Renouveau du quartier Esplanade : l’îlot Peugeot prend vie à la satisfaction de (presque) tous les acteurs

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FOCUS – Le renouveau du quartier de l’Esplanade à Grenoble va bon train. Au nord du quartier en requalification, sur l’îlot Peugeot, deux nouveaux immeubles, route de Lyon sont fraîchement sortis de terre. Les habitants ont pris leurs marques. Les principaux acteurs politiques et économiques du projet sont satisfaits des premiers résultats. Seule ombre au tableau : les ateliers municipaux voués à la démolition grèvent quelque peu la commercialisation d’une partie du programme.

 

 

Le premier gros morceau du projet urbain de l'Esplanade prend forme à Grenoble. Deux immeubles viennent d'être inaugurés. Il en reste six à construire.Inauguration des deux premiers immeubles de l'îlot Peugeot, l'un des secteurs du quartier Esplanade en cours de requalification, samedi 26 janvier 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Les deux pre­miers immeubles de l’î­lot Peugeot, sec­teur du quar­tier Esplanade en cours de requa­li­fi­ca­tion. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Au pied de la Bastille, deux cents nou­veaux habi­tants ont emmé­nagé, il y a peu, sur le quar­tier de l’Esplanade, en cours de requa­li­fi­ca­tion.

 

Un site d’exception, où « chaque loge­ment dis­pose d’une vue sur les mon­tagnes », se féli­cite le maître d’œuvre.

 

« On peut qua­si­ment tou­cher du doigt la Chartreuse », ren­ché­rit Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme et à la tran­si­tion éner­gé­tique de la com­mune de Grenoble.

 

 

Un projet urbain revu et corrigé par le maire écologiste

 

« C’est un nou­vel élan pour ce quar­tier qui n’a­vait pas connu de construc­tions depuis long­temps », fait pour sa part remar­quer Maryvonne Boileau, pré­si­dente de Grenoble Habitat, maître d’ou­vrage de l’un des deux immeubles inau­gu­rés.

 

îlot Peugeot, l'un des secteurs du quartier Esplanade en cours de requalification. Inauguration des deux premiers immeubles, samedi 26 janvier 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Inauguration des deux pre­miers immeubles de l’î­lot Peugeot, dans le quar­tier Esplanade en cours de requa­li­fi­ca­tion, samedi 26 jan­vier 2019 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Ce pro­jet repré­sente ce que nous vou­lons faire dans le Plan local d’ur­ba­nisme inter­com­mu­nal, où il s’a­git d’é­co­no­mi­ser le fon­cier […] et de faire de la mixité sociale […] », se féli­cite à son tour Christine Garnier, vice-pré­si­dente délé­guée à l’ha­bi­tat, au loge­ment et à la poli­tique fon­cière à Grenoble-Alpes Métropole.

 

Quant à Eric Piolle, le maire de Grenoble, il tient à rap­pe­ler le rôle qu’a joué sa majo­rité dans les choix des nou­velles orien­ta­tions de ce quar­tier. « En 2014, à notre arri­vée [aux com­mandes de la Ville, ndlr], nous avons revu ce pro­jet. Nous avons mis fin au pro­jet d’une tour de 100 mètres de haut. Nous avons changé de phi­lo­so­phie […] La grande Esplanade sera pré­ser­vée, les berges seront recon­quises d’ici dix à quinze ans… Nous tra­vaillons sur les îlots urbains de cha­leur, la qua­lité de l’air […] On espère que la RN481 devien­dra un bou­le­vard urbain qu’il sera pos­sible de tra­ver­ser. »

 

 

Géothermie, bois, isolation « ultra renforcée »…

 

Situé sur l’un des angles de l’î­lot Peugeot, l’im­meuble numéro 59 géré par Grenoble Habitat compte trente loge­ments en loca­tif social. Tandis que son voi­sin en dénombre 39 en loca­tif privé. Ces der­niers ont très vite trouvé pre­neurs. « C’est un suc­cès auquel nous ne nous atten­dions pas », recon­naît Jean-Louis Féry, l’un des inves­tis­seurs de la fon­cière lyon­naise.

 

La fon­cière Bellecour Participation est, du reste, asso­ciée à Grenoble Habitat dans la société civile immo­bi­lière (SCI) qui pilote tout le pro­jet « îlot Peugeot ». Un type de mon­tage auquel est cou­tu­mier le bailleur, a indi­qué Maryvonne Boileau lors de l’i­nau­gu­ra­tion des bâti­ments.

