Grenoble Pride Festival © Joël Kermabon - Place Gre'net

Grenoble Fiertés change de bra­quet avec la Grenoble Pride Festival pour mobi­li­ser au-delà du public LGBTQI

Grenoble Fiertés change de bra­quet avec la Grenoble Pride Festival pour mobi­li­ser au-delà du public LGBTQI

FOCUS – L’association Grenoble Fiertés orga­nise quinze jours d’é­vé­ne­ments pour pro­mou­voir la diver­sité et la tolé­rance envers la com­mu­nauté LGBTQI. Autrefois Semaine des fier­tés, l’é­vé­ne­ment s’ap­pelle désor­mais Grenoble Pride Festival et a adopté une orga­ni­sa­tion nouvelle.

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Exit la Semaine des fier­tés. Place au Grenoble Pride Festival. Forte du suc­cès des trois pre­mières édi­tions (2015, 2016 et 2017), l’as­so­cia­tion Grenoble Fiertés a entre­pris de trans­for­mer de fond en comble la pro­gram­ma­tion et la mise en scène de cet évé­ne­ment des­tiné à la sen­si­bi­li­sa­tion aux com­bats de la com­mu­nauté LGBTQI (les­biennes, gays, bisexuels, trans­genres, queers et inter­sexes) et à la pro­mo­tion de la tolé­rance et de la diversité.

Jusque-là limité à une semaine, le Grenoble Pride Festival est deux fois plus long cette année. Il s’est ouvert le 26 mai par la Marche des fier­tés et se conclura le 9 juin par une soi­rée queer héber­gée dans la salle de concert L’Ampérage.

« L’affluence a dépassé nos attentes cette année »

L’objectif de ces mou­ve­ments ? Selon Léo Gattelier, pré­sident de Grenoble Fiertés, il s’a­git de « don­ner plus de visi­bi­lité aux évé­ne­ments du fes­ti­val », « d’en­vi­sa­ger un rayon­ne­ment régio­nal, et notam­ment alpin, en fai­sant par­ti­ci­per des artistes et mili­tants de Lyon, Annecy ou Genève » et, enfin, de « faire écho au mou­ve­ment inter­na­tio­nal des Prides » par l’u­ti­li­sa­tion de son vocabulaire.

L'association Grenoble Fiertés organise 15 jours d'événements avec la Grenoble Pride Festival, pour promouvoir la tolérance envers les LGBTQI. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Dans le cor­tège de la Grenoble Pride Festival 2018. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Manifestation de clô­ture des édi­tions pré­cé­dentes, la Marche des fier­tés qui s’est dérou­lée samedi a consti­tué un véri­table suc­cès pour les orga­ni­sa­teurs. « L’affluence a dépassé nos attentes cette année, avec deux mille per­sonnes contre mille sept cents selon nos pré­vi­sions les plus opti­mistes », se féli­cite Léo Gattelier. Le défilé s’est déroulé dans une ambiance joyeuse et fes­tive, mal­gré quelques débor­de­ments (voir encadré).

Permanences, expo­si­tions, lectures…

Pendant ces quinze jours, comme toute l’an­née, des mili­tants du centre LGBTQI de Grenoble et de l’as­so­cia­tion Rita (Ressort Intersexes et Trans de Grenoble) tiennent des per­ma­nences. Jeudi 7 juin, il s’a­gira d’ac­cueillir et de sou­te­nir des étran­gers per­sé­cu­tés dans leur pays en rai­son de leur orien­ta­tion sexuelle et venus cher­cher refuge en France. Or plu­sieurs asso­cia­tions accusent la loi asile et immi­gra­tion, votée à l’Assemblée natio­nale fin avril, de mettre leur vie en danger.

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Dans un registre plus léger, les orga­ni­sa­teurs du Grenoble Pride Festival ont aussi prévu moult évé­ne­ments didac­tiques ou ludiques autour de la ques­tion LGBTQI. Au bar La Bobine, une expo­si­tion de « natures vivantes » colo­rées inter­roge les sym­boles liées à l’i­den­tité de genre.

Le 31 mai, deux femmes liront à voix haute la cor­res­pon­dance entre deux hommes au sein de l’an­cienne mai­son Félix Viallet. L’œuvre, coécrite par Arthur Dreyfus et Dominique Fernandez, est une réflexion sur la place de l’ho­mo­sexua­lité dans notre société.

Ouverture au-delà du public LGBTQI

Pour les orga­ni­sa­teurs, le but est aussi d’é­lar­gir leur audience, de tou­cher un public moins sen­si­bi­lisé aux thèmes LGBTQI. C’est en ce sens qu’a été pen­sée la pro­gram­ma­tion du Grenoble Pride Festival. « En géné­ral, le public est encore majo­ri­tai­re­ment com­posé de per­sonnes LGBTQI, explique Léo Gattelier, mais nous pré­voyons des évé­ne­ments dans des lieux accueillant d’autres publics, comme La Bobine, La Basse-Cour ou encore La Passoire. Cela a pour objec­tif de sen­si­bi­li­ser le grand public à nos cultures. »

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Alors que le Parlement doit adop­ter une loi de révi­sion bioé­thique d’ici la fin de l’an­née, Grenoble Pride Festival se veut aussi un espace émi­nem­ment poli­tique. Au-delà de la dénon­cia­tion de l’ho­mo­pho­bie et la trans­pho­bie, les orga­ni­sa­teurs espèrent obte­nir plu­sieurs avan­cées pour la recon­nais­sance des droits des membres de la com­mu­nauté LGBTQI.

Accès à la pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tée (PMA) pour toutes les femmes, sim­pli­fi­ca­tion du chan­ge­ment d’é­tat civil pour les per­sonnes trans­genre, arrêt des muti­la­tions des per­sonnes inter­sexes sans néces­sité médi­cale, ouver­ture du don du sang aux hommes gays aux mêmes condi­tions qu’aux hété­ro­sexuels… sont autant de leurs reven­di­ca­tions. Seront-elles enten­dues ? « Au vu des pre­mières actions d’Emmanuel Macron, l’es­poir demeure mince, comme tou­jours », lâche Léo Gattelier, amer.

Samuel Ravier

Le pro­gramme com­plet dense et riche est dis­po­nible sur le site web de l’é­vé­ne­ment.

Retour sur les inci­dents lors de la Marche des Fiertés

Aux abords du char et du bar La Vocalise, un inci­dent est venu trou­bler l’at­mo­sphère bon enfant de la Marche des fier­tés ce samedi 26 mai. Selon nos infor­ma­tions, la ten­sion est mon­tée lorsque le grand écran, qui dif­fu­sait des images des gay prides du monde entier, a retrans­mis celles du défilé à Tel-Aviv, en Israël.

Des membres du groupe « Trans” pédés gouines contre le pink­wa­shing et en soli­da­rité avec la Palestine » auraient alors tenté de débran­cher le dis­po­si­tif, au grand dam du pro­prié­taire du char, inquiet pour son maté­riel coû­teux. S’en sont sui­vis des heurts et des vio­lences, jus­qu’à ce que la police inter­vienne, comme on peut le voir dans cette vidéo tour­née par notre jour­na­liste sur place.


Reportage : Joël Kermabon

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