Projet de Zac Flaubert : c’est reparti pour une nouvelle concertation !

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Fête comme chez vous Ville de Grenoble

DÉCRYPTAGE – La zone d’aménagement concerté (Zac) des 90 hectares du futur écoquartier Flaubert était l’une des grosses délibérations à l’ordre du jour du conseil municipal de ce lundi 6 mars. Outre les grandes lignes du projet, la municipalité a présenté le nouveau dispositif et les modalités de la participation citoyenne qu’elle entend mettre en œuvre sur ce projet « d’innovation urbaine » lancé lors de la mandature de Michel Destot et réorienté en 2015.

 

 

 

Plan de situation. © Google map

Implantation de la Zac Flaubert. Plan de situation. © Google map

Flaubert. Peut-être le nom de ce quartier ne vous dit-il pas grand chose et auriez-vous du mal à le situer précisément sur la carte de l’agglomération grenobloise ?

 

Situé au sud du centre-ville de Grenoble, ce futur écoquartier dont la conception paysagère et urbaine a été confiée par l’aménageur Sagès à l’agence d’architectes Sathy, fait partie d’un projet de renouvellement urbain « d’envergure » destiné à incarner la transition écologique en marche à Grenoble.

 

Lancé lors de la précédente mandature puis réorienté en 2015, ce nouveau quartier fera, à terme, le lien entre le cœur historique de la ville-centre et toute l’urbanisation qui a eu lieu dans le sud de l’agglomération. En quelque sorte « une couture entre le nord et le sud de la ville », résume Maud Tavel, adjointe déléguée au personnel et à l’administration générale mais aussi présidente de la SPLA Sagès.

 

 

 

Environ 2 000 logements de haute qualité « à coûts maîtrisés »

 

 

À l’horizon des quinze prochaines années, ce seront environ 2 000 logements sociaux ou à accession sociale, « à coûts maîtrisés », qui verront le jour sur la Zac Flaubert. Le tout « avec le développement d’une trame verte en support à l’urbanisation, une mixité des formes architecturales et la valorisation des vues vers les trois massifs », promet la Ville.

 

Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Maud Tavel. Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Celle-ci mise fort, pour la haute qualité des logements gravée dans le marbre du cahier des charges de l’ensemble des opérations, sur la sobriété énergétique et l’utilisation de matériaux sains.

 

Notamment du bois tout autant que sur l’aménagement d’espaces partagés comme celui dont sera pourvue l’école Flaubert dès son achèvement.

 

Comme autre axe fort de ce projet urbain, la mixité des fonctions entre les logements, les équipements, les activités, les pôles de vies, les commerces ou encore les services de proximité.

 

« C’est une opération qui va mêler de la mixité urbaine, de l’économie, de l’emploi et également un fort investissement en matière d’équipements publics puisqu’il est prévu, après la livraison du parc Flaubert en 2015, la construction d’une école de seize classes et la création d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad) », annonce Maud Tavel.

 

 

 

Une tour en bois de neuf étages

 

 

Un projet d’urbanisme qui permettra aussi de réaffirmer la volonté qui est celle de la municipalité de continuer son engagement vers la ville en transition. « Nous avons travaillé sur la question des matériaux, notamment à travers l’usage du bois et de la terre », souligne l’élue.

 

La maison de projet Terra Nostra lors de sa construction. © Severine Cattiaux - Place Gre'net

La maison de projet Terra Nostra lors de sa construction. © Severine Cattiaux – Place Gre’net

Qui, pour illustrer ses propos, évoque notamment la prochaine inauguration, le 10 mars lors de la Biennale des villes en transition, de la maison de projet Terra Nostra édifiée sur le site de la Bifurk. Ce ne sera d’ailleurs pas la seule construction en bois puisque ce matériau sera utilisé pour la tour de neuf étages et l’îlot situé à côté de la future école Flaubert, destiné à l’accession, au logement social et à l’habitat participatif.