 

Le projet urbain de l'Esplanade prend forme à Grenoble. Deux immeubles viennent d'être inaugurés sur l’îlot Peugeot. Il en reste encore six à construire.Inauguration des deux premiers immeubles de l'îlot Peugeot, l'un des secteurs du quartier Esplanade en cours de requalification, samedi 26 janvier 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Maquette de l’î­lot Peugeot en cours de requa­li­fi­ca­tion dans le quar­tier Esplanade. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Les deux pre­miers immeubles de l’îlot Peugeot pré­sentent par ailleurs de nom­breux points com­muns. Tous deux font sept étages et dis­posent de volets et log­gia en bois (non local) et de locaux d’activité au rez-de-chaus­sée.

 

Sur le plan éner­gé­tique, les charges devraient être limi­tées, grâce à un « sys­tème d’isolation ultra ren­forcé », sou­ligne le maître d’œuvre.

 

Le chauf­fage et la cli­ma­ti­sa­tion seront par ailleurs appro­vi­sion­nés par géo­ther­mie. Tout comme l’en­semble du quar­tier de l’Esplanade, à l’ins­tar de l’é­co­cité Presqu’île.

 

 

Les investisseurs privés inquiets pour la commercialisation en cours

 

Au demeu­rant, les loyers modé­rés par­ti­cipent pour une bonne part à l’at­trac­ti­vité du sec­teur. C’est en par­ti­cu­lier vrai pour l’im­meuble de loca­tif privé du 59, où les loyers dits inter­mé­diaires sont pla­fon­nés de 15 à 20 % en-des­sous des prix du mar­ché. Il faut ainsi comp­ter 640 euros envi­ron pour un T3.

 

Le même loge­ment dans l’immeuble voi­sin d’habitat social se loue à 490 euros. D’ici 2020, devraient encore être livrés huit immeubles, soit 238 loge­ments, ainsi que 770 m2 d’ac­ti­vi­tés com­mer­ciales, 192 places de sta­tion­ne­ment… Le tout sur un tène­ment dont la forme tri­an­gu­laire a visi­ble­ment donné du fil à retordre aux archi­tectes.

 

Les ateliers municipaux jouxtent un futur immeuble en accession... Une proximité dommageable pour la commercialisation selon Jean Louis Féry, investisseur dans l'ïlot Peugeot, quartier Esplanade à Grenoble. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Les ate­liers muni­ci­paux (à gauche) près d’un immeuble en cours de construc­tion… Une proxi­mité dom­ma­geable pour la com­mer­cia­li­sa­tion des appar­te­ments, s’in­quiète Jean-Louis Féry, inves­tis­seur dans l’î­lot Peugeot. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Globalement satis­faits de la mise en œuvre du chan­tier et des construc­tions réa­li­sées, les inves­tis­seurs de la fon­cière lyon­naise montrent néan­moins quelques signes d’im­pa­tience. Il leur tarde que la Ville se décide à démo­lir les ate­liers muni­ci­paux joux­tant l’î­lot Peugeot, situés à envi­ron 3 mètres d’ap­par­te­ments en construc­tion.

 

Ces loge­ments doivent être livrés cette année mais, en l’é­tat, les par­ti­cu­liers se montrent fri­leux pour ache­ter. « La com­mer­cia­li­sa­tion n’est pas pos­sible avec un tel voi­si­nage ! », s’in­digne Jean-Louis Féry. Quoi qu’il en soit, le calen­drier com­mu­nal n’est pas calé sur celui des inves­tis­seurs. La Ville n’a pas prévu le départ des ate­liers muni­ci­paux… avant 2021.

 

Séverine Cattiaux

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
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Commentaires 2
  1. Bientôt une nou­velle « cité » verra le jour avec une mixité de social de 50% (au debut), les pla­tanes cen­te­naires seront abba­tus, et près de 700 places de sta­tion­ne­ment sup­pri­mées sans construc­tion d’un par­king de rem­pla­ce­ment. De quoi se réjouir, you­piiiii 👏

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    • Je sais, je vais vous déce­voir, mais d’a­près les plans actuels (peut être les vôtres datent un peu …) les arbres sont gar­dés et un parc va rem­pla­cer l’af­freux par­king. Les habi­tants des nou­veaux immeubles auront leurs places de sta­tion­ne­ment (c’est obli­ga­toire dans la loi) et un par­king en silo devrait être construit comme par­king relai. Les voi­tures ne sont pas oubliées, même si les trans­ports « doux », comme le vélo, sont pri­vi­lé­giés.
      Je suis ravie que la tour de 100 m de haut pré­vue par l’an­cienne muni­ci­pa­lité a dis­paru des plans de construc­tion actuels.
      Laissons les nou­veaux habi­tants cri­ti­quer ou louan­ger. Je n’ha­bite pas l’Esplanade, je leur laisse la parole.

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