L’Isère parée à fêter le 50e anniversaire des Jeux olympiques de 1968

sep article

FOCUS – Le Département de l’Isère célébrera, en 2018, le cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de 1968. Une commémoration qui s’étendra sur plusieurs mois, à travers une programmation sportive, culturelle, historique et éducative. Désireux de fédérer l’ensemble de la population autour des valeurs de l’olympisme, le Département a souhaité associer aux festivités un grand nombre d’acteurs, des collégiens isérois au Musée dauphinois, en passant par les différentes communes du territoire (Grenoble et les stations de ski des massifs environnants).

 

 

 

Le Département de l'Isère présentait lundi 2 octobre, au Collège olympique, le programme du cinquantenaire des Jeux olympiques de 1968.

Le Département de l’Isère (au centre le président Jean-Pierre Barbier, à gauche la rectrice Claudine Schmidt-Lainé, à droite la vice-présidente Martine Kohly) présentait lundi 2 octobre, au Collège olympique, le programme des 50 ans des JO de 1968. © Manuel Pavard – Place Gre’net

Il y a 50 ans, Grenoble accueillait les Jeux olympiques d’hiver… Enfin, presque 50 ans – ce sera le cas officiellement en février prochain. Un événement qui, de l’aveu général, a profondément changé Grenoble et les cinq stations-hôtes (Chamrousse, L’Alpe-d’Huez, Autrans, Villard-de-Lans, Saint-Nizier-du-Moucherotte), mais aussi l’ensemble du département de l’Isère et ses habitants. Car ces JO, rappelle Jean-Pierre Barbier, sont « inscrits dans la mémoire collective » de tous les Isérois de plus de 50 ans.

 

« Pour tous les habitants de l’Isère, c’était quelque chose ! J’avais 8 ans à l’époque et c’était mon premier contact avec une station de ski », se souvient le président (LR) du Département, qui présentait ce lundi le programme du cinquantenaire des JO de 1968, devant un parterre d’officiels, journalistes et collégiens, réunis au gymnase du Collège olympique. Un bâtiment ô combien symbolique, construit en 1967 afin d’accueillir les médias du monde entier et converti par la suite en collège.

 

 

 

« L’accessibilité au plus grand nombre »

 

 

Et à l’instar du président, les différents intervenants ont ressorti à tour de rôle la boîte à souvenirs. « J’habitais sur les quais et ma grand-mère m’avait amenée à une remise de médailles : je ne me souviens plus qui c’était mais j’avais été frappée par la foule massée sur le pont », raconte Martine Kohly, vice-présidente du Département en charge du sport.

 

Les JO de 1968, à l’image ici de la cérémonie d’ouverture, avaient attiré la grande foule et suscité l’engouement des Isérois. DR

 

Le maire de Chamrousse Philippe Cordon, « gamin vivant dans une cité à l’époque », se remémore quant à lui la physionomie de Grenoble en 1968 et insiste sur « l’avant/après JO » : comment Grenoble, alors « petite ville entourée de champs », avec l’A480 sortant de terre en bordure du Drac, s’est transformée en métropole régionale.

 

Mais au-delà des souvenirs personnels et des belles phrases sur les valeurs de l’olympisme chères au baron Pierre de Coubertin, la journée de lundi était surtout destinée à dévoiler le contenu des festivités et animations du cinquantenaire. Avec un leitmotiv : « l’accessibilité au plus grand nombre » – entendre par là, tous les Isérois, de tous les âges, tous les sexes et toutes les communes.

 

 

 

Quatre journées pour les collégiens sur les quatre massifs montagneux isérois

 

 

Et qui dit transmission ou héritage dit jeunesse. Un appel à projets est donc lancé dès cette semaine à destination des collèges publics et privés du département. Plus de 2000 collégiens participeront à cette opération intitulée « Mon collège célèbre le 50e anniversaire des JO de 1968 ». Objectif : inviter ces collégiens à une journée de découverte autour des activités sportives olympiques, en station de sports d’hiver.

 

Les collégiens partiront sur les traces des athlètes de 1968, en s’initiant par exemple au ski nordique à Autrans. DR

En début d’année prochaine, quatre journées seront ainsi organisées sur les quatre massifs montagneux isérois (bien que la Chartreuse n’ait pas accueilli d’épreuves olympiques en 1968) : le 29 janvier, ski alpin à Chamrousse ; le 30 janvier, activités de glace à Vaujany ; le 1er février, biathlon au Col de Porte ; enfin le 2 février, ski nordique à Autrans.

 

En outre, des ateliers consacrés aux valeurs olympiques auront lieu en marge des activités purement sportives. Parmi les thèmes proposés : le sport santé, le dopage, le sport adapté ou encore un atelier d’écriture autour de la charte olympique.

