Rémy Absalon, vainqueur cinq fois de la Mégavalanche de l'Alpe d'Huez. © DR

Rémy Absalon : « Avant le départ, je me dis : c’est trop dan­ge­reux, je n’y vais pas »

Rémy Absalon : « Avant le départ, je me dis : c’est trop dan­ge­reux, je n’y vais pas »

TROIS QUESTIONS À – Rémy Absalon s’alignera une nou­velle fois au départ de la Mégavalanche de l’Alpe d’Huez dimanche 9 juillet à 9 heures. Quintuple vain­queur de cette course de VTT de des­cente de renom­mée mon­diale, le Vosgien confie la peur qu’il res­sent chaque fois avant de s’élancer du gla­cier du Pic Blanc à 3 330 m d’altitude pour rejoindre Allemont, 2 600 m plus bas. Ce qui ne l’empêche pas de reve­nir l’an­née suivante !

Place Gre’net – Qu’est-ce que repré­sente la Mégavalanche de l’Alpe d’Huez pour un cham­pion de VTT ?

Vainqueur des deux dernières éditions, Rémy Absalon s'est déjà imposé à cinq reprises lors de la Mégavalanche de l'Alpe d'Huez. Dimanche, il tentera de rejoindre au palmarès le recordman des victoires, le Suisse René Wildhaber. © DR

Rémy Absalon s’est déjà imposé à cinq reprises lors de la Mégavalanche de l’Alpe d’Huez. Dimanche, il ten­tera de rejoindre au pal­ma­rès le record­man des vic­toires, le Suisse René Wildhaber. © DR

Rémy Absalon - C’est vrai­ment une épreuve mythique. Elle fait peur, elle motive. Je viens depuis plu­sieurs années mais je ne suis jamais blasé d’être sur le gla­cier avec ces beaux pay­sages. On part sur le gla­cier. Cela fait quand même assez peur. Dès le départ, c’est très raide. En recon­nais­sance tout seul, cela fait déjà un peu peur de s’élancer et de prendre de la vitesse mais se dire qu’on va le faire avec une paire d’énervés [sic] der­rière le gui­don… je ne pré­fère pas trop y pen­ser avant dimanche [Le 9 juillet, jour de la course, envi­ron 2 000 par­ti­ci­pants, pro­fes­sion­nels et ama­teurs, devront par­tir par vagues suc­ces­sives selon le clas­se­ment éta­bli lors des qua­li­fi­ca­tions ven­dredi 7 juillet, ndlr].

Chaque année avant le départ, je me dis : “Je ne la fais plus, c’est trop dan­ge­reux, j’ai peur, je n’y vais pas”. Je me demande ce que je fais là. Et puis une fois la ligne d’arrivée pas­sée, je me dis : “c’était trop cool, allez je recom­mence”. […]

Quand on gagne la Mégavalache pour la pre­mière fois, c’est un moment fort. Je pense que tout le monde est un peu dans le même cas : les pre­mières années, on n’a pas for­cé­ment beau­coup de réus­site. Il faut avoir un peu d’expérience avant de s’en sor­tir et de finir. Moi, au début, soit j’ai crevé, soit j’ai eu un souci. Le pre­mier sou­la­ge­ment, c’est quand on arrive en bas pour la pre­mière fois. Il faut com­men­cer par là. Gagner, c’est le top. Chacune de mes cinq vic­toires est dif­fé­rente parce que ce ne sont jamais les mêmes carac­té­ris­tiques de course, jamais le même genre de départ, ni la même bataille avec les concur­rents. Mais dans tous les cas, à chaque fois, c’est dur !

Rémy Absalon prend les commandes de la Mégavalanche 2016. Il arrivera premier à Allemont après un peu plus de 43 minutes de course. © Laurent Salino / Alpe d'Huez Tourisme

Rémy Absalon prend les com­mandes de la Mégavalanche 2016. Il arri­vera pre­mier à Allemont après un peu plus de 43 minutes de course. © Laurent Salino / Alpe d’Huez Tourisme

Place Gre’net – Comment se pré­pare-t-on pour une telle épreuve ?

Rémy Absalon – Cela néces­site de l’entraînement car c’est phy­sique. C’est qua­rante minutes très intenses [de course, pour les meilleurs, ndlr] où il faut quand même péda­ler. Il faut la pré­pa­rer à l’avance. C’est un entraî­ne­ment assez complet.

Le départ de la Mégavalanche est donné sur le glacier du Pic Blanc à 3300 mètres d'altitude. © Laurent Salino / Alpe d'Huez Tourisme

Le départ de la Mégavalanche est donné sur le gla­cier du Pic Blanc à 3300 mètres d’al­ti­tude. La pre­mière par­tie de la des­cente s’ef­fec­tue sur la neige. © Laurent Salino – Alpe d’Huez Tourisme

Pour tra­vailler le phy­sique, il faut s’y prendre plu­sieurs mois à l’avance : du fon­cier sur route, dans l’intervalle un peu du car­dio et de l’intense. Et puis après, de la des­cente pour pilo­ter sur le plan technique.

Personnellement, je ne fais pas énor­mé­ment de vidéo parce que cela fait des années que je fais cette course. Je com­mence à la connaître.

Faire quelques recon­nais­sances [du par­cours] avant, cela suf­fit pour bien choi­sir ses lignes [tra­jec­toires] et s’en sor­tir. Surtout, comme on n’est pas tout seul, il faut aussi impro­vi­ser un peu le jour J en fonc­tion de sa place, des concur­rents qu’il y a devant, etc. Sur le plan de la nutri­tion, il ne faut pas man­ger n’importe quoi. Après, il y a un peu toutes les écoles. Moi, je ne me prive pas. Bien sûr, je ne vais pas man­ger une tar­ti­flette samedi soir. Il y a des ali­ments, comme la viande blanche, qui vont bien.

Place Gre’net – Vous vous êtes imposé le 2 juillet lors de la Mountain of hell aux Deux Alpes, autre course de VTT de des­cente impor­tante en France. Quelles sont les simi­li­tudes et les dif­fé­rences avec la Mégavalanche ?

Rémy Absalon est à l'aise sur tout type de terrain. © DR

Le Vosgien est à l’aise sur tout type de ter­rain. © DR

Rémy Absalon – C’est le même genre de for­mat : on part sur un gla­cier pour les deux courses et c’est le pre­mier arrivé en bas qui l’emporte. J’ai vrai­ment pris du plai­sir sur la Mountain of hell. Je l’ai cou­rue un peu moins sou­vent que la Mégavalanche. La “Méga” a un peu plus de renom­mée. Et un peu plus de par­ti­ci­pants et de monde aussi.

Aux Deux Alpes, le départ est moins stres­sant. Le gla­cier est large et droit. À l’Alpe d’Huez, c’est plus aléa­toire. Le gla­cier est raide, il y a des virages. Le risque existe de s’accrocher et de faire des ton­neaux avec les autres riders [concur­rents, ndlr] à tout moment. Même si on est très entraî­nés et prêts, cela peut mal se pas­ser sur le gla­cier et on ne peut rien y faire.

Je ne me mets plus de pres­sion parce que je sais que c’est une course un peu aléa­toire, où il peut se pas­ser beau­coup de choses. Même si avec l’expérience on s’en sort sou­vent un peu mieux, il y a un fac­teur chance. Il ne faut pas tout miser sur la Mégavalanche mais clai­re­ment c’est un grand ren­dez-vous de la sai­son, une des plus grandes courses du monde.

Propos recueillis par Laurent Genin

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Laurent Genin

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