tion, des repré­sen­tants des ensei­gnants ont été reçus par le direc­teur aca­dé­mique adjoint. Ces der­niers res­tent tou­te­fois mobi­li­sés dans l’at­tente d’une réponse concrète.

 

Au total, 108 900 fonc­tion­naires ont mani­festé dans la rue ce jeudi, selon le minis­tère de l’Éducation natio­nale. 250 000 selon la CGT.

 

Mohamed Benmaazouz

 

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