Les abribus JCDecaux nouvelle génération du SMTC. DR

Loin d’avoir disparu de Grenoble, la publicité continuera d’investir les abribus JCDecaux jusqu’en 2031

Loin d’avoir disparu de Grenoble, la publicité continuera d’investir les abribus JCDecaux jusqu’en 2031

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

FOCUS – Banni fin 2014 des mobiliers urbains de la Ville par le maire écologiste de Grenoble, l’afficheur JCDecaux vient de re-signer un contrat avec le SMTC. Il pourra ainsi continuer à apposer ses publicités sur les abribus jusqu’en 2031, moyennant quelques restrictions toutefois. Rétropédalage ? La convention passée avec JCDecaux permet surtout au syndicat mixte des transports en commun, dans le rouge, d’engranger 500 000 euros de redevances par an.

 

 

Pub JCDecaux © Joël Kermabon – placegrenet.fr

Pub JCDecaux © Joël Kermabon – pla​ce​gre​net​.fr

(À moi­tié) sorti par la porte, l’af­fi­cheur JCDecaux revient par la fenêtre. Fin 2014, la Ville de Grenoble n’a­vait pas renou­velé son contrat avec l’af­fi­cheur, sup­pri­mant ainsi 326 pan­neaux de l’es­pace public.

 

L’occasion de s’oc­troyer acces­soi­re­ment un petit coup de pro­jec­teur en se pré­sen­tant comme la pre­mière ville euro­péenne à « libé­rer l’es­pace public ». Un coup poli­tique mais aussi un pari finan­cier, la Ville de Grenoble s’é­tant pri­vée de plu­sieurs cen­taines de mil­liers d’eu­ros de rede­vances par an*.

 

Quatre ans plus tard, le syn­di­cat mixte des trans­ports en com­mun de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise (SMTC) de la même majo­rité poli­tique fait un autre choix. Seul can­di­dat en lice, JCDecaux a décro­ché un nou­veau contrat. Un mar­ché, conclu sur douze ans soit jus­qu’en 2031, de mise à dis­po­si­tion mais aussi de main­te­nance et d’ex­ploi­ta­tion com­mer­ciale de mobi­liers urbains publi­ci­taires ou non des­ti­nés à la mobi­lité. Soit les abri­bus, les abris de tram­way, de par­king-relais et de covoiturage.

 

 

La moitié des espaces publicitaires réservée aux commerçants locaux

 

La conven­tion avec l’af­fi­cheur, votée à l’u­na­ni­mité du conseil syn­di­cal, a par ailleurs fait l’ob­jet d’un cer­tain nombre de négo­cia­tions. Ainsi donc, le SMTC a‑t-il obtenu l’in­tro­duc­tion du… bois local dans ses abris. Du mélèze des Alpes, en fait.

 

Les abribus JCDecaux nouvelle génération du SMTC. DR

Les abri­bus JCDecaux nou­velle géné­ra­tion du SMTC. DR

 

 

Il a aussi obtenu que l’en­tre­tien du mobi­lier, une fois par semaine, soit fait avec de… l’eau de pluie. Ou encore que soient démon­tées 280 faces publi­ci­taires. « Soit l’é­qui­valent de la réduc­tion de la publi­cité par la Ville de Grenoble en 2015 », a rap­pelé Yann Mongaburu, le pré­sident du SMTC. L’éclairage va éga­le­ment être revu à la baisse puisque celui-ci sera dimi­nué une pre­mière fois à par­tir de 18 heures, puis une seconde fois dès 22 heures. Soit une éco­no­mie de 68 % sur la consom­ma­tion électrique.

 

Quatre-vingt dix écrans seront des­ti­nés à la seule infor­ma­tion sur les mobi­li­tés. Quant aux espaces publi­ci­taires pro­pre­ment dits, ils seront réser­vés, pour la moi­tié d’entre eux, aux com­mer­çants locaux.

 

 

« L’aspect financier arrive à supplanter les dogmes »

 

Application du prin­cipe de réa­lité ? Lors du conseil syn­di­cal du SMTC, Michel Octru de l’op­po­si­tion de droite s’est iro­ni­que­ment féli­cité que « l’as­pect finan­cier arrive à sup­plan­ter les dogmes ». De fait, le syn­di­cat engran­gera près de 500 000 euros de recettes par an.

 

Si l’op­po­si­tion y a vu un (heu­reux) rétro­pé­da­lage, la majo­rité sou­ligne sa capa­cité à s’a­dap­ter faute de pou­voir, au vu des capa­ci­tés finan­cières du SMTC, reprendre le mar­ché en ges­tion directe. Pour Alan Confesson de la majo­rité, contrac­tua­li­ser avec Decaux, c’est donc « la situa­tion la plus satis­fai­sante pos­sible […] Pas la solu­tion idéale du point de vue des dogmes mais de temps en temps, il faut se conten­ter de pro­grès par rap­port à l’ob­jec­tif idéal que l’on sou­haite atteindre. »

 

Le pré­sident du SMTC Yann Mongaburu

Un pis-aller ? Pour Yann Mongaburu, l’ob­jec­tif est tenu : à savoir sup­pri­mer toutes les publi­ci­tés en dehors des abris « pour ne pas pol­luer l’es­pace public ».

