« Gilets jaunes » : le grenoblois Julien Terrier parmi les huit communicants désignés pour traiter avec le gouvernement

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EN BREF – Le mouvement des « gilets jaunes » se structure et s’organise. Ce lundi 26 novembre, huit « communicants officiels » ont été désignés par ce mouvement citoyen pour le représenter au niveau national. Au nombre d’entre eux, Julien Terrier, le très actif leader des gilets jaunes sur l’agglomération grenobloise. L’objectif de cette délégation ? Communiquer, bien sûr, mais surtout engager le contact avec les représentants de l’État et du gouvernement.

 

 

Julien Terrier, leader des "gilets jaunes" de l'agglomération grenobloise. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Julien Terrier, lea­der des « gilets jaunes » de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Engager une prise de contact sérieuse et néces­saire avec les repré­sen­tants de l’État et de son gou­ver­ne­ment ».

 

Tel est l’ob­jec­tif clai­re­ment énoncé par le mou­ve­ment citoyen des “gilets jaunes”, ce lundi 26 novembre, dans un com­mu­ni­qué publié sur sa page Facebook La France en colère.

 

Ce der­nier a ainsi dési­gné ce même jour huit « com­mu­ni­cants offi­ciels » dont Julien Terrier, le très actif lea­der du mou­ve­ment sur l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. Cet arti­san de Corenc âgé de 31 ans est en effet la che­ville ouvrière de la plu­part des opé­ra­tions de blo­cages menées dans Grenoble et ses alen­tours depuis le 17 novembre avant qu’il ne se rende à Paris ce 24 novembre à la tête d’une délé­ga­tion isé­roise.

 

Les voitures filtrées sur une des bretelles d'accès au Rondeau. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les voi­tures fil­trées sur une des bre­telles d’ac­cès au Rondeau. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Les “gilets jaunes” espèrent ainsi faire abou­tir leurs reven­di­ca­tions prin­ci­pales. À savoir que soient « revues à la baisse toutes les taxes » et que soit créée une « assem­blée citoyenne pour débattre des thèmes de la tran­si­tion éco­lo­gique, de la prise en compte de la voix des citoyens, de l’aug­men­ta­tion du pou­voir d’a­chat ou encore de la pré­ca­rité ».

 

 

« Savoir à qui s’adresser pour tous sujets relatifs au mouvement »

 

L’absence de repré­sen­ta­tion ou de porte-parole offi­ciels des “gilets jaunes” leur a été sou­vent opposé par le gou­ver­ne­ment qui refu­sait de les ren­con­trer. Ce que recon­naissent les citoyens en colère. « Depuis de nom­breux jours, une coor­di­na­tion natio­nale s’est construite avec plu­sieurs dizaines de Gilets jaunes de tous hori­zons. Celle-ci était ouverte à toutes celles et ceux qui sou­hai­taient s’investir pour une concré­ti­sa­tion des reven­di­ca­tions expri­mées par des mil­lions de Français », est-il expli­qué dans un com­mu­ni­qué publié ce lundi 26 novembre.

 

Rassemblement pacifique devant la préfecture de l'Isère du 23 novembre 2018. ©Joël Kermabon - Place Gre'net

Rassemblement paci­fique devant la pré­fec­ture de l’Isère, le 23 novembre 2018. ©Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Cette coor­di­na­tion, conti­nuent-ils d’ex­po­ser, a reçu de nom­breuses demandes de citoyens « récla­mant une struc­ture apo­li­tique leur per­met­tant d’identifier une seule source d’informations et récla­mant de savoir à qui s’adresser pour tous sujets rela­tifs au mou­ve­ment ».

 

Dont acte. Il a été tenu compte de ces obser­va­tions et, dès ce dimanche 15 novembre, une tren­taine de repré­sen­tants régio­naux se sont retrou­vés lors d’une vidéo­con­fé­rence afin d’é­lire les membres d’un groupe com­posé de huit com­mu­ni­cants*. Le rôle de ces der­niers ? Gérer les rela­tions – par­fois dif­fi­ciles – avec les médias, com­mu­ni­quer ou encore s’oc­cu­per des aspects juri­diques. Mais pas seule­ment…

 

 

« Les actions se poursuivront jusqu’à l’aboutissement d’une solution concrète »

 

Une délé­ga­tion va être for­mée en vue de « demande[r] au pré­sident de la République, au Premier ministre et à son gou­ver­ne­ment une pre­mière ren­contre », annonce aussi le com­mu­ni­qué des “gilets jaunes ». Qui pré­cise en outre : « La mis­sion de cette délé­ga­tion ne sera jamais de don­ner des ordres à l’ensemble des Gilets jaunes, ces per­sonnes ne sont pas des lea­ders ni des déci­sion­naires, mais des mes­sa­gers. » Pour les “gilets jaunes”, « les objec­tifs sont clairs », déclarent-ils.

 

Julien Terrier lors du rassemblement devant la préfecture de l'Isère ce 23 novembre. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Julien Terrier lors du ras­sem­ble­ment devant la pré­fec­ture de l’Isère ce 23 novembre. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Il s’a­git de por­ter les reven­di­ca­tions issues du son­dage acces­sible pen­dant plu­sieurs jours sur les groupes Facebook “La France en colère”  et ceux de nom­breux groupes régio­naux », sou­ligne le mou­ve­ment citoyen. Des reven­di­ca­tions éla­bo­rées à par­tir de celles les plus plé­bis­ci­tées lors de ce son­dage ren­sei­gné par près de 30 000 per­sonnes.

