Terrain de l’Espé (ex-IUFM) : le juge de l’expropriation penche pour Safilaf

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Le sort du terrain de l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) situé dans le périmètre de l’écoquartier Flaubert est désormais scellé. Au terme d’une procédure initiée début 2017, le juge de l’expropriation a tranché fin octobre. Le Département de l’Isère, propriétaire du tènement, va pouvoir le céder, selon ses vœux, au promoteur Safilaf, contre la somme de 9,4 millions d’euros.

 

 

L'aménageur de l'écoquartier Flaubert perd la bataille judiciaire, c'est Safilaf qui rachète le terrain de l'Espé au Département de l'Isère

Le ter­rain de l’Espé vendu par le Département de l’Isère à Safilaf, dont l’offre est appa­rue plus inté­res­sante que celle de la SPLA Sagès. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

L’École supé­rieure du pro­fes­so­rat et de l’éducation (Espé, ex-IUFM) a décidé de quit­ter ses locaux gre­no­blois, ins­tal­lés au 31 ave­nue Marcelin Berthelot.

 

Pour la ren­trée 2020, l’Espé entend en effet ouvrir ses portes dans un bâti­ment neuf, sur le cam­pus uni­ver­si­taire de Saint-Martin‑d’Hères, en vue d’un « pro­jet de clus­ter de l’éducation », explique Lise Dumasy, pré­si­dente de l’Université Grenoble-Alpes (UGA). « […] cela per­met à notre uni­ver­sité de ratio­na­li­ser ses coûts de fonc­tion­ne­ment en rédui­sant les mètres car­rés occu­pés », pré­cise, en outre, la pré­si­dente.

 

Propriétaire du ter­rain, le Département de l’Isère a décidé de vendre le fon­cier avec le bâti, et s’est engagé à ver­ser à l’UGA 6 mil­lions des recettes réa­li­sées grâce à cette vente pour la construc­tion d’un bâti­ment per­met­tant d’ac­cueillir l’Espé sur le cam­pus uni­ver­si­taire.

 

Deux acqué­reurs ont pré­senté une offre de rachat au Département : la Safilaf, prête à mettre 9,4 mil­lions d’euros sur la table, tan­dis que la société publique locale d’aménagement (SPLA) Sagès, amé­na­geur de l’é­co­quar­tier Flaubert, n’a pas sou­haité mon­ter au-delà de 5,2 mil­lions d’euros. Sans sur­prise, la col­lec­ti­vité a opté pour le plus offrant, et déli­béré en ce sens le 22 juillet 2016, choix qu’elle a à nou­veau confirmé le 27 jan­vier 2017.

 

 

Un jugement immédiatement exécutoire

 

 

Estimant que son pro­jet ser­vi­rait mieux les inté­rêts des futurs habi­tants et ceux des Grenoblois, la SPLA Sagès a saisi le tri­bu­nal de grande ins­tance et invo­qué son droit de pré­emp­ter ce bien immo­bi­lier au titre d’aménageur de la Ville de Grenoble. Le 25 sep­tembre der­nier, le juge a entendu les deux par­tis. Après avoir éplu­ché leurs argu­ments res­pec­tifs, il a rendu sa déci­sion fin octobre, don­nant rai­son à la stra­té­gie du Département.

 

Soirée des Ambassadeurs Alpes Isère, 3 novembre 2016. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Jean-Pierre Barbier. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Et le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal Jean-Pierre Barbier de s’en réjouir : « Je suis heu­reux de ce dénoue­ment judi­ciaire qui va per­mettre la réa­li­sa­tion du pro­jet du nou­vel Espé. C’est impor­tant que l’Université Grenoble-Alpes puisse pour­suivre son déve­lop­pe­ment grâce à ce tra­vail de confiance avec le Département. »

 

L’opération va ainsi per­mettre à la col­lec­ti­vité de sub­ven­tion­ner, selon ses enga­ge­ments, la construc­tion du futur bâti­ment de l’Espé sur le cam­pus de l’Université Grenoble-Alpes à Saint-Martin-d’Hères. Le per­dant de l’af­faire ? La société publique locale d’aménagement (SPLA) Sagès, bien sûr. À l’i­ni­tia­tive du recours judi­ciaire, elle escomp­tait user de son droit de pré­emp­tion, tout en main­te­nant son offre à… 5,2 mil­lions.

 

Rendu en pre­mière ins­tance, ce juge­ment est exé­cu­toire immé­dia­te­ment. Il est convenu avec le pro­mo­teur immo­bi­lier Safilaf que l’Espé pourra occu­per les bâti­ments gre­no­blois jus­qu’à la ren­trée 2020, en vue de pour­suivre ses mis­sions de for­ma­tion des ensei­gnants.

 

SC

 

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Commentaires 3
  1. Au moins, Carignon ne pourra pas accu­ser Piolle de béton­ni­ser la ville, pour une fois. c’est le seul avan­tage à cette déci­sion uni­que­ment finan­cière qui offre encore une fois au privé la pos­si­bi­lité de faire n’im­porte quoi.

    Comment la France tue ses villes.

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  2. C’est une his­toire de gros sous, c’est tout. Le dépar­te­ment récu­père de l’argent pour construire sur le cam­pus, et per­met cer­tai­ne­ment un béné­fice consé­quent que réa­li­sera la Safilaf après la construc­tion et la vente d’im­meubles sur ce ter­rain. On verra si, en défi­ni­tif, elle paiera bien les 9,2 mil­lions d”€ pour ache­ter le ter­rain.

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  3. Voilà ce qui arrive quand des ama­teurs jouent aux magnats de l’im­mo­bi­lier.…

    Plutôt que de prendre attache avec le pro­mo­teur pour voir s’il n’y a pas moyen d’ac­cor­der les vio­lons sur l’u­nité archi­tec­tu­rale ou d’autres sujets, non, on este. Et on se prend une veste, parce que l’a­mé­na­geur n’a aucun droit de pré­emp­tion, parce que ce n’est pas la ville, c’est une per­sonne morale dis­tincte…

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