Ratification du traité sur le Lyon – Turin : un « scandale d’État » pour Pierre Mériaux

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FOCUS – L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité et sans véritable débat, le 22 décembre dernier, la ratification du traité franco-italien sur la ligne à grande vitesse Lyon – Turin. Ce vote autorise notamment le lancement des travaux du tunnel transfrontalier de 57 km estimé à 11 milliard d’euros. De quoi faire vivement réagir Pierre Mériaux, conseiller municipal délégué au tourisme et à la montagne, qui dénonce un « scandale démocratique et une gabegie d’argent public » sur fond de conflits d’intérêts croisés.

 

 

 

Les travaux de la ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin. © Leila Shahshahani - Montagnes magazine

Les tra­vaux de la ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin. © Leila Shahshahani – Montagnes maga­zine

« C’est un scan­dale démo­cra­tique, un scan­dale d’État que je tiens à dénon­cer for­te­ment parce que voter 11 mil­liards d’eu­ros sur un pro­jet inutile, sans débat démo­cra­tique, c’est vrai­ment incroyable ! », vitu­père Pierre Mériaux, conseiller muni­ci­pal EELV délé­gué au tou­risme et à la mon­tagne. La rai­son de ce coup de gueule de l’élu éco­lo­giste ?

 

L’adop­tion éclair (à par­tir de 0′ 38 dans la vidéo) par l’Assemblée natio­nale, le 22 décembre 2016 – en pre­mière lec­ture dans un hémi­cycle quasi désert –, de l’accord franco-ita­lien auto­ri­sant les tra­vaux défi­ni­tifs de la sec­tion trans­fron­ta­lière de la très contro­ver­sée ligne à grande vitesse (LGV) Lyon – Turin. Dont ceux concer­nant son ouvrage prin­ci­pal, le tun­nel de 57 km devant relier Saint-Jean-de-Maurienne au Val de Suse, en Italie.

 

 

 

Des lobbies privés qui pèseraient sur les décisions publiques

 

 

Seuls Cécile Duflot et Noël Mamère, les deux élus du parti Europe éco­lo­gie – Les Verts (EELV) pour lequel milite éga­le­ment Pierre Mériaux, ont voté contre ce texte porté à bout de bras par son rap­por­teur, Michel Destot, député de la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère. Une rati­fi­ca­tion adop­tée « en moins de cin­quante secondes », au grand dam des adver­saires du pro­jet, dont ceux de la Coordination des oppo­sants au pro­jet Lyon-Turin qui ont vive­ment réagi. Tout comme Pierre Mériaux qui, s’ap­puyant sur son exper­tise du dos­sier, conti­nue imper­tur­ba­ble­ment à dénon­cer un pro­jet inutile et ne déco­lère pas.

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Commentaires 2
  1. Parlons peu mais par­lons bien.
    Merci d’a­voir mis en lien l’ex­cellent article de « Montagne Magazine » super com­plet sur tous les enjeux.
    Les ouvrages cités par M. GAM sont des ouvrages uniques alors qu’il existe des ouvrages pour pour aller en Italie et déve­lop­per le fer­rou­tage. Il vaut mieux éco­no­mi­que­ment et pour la pré­ser­va­tion éco­lo­gique moder­ni­ser l’exis­tant que créer des ouvrages de toute pièce et puis on pour­rait s’en ser­vir beau­coup plus vite qu’at­tendre 2030 ou même 2050 la mise en ser­vice du TAV

    Avec le Lyon Turin les habi­tants de la Vallee de l’Arve ont le temps de cre­ver sous la pol­lu­tion.
    Les éco­los ont changé d’a­vis ? Très bien. Il n’y a que les imbé­ciles qui res­tent droits dans leurs bottes

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  2. Et le rachat du siège de la CRCA, c’est 40% de la baisse de DGF sur 5 ans – l’in­té­gra­lité de la baisse de la DGF si on prend en compte le coût des tra­vaux. Vous vou­lez des scan­dales M. Mérieux ? Bougez pas, on a ça en stock.

    Certains n’ont tou­jours pas com­pris : relier Lisbonne à Kiev par un réseau ferré inter­con­necté, pou­voir tra­ver­ser l’Europe conti­nen­tale d’Ouest en Est le long du 45eme paral­lèle est STRATEGIQUE. Tant d’un point de vue éco­no­mique que mili­taire.

    L’incapacité de cer­tains à pen­ser plus loin que le pas de leur porte est impres­sion­nante. Si on avait pris que la seule ren­ta­bi­lité finan­cière en consi­dé­ra­tion, on n’au­rait jamais élec­tri­fié les cam­pagnes, rac­cordé tout le monde au tout-à‑l’égout etc..

    L’impact de ce genre d’in­fra­struc­ture ne peut s’é­va­luer aujourd’­hui car il sur­vient dans un temps très long, au bas mot 50 ans… Le trans­si­bé­rien, financé en par­tie avec l’emprunt russe, est tou­jours en ser­vice non ? Les canaux flu­viaux, tra­vaux d’Hercule à l’é­poque, sont tou­jours en ser­vice non ?

    C’est l’Europe qui finance 100% de la pre­mière tranche et la seconde ne verra peut-être jamais le jour.

    Grenoble s’est reti­rée du pro­to­cole, non ? Alors arrê­tez de nous les bri­ser avec ça, M. Mériaux. A moins que vous ayez encore besoin de faire par­ler de vous pour faire oublier les 6 conseils muni­ci­paux sous pro­tec­tion poli­cière et la ges­tion aussi tota­li­taire que catas­tro­phique de la ville de Grenoble.

    Quant au scan­dale démo­cra­tique, vous oubliez les 20 ans de débats, tant dans les ins­ti­tu­tions et sur la place publique en France que dans les ins­ti­tuons euro­péennes, en pre­mier chef au Parlement Européen puisque bud­get.. Au moins, débat il y a eu, pas comme pour CVCM.

    Il existe un rap­port de 2005 signé par tous les élus éco­lo­gistes de la région qui ne tarissent pas d’é­loge et d’en­thou­siasme pour ce pro­jet.

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