EN BREF – La maire de Grenoble Laurence Ruffin compte parmi les cosignataires d’une lettre adressée au Premier ministre pour réclamer l’autorisation d’ouvrir des haltes soins addictions (HSA), souvent surnommées « salles de shoot ». Plusieurs maires (de gauche) de grandes villes de France réclament cette mesure pour lutter contre les conséquences de la consommation de stupéfiants dans l’espace public. L’opposition, pour sa part, reproche à la maire de ne pas chercher à lutter contre les trafics.
« Nous avons besoin d’un engagement plein et entier de l’État pour mener une politique de lutte contre le crack et les stupéfiants coordonnée ». Tel était le message adressé par courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu par douze élus de grandes villes de France, dont Laurence Ruffin pour Grenoble, au début du mois d’octobre 2026. Objectif de la missive ? Appeler à autoriser l’ouverture de « haltes soins addictions » (HSA), souvent surnommées « salles de shoot ».

La maire de Grenoble Laurence Ruffin a cosigné la lettre demandant la possibilité d’ouvrir des haltes soins addictions (HSA), aussi appelées « salles de shoot ». © Joël Kermabon – Place Gre’net
Outre la maire de Grenoble, le courrier a été signé par les maires de Paris (Emmanuel Grégoire), Marseille (Benoît Payan), Lyon (Grégory Doucet), Strasbourg (Catherine Trautmann), Lille (Arnaud Deslandes), Nantes (Johanna Rolland), Montpellier (Michaël Delafosse), Rennes (Nathalie Appéré), Villeurbanne (Cédric Van Styvendael), Tours (Emmanuel Denis) et de Nancy (Mathieu Klein).
« Nos villes soutiennent ces dispositifs par pragmatisme »
Si la lettre n’a pas été rendue publique, de nombreux extraits ont été publiés dans la presse. Les élus estiment ainsi que les HSA permettent d’atténuer les conséquences néfastes liées à la consommation de stupéfiants sur la vie des communes – voire même d’y apporter une solution. À savoir « la consommation de substances dans l’espace public, les regroupements, les seringues abandonnées, les tensions de voisinage, et les personnes en grande précarité et très éloignées du système de santé ».

Une salle de consommation à Strasbourg. Les HSA permettent une consommation dans un environnement sécurisé, mais ne fournissent pas les substances. © Ville de Strasbourg
« Nos villes soutiennent ces dispositifs de réduction des risques par pragmatisme, parce qu’ils apportent, sur nos territoires, des réponses de santé publique et de tranquillité publique », font encore valoir les élus. Selon lesquels l’installation de HSA ne produirait pas d’augmentation de la délinquance dans les secteurs concernés, selon des évaluations indépendantes.
Sans surprise, la signature de Laurence Ruffin suscite la colère dans les rangs de l’opposition. Le site Grenoble le changement a ainsi relevé l’information en indiquant qu’une telle démarche n’était pas inscrite dans le programme de la maire et n’avait fait l’objet d’aucune consultation du conseil municipal.
Il reproche en outre à Laurence Ruffin de ne pas chercher à lutter contre le trafic de stupéfiants : « La majorité veut un lieu pour ceux qui consomment, mais n’a toujours rien prévu contre ceux qui vendent ».