 

« L’unique volonté est que l’ensemble de ces pro­po­si­tions soient sou­mises à un réfé­ren­dum popu­laire », exigent les “gilets jaunes”. Avant de deman­der aux repré­sen­tants de L’État et du gou­ver­ne­ment d’être reçus « dans un délai rai­son­nable ». Les “gilets jaunes” ne relâchent pour autant pas la pres­sion. « À défaut de ren­contre ou de pro­po­si­tions sérieuses lors de cet éven­tuel échange, les actions se pour­sui­vront et se ren­for­ce­ront jusqu’à l’aboutissement d’une solu­tion concrète », pré­viennent-ils. D’ailleurs, d’ores et déjà, les opé­ra­tions conti­nuent, des actions étant pré­vues cette semaine devant la pré­fec­ture de l’Isère et l’Hôtel des impôts, tan­dis qu’une nou­velle mani­fes­ta­tion est pro­gram­mée pour ce samedi 1er décembre à Paris.

 

 

« Il n’y a pas de place pour la gloire dans un mouvement citoyen »

 

Par ailleurs, les gilets jaunes règlent quelques comptes en interne. « Aucune scis­sion de quelque nature est en cours, contrai­re­ment aux récentes décla­ra­tions de cer­tains indi­vi­dus ; les per­sonnes por­tant ce mes­sage devant les médias ont besoin d’extérioriser leur frus­tra­tion, mais il n’y a pas de place pour la gloire dans un mou­ve­ment citoyen », tance le com­mu­ni­qué.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Et de rap­pe­ler « que toutes formes de blo­cages com­plets et de vio­lences ne sont pas repré­sen­ta­tives du mou­ve­ment » et que les gilets jaunes « les condamnent fer­me­ment ». Enfin, ter­minent-ils, met­tant ainsi un peu d’eau dans leur vin, « nous saluons les médias et les jour­na­listes trai­tant ce mou­ve­ment avec objec­ti­vité et impar­tia­lité ; il est impor­tant de le recon­naître car ce n’est pas le cas de tous ».

 

Joël Kermabon

 

 

* Éric Drouet (à l’o­ri­gine de l’é­vé­ne­ment du 17 novembre) – Maxime Nicolle (Dpt 22) – Mathieu Blavier (Dpt 13) – Jason Herbert (Dpt 16) – Thomas Miralles (Dpt 66) – Marine Charrette-Labadie (Dpt 19) – Julien Terrier (Dpt 38) – Priscillia Ludosky (l’au­teure de la péti­tion contre la hausse des taxes sur les car­bu­rants ayant réuni près d’un mil­lion de signa­tures).

 

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Commentaires 2
  1. Un moyen de mani­fes­ter sans débor­de­ments par des cas­seurs et sans blo­cage des routes.

    La « voie balte » mise en oeuvre par les habi­tants des trois pays baltes en août 1989. Ils ont formé une chaîne humaine de 600 km de Tallinn, Estonie, à Vilnius, Lituanie, en pas­sant par Riga, Lettonie. Le résul­tat a été, peu de temps après, l’in­dé­pen­dance de ces trois pays.

    François Hyenne, ancien tra­duc­teur pour un orga­nisme euro­péen à Luxembourg.

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  2. A lire en com­plé­ment sur « isere-antifascisme.org » =

     » De l’ex­trême-droite infil­trée parmi les « gilets jaunes », à Paris, en Savoie, à Toulouse… (infos avec La Horde et d’autres)
    Bien sûr, nous ne repren­drons nul­le­ment à notre compte la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale, et en par­ti­cu­lier, celle de Castaner, ministre de l’Intérieur, qui vou­drait qu’on assi­mile pure­ment et sim­ple­ment les inquié­tudes et colères expri­mées autour des « gilets jaunes » à , selon les propres mots de Castaner, « un retour de la peste brune ».
    L’extrême-droite est cepen­dant belle et bien pré­sente, et nos infos ne reposent aucu­ne­ment sur les décla­ra­tions fan­tai­sistes des com­mu­ni­cants gou­ver­ne­men­taux et de l’Intérieur.
    Ces infos-là pro­viennent d’in­fos très pré­cises de réseaux de veilles anti­fas­cistes amis.
    Qu’on sou­tienne ce mou­ve­ment social de près ou avec plus de cri­tique, il faut à tous et toutes être très très vigi­lants, très obser­va­teurs, afin de détec­ter et contre­car­rer les infil­tra­tion phy­siques et idéo­lo­giques, réel­le­ment dan­ge­reuses, de l’ex­trême-droite.
    (.….….….…..)
    Mais voici aussi des appels à ampli­fier la colère et les reven­di­ca­tions, et tota­le­ment démar­qués des idées et infil­tra­tions de l’ex­trême-droite :
    (.…..)

    https://www.isere-antifascisme.org/de-l-extreme-droite-infiltree-parmi-les-gilets-jaunes-a-paris-en-savoie-a-toulouse-infos-avec-la-horde?fbclid=IwAR0VeuWoQOnTr-Nl4DVxutvCqYoDjMwVO6dLiUWw4btND0iKSELquP4p5gY

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