Un nouveau réseau sécurisé d’eau potable pour Vif, Le Gua et Varces, suite à l’épisode de pollution de 2016

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EN BREF – Christophe Ferrari, le président de la Métropole, a officiellement inauguré le 13 septembre le nouveau réseau sécurisé d’eau potable du secteur de Vif, Le Gua et Varces. Le résultat de deux ans de travaux colossaux et très coûteux menés tambour battant suite à la pollution de l’eau qui a affecté ces villes en mars 2016. Avec désormais en prime une eau filtrée à 100 % naturellement et distribuée sans traitement.

 

 

Une eau 100 % naturelle et distribuée sans aucun traitement. © Grenoble-Alpes Métropole

Une eau 100 % natu­relle et dis­tri­buée sans aucun trai­te­ment. © Grenoble-Alpes Métropole

« Des enga­ge­ments avaient été pris par la Métropole devant les habi­tants concer­nés par la pol­lu­tion de la source de l’Échaillon, a rap­pelé le pré­sident de Grenoble-Alpes Métropole Christophe Ferrari. Conformément au calen­drier annoncé, ils sont aujourd’hui tenus », a sou­li­gné l’édile, le 13 sep­tembre der­nier, lors de l’inauguration* offi­cielle du nou­veau réseau sécu­risé d’eau potable du sec­teur de Vif, Le Gua et Varces-Allières-et-Risset.

 

 

La crise de pollution de l’eau en 2016 : un mal pour un bien ?

 

On se sou­vient de l’émotion pro­vo­quée par l’épi­sode de pol­lu­tion bac­té­rio­lo­gique et virale de la source de l’Échaillon pen­dant quatre jours, fin mars 2016. Une source qui ali­men­tait en eau potable 8 500 habi­tants, soit 90 % des habi­tants de Vif, 70 % du Gua et 25 habi­ta­tions de Varces-Allières-et-Risset. La crise sani­taire avait alors été gérée par l’Agence régio­nale de santé (ARS) et les com­munes tou­chées.

 

Nouveaux raccordements aux réseaux de distribution. © Grenoble-Alpes Métropole

Nouveaux rac­cor­de­ments aux réseaux de dis­tri­bu­tion. © Grenoble-Alpes Métropole

En mai 2016, les élus de la Métropole – qui venait tout juste de récu­pé­rer la com­pé­tence de la dis­tri­bu­tion de l’eau – ont voté la sécu­ri­sa­tion défi­ni­tive de l’accès à l’eau potable du sec­teur. Comment ? En le rac­cor­dant à une nou­velle res­source aqui­fère : la nappe allu­viale du Drac, située en plaine, à la dif­fé­rence de celle de l’Échaillon.

 

La Métropole se féli­cite ainsi d’a­voir donné accès aux habi­tants à une eau d’une qua­lité excep­tion­nelle. De fait, fil­trée par les allu­vions de la rivière, « elle est 100 % natu­relle et dis­tri­buée sans aucun trai­te­ment », tient-elle à sou­li­gner.

 

Le principe du nouveau forage et de la distribution de l'eau. © Grenoble-Alpes Métropole

Le prin­cipe du nou­veau forage et de la dis­tri­bu­tion de l’eau. © Grenoble-Alpes Métropole

« Le pro­jet aurait été dif­fi­ci­le­ment réa­li­sable sans la prise de com­pé­tence [eau potable et assai­nis­se­ment, ndlr] par la Métropole », recon­naît d’ailleurs la col­lec­ti­vité. Un inves­tis­se­ment de plus de 3,6 mil­lions d’euros** a en effet été néces­saire pour mener à son terme ce grand chan­tier.

 

 

40 000 heures de travaux

 

Le mon­tant des tra­vaux intègre le coût du forage d’un nou­veau puits de cap­tage de l’eau de 49 m de pro­fon­deur dans la réserve natu­relle régio­nale des Isles du Drac, à proxi­mité du site de Rochefort où sont déjà situés d’autres puits.

