Devenu macroniste, l’ex-député socialiste Olivier Véran ne sera pas ministre

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EN BREF – Particulièrement actif depuis le début de la campagne d’Emmanuel Macron, l’ex-député et ex-socialiste Olivier Véran ne sera pas ministre de la Santé. Tout du moins pas dans ce premier gouvernement Philippe. Le jeune neurologue grenoblois, référent santé du candidat devenu depuis président, s’efface devant Agnès Buzyn.

 

 

 

Olivier Véran, ex-député PS devenu macroniste ne sera pas ministre

Olivier Véran. © Patricia Cerinsek

« Je n’ai pas été écarté », nuance Olivier Véran au len­de­main de l’annonce de la nomi­na­tion du gou­ver­ne­ment, alors que viennent offi­ciel­le­ment d’être pré­sen­tés les can­di­dats aux légis­la­tives sur les dix cir­cons­crip­tions de l’Isère. « Il s’agit plu­tôt de la pro­mo­tion d’une per­sonne de grande qua­lité. »

 

« Le pré­sident de la République et le Premier ministre ont fait un choix cohé­rent : elle est uni­ver­si­taire, elle est enga­gée dans les ques­tions de santé depuis très long­temps », pour­suit le neu­ro­logue au CHU de Grenoble, qui se conten­tera pour seuls com­men­taires de faire l’éloge de la nou­velle ministre…

 

Comme lui, Agnès Buzyn est méde­cin. Mais, contrai­re­ment à Olivier Véran, sup­pléant de la socia­liste Geneviève Fioraso qui a depuis tourné pro-Macron, elle n’a jamais siégé au palais Bourbon.

 

Elle a par ailleurs pré­sidé l’institut natio­nal du can­cer et était, jusqu’à sa nomi­na­tion, à la tête de la Haute auto­rité de santé. Bref, elle a un solide bagage avec elle. Et de non moins solides “ami­tiés” ? L’industrie phar­ma­ceu­tique semble, en tout cas, appré­cier sa posi­tion toute en nuances à l’égard de poten­tiels conflits d’intérêts

 

 

Olivier Véran et son fardeau de la loi Santé

 

 

Olivier Véran est-il le grand per­dant ? Présenté comme un des favo­ris au poste, paie-t-il aujourd’hui le prix de son enga­ge­ment aux côtés de Marisol Touraine ? Premier rap­por­teur du pro­jet de loi Santé, l’ancien député PS de l’Isère – il a rem­placé pen­dant trois ans Geneviève Fioraso deve­nue ministre – a siégé à la com­mis­sion des affaires sociales. Il a éga­le­ment été rap­por­teur du bud­get de la sécu­rité sociale en 2015 sur le volet assu­rance-mala­die.

 

Mobilisation contre la loi Santé, place de Verdun à Grenoble, le 13 novembre 2015. © Joël Kermabon - placegrenet.fr

Mobilisation contre la loi Santé, place de Verdun à Grenoble, le 13 novembre 2015. © Joël Kermabon – placegrenet.fr

Or, la fédé­ra­tion de l’hospitalisation pri­vée (FHP) n’a pas caché sur­veiller de près la com­po­si­tion du nou­veau gou­ver­ne­ment… « Nous atten­dons avec impa­tience la nomi­na­tion d’un nou­veau ministre de la Santé, qui est bien sûr de la pré­ro­ga­tive du pré­sident de la République, indi­quait-elle ainsi dans un com­mu­ni­qué publié mardi. En revanche, nous ne com­pren­drions pas de retrou­ver au sein du cabi­net du nou­veau ministre des col­la­bo­ra­teurs ayant piloté l’é­la­bo­ra­tion de la loi santé de Marisol Touraine, qui aura mar­qué une hos­ti­lité sans pré­cé­dent vis-à-vis de l’hos­pi­ta­li­sa­tion pri­vée et de la méde­cine libé­rale, et plus lar­ge­ment des acteurs de santé. » Le mes­sage était clair, même si, depuis, la FHP a pré­cisé ne pas s’être oppo­sée à la nomi­na­tion du méde­cin du CHU de Grenoble.

 

Une chose est sure, la loi Santé ne fait pas que des heu­reux. Le 28 avril der­nier, au len­de­main du pre­mier tour de la Présidentielle, cer­tains ne cachaient pas leur défiance. « Nous avons inter­rogé les deux can­di­dats sur le deve­nir de la loi Santé et aucun ne veut l’a­bro­ger, sou­li­gnait dans La Tribune Philippe Cuq *, vice-pré­sident de l’Union régio­nale des pro­fes­sion­nels de santé (URPS) Occitanie. De plus, l’é­quipe de Macron est com­po­sée de l’ex-député socia­liste Olivier Véran, co-rap­por­teur de cette loi et de quatre conseillers du cabi­net de M. Touraine, extrê­me­ment toxiques pour nous. »

 

 

Peut-être député ?

 

 

L’annonce de la nomi­na­tion d’Agnès Buzyn a visi­ble­ment été un sou­la­ge­ment pour la fédé­ra­tion des cli­niques pri­vées. Dans un com­mu­ni­qué, Lamine Gharbi, le pré­sident de la FHP, qui regroupe mille cli­niques et hôpi­taux pri­vés, semble souf­fler. « Nous sommes impa­tients de tour­ner la page d’un quin­quen­nat qui a mar­qué une hos­ti­lité sans pré­cé­dent vis-à-vis de l’hos­pi­ta­li­sa­tion pri­vée et de la méde­cine libé­rale et qui, plus lar­ge­ment, a divisé les acteurs de santé. »

 

Olivier Véran ne sera pas ministre. Du moins pas tout de suite. Le jeune méde­cin ambi­tionne désor­mais de quit­ter sa blouse blanche et de deve­nir député à part entière puisqu’il se pré­sen­tera les 11 et 18 juin sur la pre­mière cir­cons­crip­tion de l’Isère.

 

 

PC

 

 

*Article mis à jour le 18 mai à 23 h 30. Le Dr Cuq n’est pas un repré­sen­tant des cli­niques pri­vées mais le pré­sident du syn­di­cat des pra­ti­ciens libé­raux Le Bloc, membre de la FHP. « Ses pro­pos n’en­gagent que lui », nous a fait savoir la FHP dans un com­mu­ni­qué. « La FHP n’a jamais exprimé sa défiance envers Olivier Véran, avec qui elle a tou­jours tra­vaillé en bonne intel­li­gence ».

 

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