Un projet d’éoliennes dans le Vercors met en péril un couloir migratoire unique en France

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FIL INFO – Le plateau du Vercors, notamment sa partie drômoise, intéresse de plus en plus les industriels de l’éolien. Un projet au col de la Bataille hérisse particulièrement les habitants et la Ligue de protection des oiseaux. Car le secteur est un couloir migratoire unique en France.

 

 

Plusieurs projets d’éolien fleurissent sur la plateau du Vercors © Patricia Cerinsek

Alors que les projets d’éolien fleurissent sur plateau du Vercors, l’un d’eux cristallise les mécontentements des habitants du coin, à Léoncel dans la Drôme, à deux pas du col de la Bataille.

 

Dans une pétition adressée au préfet de la Drôme et au maire de la commune, les quatre mille signataires sont “vent debout” contre le projet du groupe RES. Celui-ci vise en effet à installer six à dix éoliennes « dans un espace naturel aussi sensible que cette forêt authentique de Léoncel qui héberge de nombreuses espèces animales et végétales », soulignent-ils.

 

Et ils ne sont pas les seuls à le dire. La Ligue de protection des oiseaux de la Drôme est tout aussi remontée contre le projet. Car le col de la Bataille est un des plus hauts lieux de la biodiversité dans la Drôme. Un couloir de migration majeur pour de nombreuses espèces, notamment pour les chauve-souris et les oiseaux.

 

 

Quatre cents minioptères de Schreibers au col de la Bataille

 

En plus des deux couples d’aigles royaux, la LPO a en 2017 dénombré quatre cents minioptères de Schreibers au col de la Bataille. Le secteur est d’ailleurs le seul suivi au niveau national par les spécialistes des chauves-souris. « Ce chiroptère est l’un des plus vulnérables parmi les 28 espèces de chauve-souris identifiées par la LPO Drôme sur le secteur, souligne l’association. Il est aussi très sensible à l’éolien car il se déplace beaucoup et chasse en altitude. »

 

Le col de la Bataille sur le plateau du Vercors est un des hauts lieux migratoires pour les oiseaux et les chauve-souris. La LPO de la Drôme y a dénombré quatre cent minioptères de Schreibers

Le col de la Bataille sur le plateau du Vercors est un des hauts lieux migratoires pour les oiseaux et les chauve-souris. La LPO de la Drôme y a dénombré quatre cent minioptères de Schreibers © Yohann Peyrard

 

Et il y a aussi les hirondelles qui passent dans le coin : 125 000 individus dénombrés en 2014. « Ce projet met donc en péril à la fois de nombreuses espèces menacées mais aussi un couloir migratoire unique en France, souligne la LPO. Il est en effet essentiel de comprendre que, dans certaines situations, l’éolien peut présenter des menaces majeures pour la biodiversité. »

 

L’association demande au groupe RES d’abandonner son projet sur ce secteur et à l’État de prendre en main la concertation territoriale. Plusieurs opérateurs privés ont en effet déjà démarché les maires du plateau du Vercors, notamment dans la partie drômoise, pour installer des mats sur leur commune.

 

PC

 

 

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Commentaires 1
  1. Quand prendra fin cette escroquerie au niveau mondial?? Elle enrichit certains, ne donne quasi pas d’énergie, tue animaux et humains… pollue par la nécessité de leur adjoindre des centrales polluantes 100% du temps (le vent ne souffle pas toujours, n’est pas assez puissant… les centrales doivent être disponibles en permanence).
    On se moque du monde et le monde applaudit, c’est « vert »!!!

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