 

 

 

« Certains jeunes de l’agglomération ne sont jamais allés à la montagne »

 

 

Pour être retenu, chaque établissement devra proposer un projet à la dimension pluridisciplinaire associant éducation physique et sportive, histoire-géographie, économie, éducation civique et art plastique. Professeurs et documentalistes travailleront avec les élèves pour concevoir le projet le plus pertinent et le plus adapté. Mais dans certains collèges, comme le Collège olympique, on n’a pas attendu cet appel pour se pencher sur l’événement. « En technologie, on travaille déjà sur un projet de maquette du quartier en 1968 », explique par exemple un élève de 4e.

 

Certains jeunes de l’agglomération ne sont jamais montés sur des skis. DR

Cette implication des collégiens correspond parfaitement à la volonté des organisateurs, martelée de concert par Jean-Pierre Barbier et Chantal Carlioz, vice-présidente du Département en charge du tourisme : faire de ce cinquantenaire « un moment pour tous, partout ».

 

Beaucoup ont en effet souligné cette réalité trop souvent ignorée : Grenoble a beau être entourée de montagnes, « certains jeunes de l’agglomération ne sont jamais allés à la montagne » ou montés sur des skis.

 

 

 

Une exposition présentée au Musée dauphinois

 

 

Les Jeux ont profondément changé le cadre de vie des Grenoblois. DR

Derrière ces dimensions sportive et donc sociale, se cache aussi un aspect historique et culturel tout aussi important, tant les JO de 1968 furent synonymes d’une profonde transformation des lieux de vie, à Grenoble et dans les stations de ski bien sûr, mais aussi dans toute l’Isère. Le Département et le Musée dauphinois ont donc imaginé une programmation culturelle permettant de se replonger dans l’histoire des JO et l’héritage laissé sur le territoire.

 

Au menu : une exposition, « Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère », présentée au Musée dauphinois du 6 février 2018 au 7 janvier 2019, et soutenue par un livre (édité en partenariat avec Glénat) et un film documentaire (projeté en avant-première le 7 février) éponymes.

 

 

 

Présence tous azimuts sur Internet et les réseaux sociaux

 

 

Les images d’archives issues des collections départementales seront présentées lors de l’exposition au Musée dauphinois. DR

L’exposition, qui s’appuie sur les archives départementales et les collections du Musée dauphinois, du Cojo (Comité d’organisation des Jeux olympiques) et du Coljog (Conservatoire observatoire laboratoire des Jeux olympiques de Grenoble), sera également visible sous une version itinérante, avec le Muséobus olympique.

 

 

 

Schuss le skieur, la mascotte des JO de 1968. Le Département de l'Isère célébrera, en 2018, le cinquantenaire des Jeux olympiques d'hiver de 1968. Une commémoration qui s'étendra sur plusieurs mois.

Schuss, la mascotte des JO de 1968. DR

Un bus réaménagé, équipé de panneaux d’exposition, vitrines et dispositifs interactifs, circulera ainsi de janvier à avril 2018, accueillant le public à chacune de ses étapes : Chamrousse, Autrans, le Domaine universitaire à Saint-Martin-d’Hères, Villard-de-Lans, l’Alpe-d’Huez et Saint-Nizier-du-Moucherotte.

 

Enfin, une telle commémoration ne saurait être complète sans une présence tous azimuts sur Internet et les réseaux sociaux. Un site web dédié, 50ansjo.fr, a donc été mis en place, ainsi qu’un album sur Instagram, un fil de discussion sur Twitter et un grand jeu-concours sur Facebook, « Racontez-vous vos JO ».

 

Ah oui, on allait oublier le slogan de ce cinquantenaire : « Olympisme is here »… À prononcer – pour une fois – sans l’accent !

 

 

Manuel Pavard

 

 

commentez lire les commentaires
4328 visites | 1 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 1
  1. Pour les souvenirs, il y a déjà une exposition à l’ancien musée de peinture place de Verdun.
    On a le droit de parler d’un raté phénoménal ?
    La piste de bobsleigh de l’Alpe d’Huez construite plein sud … la glace fondait … il a fallu organiser les épreuves à 5 h du matin.
    Un demi-raté ?
    Le tremplin de 90 m de St Nizier du Moucherotte, avec une vue extraordinaire sur Grenoble. Quelques petits malin savaient où il allait être construit et on pu racheter les terrains (en forêt) pour une bouchée de pain et gagner de l’argent sur les expropriations en vue de la construction.
    Le site n’avait que la beauté de la vue pour lui, à 1000 m d’altitude, trop bas pour que l’enneigement soit assuré, des files de camions apportaient de la neige. Ce fut quand même une très belle épreuve. Le tremplin n’a pu servir qu’une fois (je crois) pour une épreuve après les Jeux, trop cher d’entretien. Il est complètement à l’abandon. Une dernière épreuve fut un saut à moto. Alain Prieur a battu le record du monde en 1988.

    sep article