STMicro : la CGT dénonce un manque de transparence sur le projet de restructuration, et l'annonce de la suppression de mille emplois en France

La CGT s’inquiète pour la sécurité du site Seveso de STMicroelectronics, à Crolles

La CGT s’inquiète pour la sécurité du site Seveso de STMicroelectronics, à Crolles

FOCUS – Le syndicat CGT de l’entreprise STMicroelectronics à Crolles s’inquiète des risques liés aux ordonnances Macron de septembre 2017 qui fusionnent notamment les instances représentatives du personnel. Le syndicat a organisé, le 26 avril dernier, une réunion publique pour informer les riverains des dangers liés à la disparition des comités hygiène-sécurité et conditions de travail dans cette usine Seveso à seuil haut. Mais les questions demeurent…

 

 

Y aura-t-il un risque à travailler sur le site de STMicroelectronics à Crolles et à vivre dans les environs ? C’est ce que redoutent les syndicalistes CGT de l’usine suite à la fusion des instances représentatives du personnel, en application de l’ordonnance Macron du 22 septembre 2017.

 

Toutes ces instances vont en effet fusionner en un unique Comité social et économique (CSE) dans les entreprises d’au moins onze salariés. Exit les délégués du personnel, les comités d’entreprise et les comités hygiène-sécurité et conditions de travail (CHSCT).

 

Usine_STMicroelectronics_Crolles. © Artechnic

Usine de STMicroelectronics à Crolles. © Artechnic

 

Plus de 4 000 personnes travaillent sur le site de Crolles, réparties dans deux établissements : la SA STMicroelectronics et la SAS ST Crolles. Elles disposent actuellement de 120 élus dans les instances représentatives du personnel et de deux CHSCT totalisant 24 membres élus, indique la CGT. Or d’après le syndicat, non seulement ces comités sont voués à disparaître avec l’application des ordonnances Macron, mais la direction aurait décidé « de réunir les deux entreprises sur le plan social, et de créer donc un seul CSE ».

 

 

Vers la réduction du « travail et d’enquête des élu-e-s du personnel » ?

 

S’ensuivraient une baisse drastique du nombre de représentants du personnel. Pire encore, selon la CGT, « avec ces ordonnances, le CHSCT [composé de 24 membres, ndlr] va disparaître et sera remplacé par une CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail), composé a priori de 3 élu-e-s du CSE ». Et le syndicat d’enfoncer le clou : « Ce projet nous alarme vis-à-vis du traitement des informations et du respect des législations liées aux risques potentiels de notre site classé Seveso seuil haut [à forts risques technologiques, ndlr]. »

 

Salarié en tenue de STMicroelectronics devant un ordinateur. © Artechnic

Salarié de STMicroelectronics en tenue devant un ordinateur. © Artechnic

La CGT craint ainsi que cette réforme réduise « très fortement les possibilités de travail et d’enquête des élu-e-s du personnel« . Des élus qui seraient aujourd’hui « les seul-e-s garant-e-s d’une expertise indépendante de la direction et des intérêts de l’entreprise ».

 

En effet, l’actuel CHSCT peut être saisi par les délégués du personnel et l’employeur. Il doit même être obligatoirement saisi en cas de décisions modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail. Sur décision des membres du comité, un expert peut en outre intervenir pour apporter son avis.

 

Le syndicat espère compenser cette baisse du nombre d’élus dans les instances représentatives du personnel par la hausse du nombre d’heures effectuées par chacun d’eux. Il réclame ainsi 1 434 heures pour un total de 94 élus, alors qu’aujourd’hui, les 120 élus effectuent 1 254 heures au total au sein des comités.

 

 

La crainte d’une « simple commission… sans personnalité morale et juridique propre »

 

Déjà sollicitée par la CGT en 2017, la députée PS de l’Isère Marie-Noëlle Battistel avait annoncé, dans une lettre au syndicat de l’entreprise, rester « sceptique sur les effets de cette remise en cause de la représentativité du personnel sur le marché de l’emploi ».

 

La député PS Marie-Noëlle Battistel

La député PS Marie-Noëlle Battistel – DR

Elle avait, par ailleurs, fait part de ses craintes que les CHSCT soient réduits « à une simple commission du comité social et économique, sans personnalité morale et juridique propre ».

 

Au sein de l’entreprise, combien y aura-t-il finalement d’élus en moins suite à cette fusion ? Quelle reconversion possible ? Quels sont les avantages et inconvénients d’un tel aménagement ?