 

Pas d’é­crans ani­més non plus, « mau­vais pour les enfants » et un contrat qui com­prend la main­te­nance du maté­riel. Ainsi, les dégra­da­tions ne seront plus à la charge du syndicat.

 

Le contrat pro­met aussi le retrait des sti­ckers et autres graf­fi­tis dans un délai maxi­mum d’une heure. Il intègre éga­le­ment la mise en place de pou­belles et cen­driers, d’as­sises exté­rieures, de ports USB et d’é­crans tac­tiles dédiés aux mobilités.

 

 

Le SMTC a‑t-il trouvé « le bon équi­libre », comme s’en féli­ci­tait Francie Mégevand, conseillère appar­te­nant à la majo­rité ? « Il va sur­tout fal­loir arrê­ter de faire des pro­messes incon­si­dé­rées, a rebondi la socia­liste Amandine Germain, et de bran­dir des dogmes à chaque cam­pagne électorale ! »

 

Patricia Cerinsek

 

 

* De 2004 à 2014, la Ville de Grenoble avait encaissé 6 mil­lions d’euros de redevances.

 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Patricia Cerinsek

Auteur

A lire aussi sur Place Gre'net

La justice ordonne la suspension de l'arrêté organisant les piétonnisations Place(s) aux enfants sur Grenoble
La justice ordonne la suspension de l’arrêté organisant les piétonnisations Place(s) aux enfants sur Grenoble

FIL INFO — Le tribunal administratif de Grenoble ordonne à la Ville de Grenoble la suspension de l'arrêté organisant les piétonnisations siglées Place(s) aux enfants. Lire plus

Conseil métropolitain : le groupe Une métropole d’avance demande au gouvernement de déclarer « l’état d’urgence climatique »

FOCUS - Le groupe Une métropole d'avance (Uma) a formulé un vœu demandant au gouvernement de déclarer l'état d'urgence climatique lors du conseil métropolitain de Lire plus

Place(s) aux enfants: nouvelles polémiques autour de la piétonnisation de plusieurs rues à Grenoble
Place(s) aux enfants : nouvelles polémiques autour de la piétonnisation de plusieurs rues à Grenoble

FOCUS - Alors que la Ville de Grenoble vient de présenter (de nouveau) le déploiement du dispositif Place(s) aux enfants, la colère contre la piétonnisation d'une dizaine Lire plus

Fermeture d'Esclangon: Grenoble coupe-t-elle les ponts avec la Ville de Fontaine et la Métropole?
Fermeture d’Esclangon : Grenoble coupe-t-elle les ponts avec la Ville de Fontaine et la Métropole ?

FOCUS - La décision de la Ville de Grenoble de ne pas rouvrir, comme attendu, le pont Esclangon dans son sens Grenoble-Fontaine provoque la colère Lire plus

Les colonnes Morris estampillées JCDecaux de retour à Grenoble sept ans après leur disparition
Les colonnes Morris estampillées JCDecaux de retour à Grenoble sept ans après leur disparition

FOCUS - Sept ans après leur disparition, les colonnes Morris JCDecaux refont leur apparition dans le paysage urbain grenoblois. De quoi susciter l'ironie du groupe Lire plus

Jugement du Tribunal administratif sur la piétonnisation de la rue Cuvier: une validation, ou un camouflet?
Jugement du tribunal administratif sur la piétonnisation de la rue Cuvier : une validation ou un camouflet ?

FOCUS - Saisi par un commerçant, le tribunal administratif de Grenoble a rendu son jugement sur la question de la piétonnisation de la rue Cuvier. Lire plus

Flash Info

|

26/10

15h52

|

|

26/10

10h13

|

|

26/10

9h00

|

|

25/10

19h42

|

|

25/10

11h46

|

|

24/10

9h44

|

|

23/10

15h18

|

|

22/10

8h00

|

|

21/10

19h40

|

|

20/10

18h24

|

Les plus lus

Environnement| Des loups en plein centre-ville de Grenoble à la faveur du confinement ?

Des contrôles pour le respect des consignes de confinement. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Fil info| Confinement : à Grenoble, la police nationale a verbalisé… des policiers municipaux

Manifestation contre la loi de travail, 26 mai 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Société| Manifestation contre la loi Travail : des licornes et des heurts à Grenoble

Bois Français. © Isère Tourisme

Société| Des points d’eau pour se rafraîchir !

Témoignage d'une ancienne allocataire du RSA en Isère, aujourd'hui sans aide sociale pour avoir voulu se réinsérer en reprenant une formation.

Société| “J’ai perdu mon droit au RSA pour avoir voulu me réinsérer”

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin