Conseil municipal du 24 septembre 2018 consacré notamment au rapport de la chambre régionale des comptes sur la ville de Grenoble. © Joël Kermabon

Au conseil muni­ci­pal de Grenoble, par­ler de “ces cons-là”, ça passe, mais de “poli­tique bêtasse”, ça casse !

Au conseil muni­ci­pal de Grenoble, par­ler de “ces cons-là”, ça passe, mais de “poli­tique bêtasse”, ça casse !

EN BREF – Chaude ambiance lors du der­nier conseil muni­ci­pal de Grenoble, lundi 24 sep­tembre… Le maire a demandé une sus­pen­sion de séance et des excuses à un oppo­sant qui avait accusé une élue de faire de la « poli­tique bêtasse ». Mais n’a pas bron­ché lorsqu’Élisa Martin, pre­mière adjointe à la tran­quillité publique de Grenoble, a traité de « cons » ces mêmes oppo­sants. Deux poids, deux mesures ?

Eric Piolle, Elisa Martin, au conseil municipal du 24 septembre 2018. © Joël Kermabon

Eric Piolle, Élisa Martin, au conseil muni­ci­pal du 24 sep­tembre 2018. © Joël Kermabon

L’ambiance était ten­due ce lundi 24 sep­tembre pen­dant le conseil muni­ci­pal de Grenoble. Au menu : les conclu­sions du rap­port de la chambre régio­nale des comptes sur la ges­tion de la Ville de 2011 à 2016 qui ont visi­ble­ment échauffé les esprits.

De fait, les magis­trats n’ont pas été tendres sur la manière dont les deux exé­cu­tifs concer­nés par l’au­dit (celui de Michel Destot puis d’Eric Piolle), ont tenu les cor­dons de la bourse. En réponse aux recom­man­da­tions de la Chambre, la majo­rité a pré­senté lors du conseil son plan d’ac­tions… aus­si­tôt cri­ti­qué par les oppo­si­tions. De son côté, la majo­rité a pas­sa­ble­ment agacé le groupe Ensemble à gauche, consti­tué de Bernardette Finot-Richard et Guy Tuscher, en igno­rant ouver­te­ment leurs questions.

L’expression « poli­tique bêtasse » pro­voque une sus­pen­sion de séance

La ten­sion est encore mon­tée d’un cran, lorsque Guy Tuscher s’est entendu assi­milé à Trump et à l’ex­trême droite par Maud Tavel, adjointe aux res­sources humaines et patri­moine. Exaspéré par ces accu­sa­tions, l’an­cien colis­tier de la majo­rité a alors accusé Maud Tavel de faire de la « poli­tique bêtasse ».

Au conseil municipal de Grenoble, un opposant qui parle de "politique bêtasse" doit s'excuser, pas Elisa Martin qui lance "ces cons-là" à l'opposition ?Guy Tucher, conseiller municipal d'opposition du groupe Ensemble à Gauche, lors du conseil municipal du 24 septembre 2018. © Séverine Cattiaux

Guy Tucher du groupe Ensemble à gauche. © Séverine Cattiaux

Une expres­sion peu sym­pa­thique, fami­lière certes, mais loin d’être inju­rieuse, étant entendu que « bêtasse » qua­li­fiait la « poli­tique » de la majorité.

Apparemment, les élus de la majo­rité ont, eux, com­pris – ou voulu com­prendre – que la qua­li­fi­ca­tif de « bêtasse » se rap­por­tait à la per­sonne de l’adjointe…

À croire que toutes les oreilles n’é­taient pas bran­chées sur le même canal, un membre du cabi­net de la majo­rité a pré­tendu, scan­da­lisé, avoir entendu l’ad­jec­tif « pétasse », autre­ment plus injurieux.

« Politique bêtasse », insulte sexiste ?

À l’é­coute de l’ex­trait, la confu­sion n’est guère pos­sible. Si tant est que le doute se soit immiscé chez cer­tains, il a vite été dis­sipé par Guy Tuscher. Ahuri devant la réac­tion qu’il avait pro­vo­quée, ce der­nier a répété ce qu’il avait dit, à savoir que c’é­tait bien la poli­tique qu’il avait qua­li­fié de bêtasse et non l’é­lue. Peine per­due : le maire Eric Piolle a demandé sur le champ une sus­pen­sion de séance.

Quelques ins­tants après la sus­pen­sion de séance, de retour dans le conseil, l’ad­jointe Maud Tavel a exigé des excuses de la part de l’op­po­sant. Yann Mongaburu, conseiller muni­ci­pal délé­gué Intercommunalité, y est allé de son cou­plet. Et d’ac­cu­ser l’op­po­sant d’Ensemble à gauche d’a­voir pro­féré « des pro­pos sexistes » à l’en­contre de sa consœur.

Intervention sin­cère… ou manœuvre pour jeter l’op­probre sur des oppo­sants poils à grat­ter, deve­nus très irri­tants ? D’aucuns pour­raient aussi voir dans cette épi­sode quelque peu monté en épingle une occa­sion pour la majo­rité de faire diver­sion et ne pas répondre aux ques­tions qui fâchent.

Le « ces cons-là » d’Élisa Martin passe comme une lettre à la poste

Force est de consta­ter qu’au sein du conseil muni­ci­pal de Grenoble, les insultes peuvent être, par ailleurs, par­fai­te­ment tolé­rées. Tout dépend de qui elles émanent… En effet, plus tard dans la soi­rée, au cours du conseil muni­ci­pal, Élisa Martin, pre­mière adjointe à la tran­quillité publique, a eu un mou­ve­ment d’hu­meur à l’en­contre du groupe Ensemble à gauche : « Qu’ils s’abs­tiennent, on s’en fout. Ils com­mencent à me gon­fler ces cons-là ! »

À sa décharge, l’in­jure n’a pas été pro­non­cée dans le micro, mais guère plus loin (voir la vidéo ci-des­sous à 1’15). Rompue à la prise de paroles, l’é­lue pou­vait-elle igno­rer que son micro était tou­jours ouvert ? Du reste, le “gros mot” a été par­fai­te­ment audible par tous.

Par contre, contrai­re­ment à l’é­pi­sode pré­cé­dent, l’ad­jointe n’a pas eu à s’ex­pli­quer devant qui que ce soit. Le maire de Grenoble n’a pas relevé et le conseil muni­ci­pal s’est pour­suivi comme si de rien n’é­tait. “Cons” ou “bétasse” : tous les noms d’oi­seaux ne se valent visi­ble­ment pas en conseil municipal…

Séverine Cattiaux

Séverine Cattiaux

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