 

La direction n’a pas donné suite à nos questions. Elle nous a tout de même fait savoir que la « négociation est en cours avec pour objectif une relation sociale renouvelée pour plus d’efficacité et de satisfaction de l’ensemble des acteurs de la relation sociale ainsi que des salariés. »

 

Édouard Merlo

 

 

 

La CSSCT, instance additionnelle du CSE

 

Instance additionnelle du CSE, la CSSCT concerne les entreprises d’au moins 300 salariés, les établissements comprenant une installation nucléaire ou encore les sites Seveso. Il devrait donc y avoir, au sein du site de Crolles, cette commission additionnelle santé-sécurité, en plus d’un CSE.

 

Présidée par l’employeur, la CSSCT exerce tout ou partie des attributions en matière d’hygiène et de sécurité que lui délègue le CSE. Seul ce dernier rend en revanche un avis et peut désigner un expert. Un accord d’entreprise déterminera le nombre des membres de la CSSCT, au minimum de trois représentants du personnel.

 

Intérieur de l'usine STMicroelectronics. © Artechnic

Intérieur de l’usine STMicroelectronics. © Artechnic

 

 

 

Gardez un œil sur l'actu ! 👋

Les récap‘ actu de la grande région grenobloise deux fois par semaine. 👉
Gratuit et sans engagement !

Vous pouvez vous désinscrire à tout instant d'un simple clic.

EM

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi sur Place Gre'net

En course pour 2027, Delphine Batho à la rencontre du groupe grenoblois Génération Écologie... et des élus de montagne
En course pour 2027, Delphine Batho à la rencontre du groupe grenoblois Génération Écologie… et des élus de montagne

FOCUS - Delphine Batho, présidente de Génération Écologie et candidate déclarée à l'élection présidentielle, était présente à Grenoble pour rencontrer des élus de montagne, ainsi Lire plus

Quel avenir pour la Caserne de Bonne à Grenoble, en difficulté moins de vingt ans après son ouverture ?
Quel avenir pour la Caserne de Bonne à Grenoble, en difficulté seize ans après son ouverture ?

FOCUS - La Caserne de Bonne est en route vers une redéfinition de son offre et un renouvellement de son agencement à l'horizon 2028. C'est Lire plus

Réconcilier Grenoble appelle le Parquet national financier à se saisir de l'affaire de concussion présumée impliquant Éric Piolle et Élisa Martin
Dossier Piolle-Martin en déshérence à Valence : le parquet national financier appelé à se saisir de l’affaire

FOCUS - Alors que le parquet de Valence indique ne pas avoir inscrit le dossier concernant le délit présumé de concussion impliquant Éric Piolle et Lire plus

La FNE Isère annonce agir en justice... en soutien à la préfecture de l'Isère contre le projet de parc éolien de Chambaran
Projet de parc éolien de Chambaran : FNE Isère annonce agir en justice… en soutien à la préfecture de l’Isère

FLASH INFO - La préfecture de l'Isère avait retoqué, fin 2025, le projet de parc éolien de Chambaran porté par EDF Power Solutions. Une décision Lire plus

Baignade proscrite dans de nombreux lacs naturels. Avec la surfréquentation touristique, les comportement inappropriés pèsent lourd sur les milieux naturels. Image par Petra de Pixabay
Baignade dans l’Isère à Grenoble : après un deuxième report, l’opposition de droite réclame l’abandon du projet

EN BREF - Prévue samedi 12 septembre 2026 après un premier report fin août, la baignade expérimentale dans l’Isère est de nouveau reportée à Grenoble Lire plus

Les militants de STopMicro ont installé une guirlande composée de 160 bouteilles devant la préfecture de l'Isère. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Grenoble : en pleine sécheresse, le collectif STopMicro remet la consommation d’eau de STMicroelectronics au cœur du débat

REPORTAGE - Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées jeudi 10 septembre 2026 à 18 heures devant la préfecture de l’Isère, place de Verdun Lire plus

Flash Info

|

15/09

16h14

|

|

14/09

23h32

|

|

08/09

15h50

|

|

03/09

23h54

|

|

03/09

23h26

|

|

31/08

17h25

|

|

28/08

13h09

|

|

27/08

16h09

|

|

26/08

23h34

|

|

26/08

17h35

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : La Villeneuve, un quartier défavorisé très convoité politiquement

Politique| Délit présumé de concussion impliquant Éric Piolle et Élisa Martin : le parquet de Valence indique… ne pas avoir enregistré la procédure

Société| « Sans consommateur, il n’y a pas de trafic » : à Grenoble, la loi Ripost cible aussi les usagers de stupéfiants

Agenda

Je partage !