 

Chantier du passage sous la Gresse. © Grenoble-Alpes Métropole

Chantier du pas­sage sous la Gresse. © Grenoble-Alpes Métropole

Mais aussi, la réa­li­sa­tion de nou­veaux rac­cor­de­ments aux réseaux de dis­tri­bu­tion des zones concer­nées. Soit 5 km de cana­li­sa­tions sup­plé­men­taires.

 

Une tâche qui s’est avé­rée par­ti­cu­liè­re­ment périlleuse quand il a fallu faire pas­ser l’une des cana­li­sa­tions sous le lit de la rivière Gresse, l’un des affluents du Drac.

 

Le chan­tier com­prend éga­le­ment leur bran­che­ment aux sta­tions de pom­page dont quatre nou­velles ont été construites pour ache­mi­ner l’eau pui­sée du sous-sol vers les réser­voirs. Au total, le chan­tier aura néces­sité pas moins de 40 000 heures de tra­vaux.

 

 

En novembre 2018, 100 % des foyers seront raccordés

 

Rester le maître des hor­loges et livrer le chan­tier pour l’été 2018, l’objectif était non négo­ciable pour la Métropole, qui vou­lait prou­ver par là sa com­pé­tence dans la dis­tri­bu­tion de l’eau potable aux habi­tants. Afin de mener les dif­fé­rentes phases de chan­tier sans cou­pure, les ser­vices admi­nis­tra­tifs n’ont pas chômé pour obte­nir toutes les auto­ri­sa­tions néces­saires.

 

Forage du nouveau puits. © Grenoble-Alpes Métropole

Forage du nou­veau puits dans la réserve natu­relle régio­nale des Isles du Drac.  © Grenoble-Alpes Métropole

De fait, ce réseau a la par­ti­cu­la­rité de se situer à l’intérieur d’une réserve natu­relle. Il a donc fallu obte­nir l’a­val de l’agence régio­nale de santé (ARS), de la Direction dépar­te­men­tale des ter­ri­toires de l’Isère (DDT de l’Isère) et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, avec avis préa­lable du Conseil scien­ti­fique régio­nal du patri­moine natu­rel (CSRPN).

 

La der­nière étape ? La Métropole se charge, depuis la mi-juillet 2018, de rac­cor­der pro­gres­si­ve­ment les habi­tants au nou­veau réseau d’alimentation. « Une étape qui ne peut être que pro­gres­sive au regard de la ges­tion d’un réseau, qui doit prendre notam­ment en compte des forces gra­vi­ta­tion­nelles com­plexes et la néces­sité d’assurer la conti­nuité de l’alimentation », jus­ti­fie la Métropole. Au 13 sep­tembre, il res­tait encore à rac­cor­der 25 % des foyers du sec­teur concerné. Ce qui, assure-t-elle, sera chose faite dès la fin novembre.

 

Ne vous éton­nez pas si, en buvant de cette eau, vous lui trou­vez un petit goût chloré. L’eau dis­tri­buée fait en effet l’objet d’une chlo­ra­tion légère, « nor­male en phase de mise en ser­vice ». Une phase tem­po­raire avant « un arrêt pro­gres­sif pro­grammé d’ici la fin de l’année », tient à ras­su­rer la Métropole.

 

 

Véronique Magnin

 

 

 

* Les repré­sen­tants des deux prin­ci­paux par­te­naires tech­niques du pro­jet, à savoir Yannick Prebay, direc­teur Rhône-Alpes de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, et Laurent Perotin, direc­teur d’EDF Hydro Alpes étaient éga­le­ment pré­sents à cette inau­gu­ra­tion, aux côtés des maires des com­munes concer­nées, res­pec­ti­ve­ment Guy Genet, Christophe Mayoussier et Jean-Luc Corbet.

 

** dont 501 000 euros de sub­ven­tion de Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et 35 000 euros d’EDF pour le puits, le reste étant financé par la Métropole.

 

 

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