 

Au-delà de l’utilisation des matériaux, la végétalisation ne sera pas en reste. La volonté de la ville est même d’aménager… une pépinière. « Nous souhaitons demain planter dans les nouveaux espaces publics ou en bas des immeubles, ou même dans d’autres endroits de Grenoble, des végétaux qui y auront été préalablement semés », explique ainsi Maud Tavel.

 

 

 

Vincent Fristot : « Rien n’a été caché »

 

 

Pour autant, nous n’en sommes pas là. Et, ne nous trompons pas, la délibération porte avant tout et uniquement sur le nouveau dispositif de participation citoyenne qualifié « d’innovant » par la municipalité. De fait, et c’est assumé, la délibération ne fait pas mention du nombre de logements par secteurs et de leur affectation, pas plus que des surfaces allouées aux secteurs commercial et tertiaire. Ce n’est pas son objet. Quant aux chiffres, peu sont fournis.

 

Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Vincent Fristot. Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

« Le bilan financier de la Zac a été totalement réajusté lors d’une délibération en juin 2016 et il est totalement erroné d’imaginer que tout est défini. C’est bien le travail dans le cadre de la participation citoyenne qui va permettre de définir l’avenir du projet pour cette Zac », assure Vincent Fristot, conseiller municipal délégué à l’urbanisme et porteur de la délibération.

 

Celui-ci affirme que la municipalité a travaillé pour réduire le déficit de l’opération. « En 2013, ce déficit était estimé à 41,5 millions d’euros. Fin 2015, le bilan voté l’a été avec une participation de 36,7 millions d’euros ramenée en juin 2016 à 34,5 millions d’euros », précise l’élu. Soit une économie de 7,5 millions d’euros. « Rien n’a été caché, le bilan prévisionnel de logements a été réduit de 20 % pour arriver à 1 800 logements, y compris le secteur de l’ex-IUFM », ajoute Vincent Fristot.

 

 

 

Associer le maximum d’habitants à la décision

 

 

« L’objectif dans cette concertation c’est que la démarche soit claire, et associe le maximum d’habitants du territoire dans le partage de la décision », explique René de Céglié, l’élu délégué au secteur 4. Une démarche entrée dans une nouvelle phase en 2016 avec la désignation d’un nouveau groupement de conception urbaine, l’équipe des architectes de l’agence Sathy.

 

Au centre Bruno De Lescure entouré de membres de l'association Vivre à Grenoble. © Séverine Cattiaux

Au centre, Bruno de Lescure entouré de membres de l’association Vivre à Grenoble. © Séverine Cattiaux

De quoi mettre à mal le comité de suivi du projet mis en place sous la mandature de Michel Destot qui se voit ainsi supprimé au grand dam de l’association Vivre à Grenoble qui y siégeait. Cette dernière s’est d’ailleurs fendue d’un communiqué dans lequel elle s’étonne que le projet de Zac Flaubert n’ait pas été remis à plat et se demande pourquoi « se concerter sur un projet déjà défini ».

[…]

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Commentaires 1
  1. Tout était dans les clous pour Flaubert en 2014 et la municipalité s’est empressée de tout annuler dès qu’elle est arrivée. Résultat: 3 ans de retard, un coût énorme pour la collectivité et une situation aggravée en matière de logement pour de trop nombreux grenoblois. Bref, en 2015, la municipalité a « réorienter » comme pour l’ANRU: dans le mur.
    Et on voit qu’on va faire à Flaubert la même qu’à l’esplanade: très forte concentration de logements sociaux rendant la mixité sociale et la commercialisation des logements privés très difficile…

    C’est marrant ces gens qui exhortent en permanence à la ville en transition et qui sont parfaitement incapables de réfléchir au point de ne savoir reprendre que ce que leurs prédécesseurs ont faits en changeant simplement les modalités de concertation en croyant ainsi naïvement pour s’en arroger le mérite in fine…

    On se moque vraiment de nous et là ça ne passe plus, mais alors plus du tout.

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