L’incendie de la gendarmerie de Meylan revendiqué par un groupe de « meufs »

sep article

Nouvelles formations au centre de formation des Charmilles pour la rentrée 2020

Un groupe anonyme composé de personnes auto-déclarées « meufs » revendique l’incendie de la caserne de gendarmerie de Meylan. Dans la nuit du 25 au 26 octobre, plusieurs véhicules personnels de militaires avaient en effet été détruits par les flammes, sans qu’aucune victime ne soit à déplorer.

 

 

Un « empowerment de praxis ». À savoir, une “autonomisation des actions”. C’est avec ce titre qu’un groupe anonyme de « meufs » revendique l’incendie volontaire de la gendarmerie de Meylan, survenu dans la nuit du 25 au 26 octobre. Publié sur le blog Attaque, le texte inscrit l’acte criminel dans le cadre… de la lutte contre le sexisme et le genre.

 

« Nous ne voulons pas rester dans la position de victimes dans laquelle la société voudrait nous placer en nous reconnaissant comme meufs », revendique le groupe en question. Qui refuse le « besoin de figures fortes » pour sortir les femmes de ce statut de victime, « de médecins pour [les] soigner, d’hommes pour [les] épauler, d’enfants pour [les] épanouir, de flics pour [les] protéger ».

 

 

Un incendie motivé par la « revanche » contre le découragement

 

 

Quel rapport avec l’incendie d’une gendarmerie ? Une « envie de revanche », écrivent les auteurs de la missive. « On prépare nos revanches pour toutes les fois ou l’on s’est découragées en se persuadant que l’on était pas capables, qu’on avait pas les compétences, pas la force, pas les moyens, pour désamorcer cette logique qui nous fait repousser à toujours plus tard le moment d’exprimer nos colères et nos désirs. »

 

Une semaine après l'incendie de la gendarmerie de Meylan, un blog publie un texte de revendication au nom... de la lutte contre le sexisme et le genre.La façade des habitations de la caserne ont été noircies par les flammes, sans faire de victimes. © France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

La façade des habitations de la caserne ont été noircies par les flammes. © France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

 

Une missive qui indique encore avoir pris sciemment pour cibles les véhicules personnelles des « flics »* : « On avait envie de s’attaquer plutôt aux individus qui portent les uniformes qu’à leur fonction, plutôt à leurs biens personnels qu’à leurs outils de travail. […] Si derrière l’uniforme il y a un humain, c’est à lui que nous avons cherché à nuire. »

 

 

Une narration sur le mode de l’aventure

 

 

Éric Piolle visitant la gendarmerie de Grenoble, au lendemain de l'incendie criminel l'ayant également touchée au mois de septembre. DR

Éric Piolle visitant la gendarmerie de Grenoble, au lendemain de l’incendie criminel l’ayant également touchée au mois de septembre. DR

Par la suite, le texte décrit le mode d’action de l’incendie avec quelques détails pratiques et à travers une mise en scène insistant volontiers sur le champ lexical de l’aventure entre amies.

 

« Un dernier sourire et un câlin », « un éclat de rire », « on se sentait légères, fortes, soudées »… Autant d’éléments narratifs qui débouchent sur l’affirmation d’un fantasme de toute-puissance que les « meufs » auto-déclarées n’entendent pas se laisser ôter, mais comptent bien au contraire « faire grandir ».

 

Enfin, la lettre se termine sur une dédicace aux « deux personnes incarcérées de l’affaire de la voiture de flics brûlée » et « aux inculpé.es de Scripta Manent »**. Sans oublier bien sûr, en post-scriptum, d’évoquer les « journaflics » en renvoyant vers le traitement médiatique de cette « magnifique attaque ».

 

FM

 

  • * Pour rappel, le terme argotique “flic” désigne usuellement les policiers, et non les gendarmes.
  • ** Du nom d’une opération menée par la police italienne contre des groupuscules anarchistes.
commentez lire les commentaires
3030 visites | 2 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 2
  1. ce qui est atterrant si c’est vrai c’est que ce sont des personnes qui sont visées.
    là on est pas dans la rébellion contre une institution mais une attaque à la personne, une tentative de meurtre.
    Et juste des hommes, des femmes, des enfants (filles ou garçon, on s’en fout, des personnes, des êtres vivants) qui ont faillit cramer.
    Cette ville devient de plus en plus con. On le droit d’être contre, mais quel rapport avec un fait divers parisien et le fait d’attaquer des gens ici?
    Que ces personnes aillent se battre si elles le veulent loin de chez nous.
    Les extrémistes de droite ou de gauche, les religieux de tout bords, allez trouver un terrain loin d’ici, étripez vous si ca vous chante et laissez vivre les gens tranquillement.
    Cette histoire est tellement débile que je ne la conçois que comme un « troll », une fausse revendication.

    sep article
  2. Ca sent la revendication fantaisiste. Franchement, on voit mal des « meufs » s’amuser à faire planifier un truc pareil pour ensuite avec une pince coupante pénétrer dans une enceinte pleine de gens entraînés, armés et pouvant ouvrir le feu après 3 sommations (ce sont des militaires les gendarmes, pas des flics) pour aller incendier 2 véhicules sous un bâtiment en ayant avant cadenassé le portail « pour faire une blague aux pompiers ».
    Même si ce n’est pas impossible, ce n’est pas plus crédible que les anarchistes pour la gendarmerie de Grenoble.
    Mais bon, nous ne sommes pas dans le secret de l’enquête, et ça ressemble assez peu aux anars qui cherchent au contraire pousser les autorités à la faute façon Rémi Fraisse et à se mettre en position de victimes d’un état « oppresseur » en espérant un soulèvement populaire, pas vraiment pour des agresseurs. A moins qu’on ait à Grenoble une bande de zozo se prenant pour action directe, ce qui serait inquiétant.

    Le collège Lucie Aubrac: des activistes vegans?
    Le Théatre prémol: les défenseurs du loup?
    Le rafalage des locaux de la fédé du PS: des zadistes?

    sep article