Si l'assemblée générale a voté la fin des blocages sur le campus de Grenoble, les syndicats étudiants comptent bien continuer à manifester en dehors.

Fin des blo­cages sur le cam­pus gre­no­blois… mais la mobi­li­sa­tion continue

Fin des blo­cages sur le cam­pus gre­no­blois… mais la mobi­li­sa­tion continue

FIL INFO – Après plu­sieurs semaines de blo­cages ou d’oc­cu­pa­tions de bâti­ments, le mou­ve­ment étu­diant opposé au Plan uni­ver­sité du gou­ver­ne­ment a voté sa propre fin sur le cam­pus lors d’une assem­blée géné­rale le mer­credi 23 mai. Mais les syn­di­cats comptent bien conti­nuer à mener des actions ou par­ti­ci­per à des mou­ve­ments. À com­men­cer, ce samedi 26 mai, par la Marée popu­laire et la Marche des fiertés.

Le mou­ve­ment étu­diant qui s’est lar­ge­ment exprimé sur le cam­pus de Saint-Martin-d’Hères durant plu­sieurs semaines est-il ter­miné ? Mercredi 23 mai, une der­nière assem­blée géné­rale a en tout cas voté la fin des blo­cages de bâti­ments. Un vote assez natu­rel, à pré­sent que la plu­part des par­tiels sont ter­mi­nés et que l’an­née sco­laire touche à sa fin.

Trois mani­fes­ta­tions dans les jours qui viennent

« Ce n’est pas que le mou­ve­ment n’existe plus, c’est qu’il part du cam­pus », rela­ti­vise Jean-Loup de Saint-Phalle, du syn­di­cat Solidaires étu­diants. Les mili­tants comptent en effet bien se mobi­li­ser, et ce dès le samedi 26 mai en par­ti­ci­pant à la Marée popu­laire, mou­ve­ment de mani­fes­ta­tion natio­nale dont la décli­nai­son gre­no­bloise pren­dra son départ à 10 heures place de la gare.

Les étudiants s'étaient joints à la manifestation de défense du service public du 22 mai 2018 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Des étu­diants s’é­taient joints à la mani­fes­ta­tion de défense du ser­vice public du 22 mai 2018 © Florent Mathieu – Place Gre’net

Solidaires étu­diants compte ensuite enchaî­ner avec la Marche des fier­tés, à par­tir de 14 h 30 depuis le parc Paul-Mistral. Le rap­port avec la mobi­li­sa­tion étu­diante ? « La fusion du régime des APL et des bourses menacent les gens les moins sou­te­nus par leurs parents, et les jeunes gens homo­sexuels en conflit avec leurs parents arrivent en tête », explique Jean-Loup de Saint-Phalle.

La mobi­li­sa­tion n’est pas ter­mi­née puisque le 31 mai les syn­di­cats étu­diants et lycées se réuni­ront devant le rec­to­rat de Grenoble pour une assem­blée géné­rale, en com­pa­gnie espèrent-ils de pro­fes­seurs. Objectif ? Rencontrer les lycéens et leur expli­quer tout le mal que les syn­di­cats étu­diants pensent du dis­po­si­tif Parcoursup. Quant au retour du mou­ve­ment sur le cam­pus, il est tou­jours prévu pour le 1er octobre, à l’oc­ca­sion d’une assem­blée géné­rale de rentrée.

Le Centre de langues vivantes déblo­qué… mais dégradé

Pour l’heure, le der­nier bâti­ment occupé a été éva­cué. En l’oc­cur­rence, le Centre de langues vivantes (CLV), qui a tenu lieu de quar­tier géné­ral durant la mobi­li­sa­tion étu­diante. Les ser­vices de l’UGA ont décou­vert un local aux murs inté­gra­le­ment tagués et dont la salle infor­ma­tique a été soi­gneu­se­ment van­da­li­sée, ainsi que l’at­teste une vidéo tour­née par nos confrères du Dauphiné libéré et plu­sieurs pho­to­gra­phies cir­cu­lant sur les réseaux sociaux.

Le Centre de langues vivantes tagué après occupation. Photo prélevée sur les réseaux sociaux

Le Centre de langues vivantes tagué après occu­pa­tion. Photo pré­le­vée sur les réseaux sociaux

Des dégra­da­tions que Solidaires étu­diants ne cau­tionnent pas, tout en refu­sant de condam­ner leurs auteurs. « Nous ne sommes pas per­sua­dés que ça soit une bonne stra­té­gie de dégra­der les bâti­ments qu’on occupe. Ces tags ne sont pas du fait de l’as­sem­blée géné­rale, ce sont des per­sonnes qui ont pris indi­vi­duel­le­ment cette ini­tia­tive. Mais je n’ai pas envie de me déso­li­da­ri­ser de per­sonnes qui risquent beau­coup », com­mente Jean-Loup de Saint-Phalle.

Une ten­ta­tive de diver­sion de l’UGA ?

Et le syn­di­ca­liste de pous­ser un coup de gueule : « Ce qui nous énerve, c’est que Patrick Lévy [le pré­sident de l’Université Grenoble Alpes, ndlr] ne parle que de ça ! ». Or pour Solidaires étu­diants, le pro­blème ne réside pas dans les dégra­da­tions, mais dans la poli­tique de l’UGA et dans l’at­ti­tude de son pré­sident. Et de citer le refus d’a­mé­na­ger les par­tiels, de dis­cu­ter avec les assem­blées géné­rales ou « une impli­ca­tion dans le Parcoursup un peu trop obéis­sante ».

Une assemblée générale sur le campus de Grenoble © Léa Raymond - Place Gre'net

Une assem­blée géné­rale sur le cam­pus de Grenoble © Léa Raymond – Place Gre’net

Et Jean-Loup de Saint-Phalle de conclure : « Le but de l’as­sem­blée géné­rale, c’est de dis­cu­ter de la loi Ore [Orientation et réus­site des étu­diants, ndlr], pas de la déco­ra­tion et du patri­moine de l’Université ! » Tandis que Joris Benelle, direc­teur géné­ral des ser­vices de l’UGA, chiffre le mon­tant des dégra­da­tions à plus d’un mil­lion d’eu­ros, et pré­voit une ouver­ture com­pli­quée pour la ren­trée de septembre.

FM

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Florent Mathieu

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