La proposition d'Olivier Véran (LRM) d'une prime pour les hôpitaux réorientant les patients des urgences a suscité un tollé sur les bancs de l'opposition.

Le député isé­rois Olivier Véran relance le débat sur la réforme du nume­rus clausus

Le député isé­rois Olivier Véran relance le débat sur la réforme du nume­rus clausus

Alors que le gou­ver­ne­ment a lancé, fin 2017, un plan de lutte contre les déserts médi­caux, le député LREM de l’Isère Olivier Véran remet sur le tapis la ques­tion de la réforme du nume­rus clau­sus. C’était une pro­messe de cam­pagne d’Emmanuel Macron que tout le monde, ou presque, avait fini par oublier.

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le sujet de la réforme du numerus clausus vient d'être remis sur le tapis par Olivier Véran mais cela suffira-t-il ?Le député de l'Isère Olivier Véran à l'Assemblée nationale

Le député de l’Isère Olivier Véran à l’Assemblée natio­nale © DR

Olivier Véran remet sur la table la ques­tion de la réforme du numé­rus clau­sus, sys­tème limi­tant actuel­le­ment le nombre d’étudiants en méde­cine pou­vant être admis en deuxième année et, donc, le nombre de méde­cins formés.

Une pro­messe de cam­pagne d’Emmanuel Macron que beau­coup avaient oubliée mais en faveur de laquelle le député mar­cheur pour­rait dépo­ser une pro­po­si­tion de loi. Avec pour objec­tif, sa sup­pres­sion. C’est ce qu’il a fait savoir dans les colonnes du Figaro. Pour Olivier Véran, le numé­rus clau­sus ne doit plus être un pla­fond mais un plancher.

L’arrêté fixant le nume­rus clau­sus pour 2018 publié le 29 décembre der­nier accorde en effet 8 205 places à près de 60 000 étu­diants. C’est peu, trop peu pour le député : « Aujourd’hui, on adapte l’offre de soins à la capa­cité de for­ma­tion », estime-t-il.

« Plus d’un quart des nou­veaux ins­crits à l’Ordre ont obtenu leur diplôme à l’étranger »

« Le nume­rus clau­sus n’est qu’un ins­tru­ment qui empêche les jeunes Français de faire méde­cine en France », pointe le neu­ro­logue, éga­le­ment rap­por­teur géné­ral de la com­mis­sion des affaires sociales à l’Assemblée nationale.

« Aujourd’hui, plus d’un quart des nou­veaux ins­crits à l’Ordre ont obtenu leur diplôme à l’étranger. On écarte pré­co­ce­ment des étu­diants brillants qui auraient fait d’excellents méde­cins pour finir par en rete­nir, voire cher­cher, d’autres dont la for­ma­tion est inégale. »

Visite d'Agnès Buzyn à Biopolis 9 juin 2017 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Visite d’Agnès Buzyn à Biopolis 9 juin 2017 © Florent Mathieu – Place Gre’net

Lever le numé­rus clau­sus, solu­tion miracle à la déser­ti­fi­ca­tion médi­cale ? Tout le monde n’en est pas convaincu. Pour l’asso­cia­tion natio­nale des étu­diants en méde­cine de France, la hausse du nombre d’étudiants n’est pas à elle seule une solu­tion effi­cace alors que facul­tés et stages sont déjà sur­char­gés. Cela ne semble pas non plus la voie prô­née par Agnès Buzyn.

Le plan de lutte contre les déserts médi­caux entend d’a­bord inci­ter les méde­cins à s’ins­tal­ler dans les zones dites peu attrac­tives, sou­vent rurales. Déjà intro­duites par la der­nière conven­tion médi­cale, des aides d’un mon­tant de 50 000 euros par méde­cin sur trois ans sont confir­mées, mais avec un nou­veau « zonage ». Cumul emploi-retraite, aide à l’ac­ti­vité en zone déser­tée, créa­tion de postes d’as­sis­tants par­ta­gés font par­tie des mesures cen­sées pal­lier le manque de méde­cins dans cer­taines zones.

Il faut au moins dix ans pour for­mer des médecins…

Est-il trop tard pour lever le numé­rus clau­sus ? Si les méde­cins géné­ra­listes sont de moins en moins nom­breux – ten­dance à la baisse qui devrait se pour­suivre au moins jus­qu’en 2025 – il fau­dra comp­ter au moins dix ans pour for­mer de nou­veaux professionnels…

En Europe, seules la France, la Belgique et le Portugal ont encore recours au nume­rus clau­sus. Dans l’Hexagone, il avait été mis en place en 1971 pour notam­ment que le nombre d’é­tu­diants ne dépasse pas les capa­ci­tés des éta­blis­se­ments d’enseignement.

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Patricia Cerinsek

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