Francie Mégevand : “Un autre type de dialogue est engagé avec les habitants”

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ENTRETIEN – A mi-mandat, comment s’en sort la commune d’Eybens, dirigée par Francie Mégevand, maire (DVG – EELV) ? Les similitudes avec sa grande voisine, Grenoble, sont fortes : une majorité divers gauche, citoyenne et écologiste ; des options audacieuses en matière de participation citoyenne ; un volontarisme dans le domaine de la mobilité douce et des économies d’énergie… Et même un plan de sauvegarde, en préparation aussi. Certains le redoutaient, Francie Mégevand confirme bien la démolition de l’ex-collège des Saules, à cheval sur le quartier Baladins-Géants de Grenoble et Eybens. Enfin, la coprésidente du groupe RCSE avec Eric Piolle à la Métropole grenobloise revient sur la polémique autour du projet Cœurs de Ville, cœur de métropole.

 

 

 

FrancieMegevandMaireEybensCreditSeverineCattiaux

Francie Mégevand, maire d’Eybens. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

 

Le 30 mars 2014, un petit séisme s’est produit : vous qui êtes une femme, qui plus est écologiste, avez été élue maire d’Eybens avec votre projet « Nouveau souffle », privant Marc Baïetto (PS) par ailleurs président de la Métro, d’un cinquième mandat. Depuis que vous êtes en place, l’opposition PS réunie sous l’étiquette Forces de gauche se tient plutôt tranquille… Cela vous étonne-t-il ?

 

 

Francie Mégevand – Pendant la cam­pagne, ça a été pré­senté comme une sorte d’affrontement… Mais, moi, je ne l’ai jamais vécu comme cela ! […]. On est de gauche aussi ! […] Et donc il n’y a pas de rup­ture fon­da­men­tale dans la conduite de la ville… […] Le groupe Forces de gauche avait pro­mis le chaos. Il n’y a pas eu de chaos, et il n’y a pas eu de chasse aux sor­cières, ni de rup­ture fon­da­men­tale…

 

La nette de victoire de Francie Mégevand devant Marc Baïetto aux élections municipales a constitué l'une des surprises de l'agglomération. © France 3 Alpes

La nette de vic­toire de Francie Mégevand devant Marc Baïetto aux élec­tions muni­ci­pales a consti­tué l’une des sur­prises de l’ag­glo­mé­ra­tion. © France 3 Alpes

Et le résul­tat est qu’ils ne s’opposent pas, à part à quelques petites choses. Les pro­po­si­tions sont très sou­vent votées à l’unanimité […] Il faut dire aussi qu’on traite l’opposition d’une toute autre façon qu’auparavant. On a d’abord pro­posé des indem­ni­sa­tions à tout le monde, y com­pris à l’opposition, sym­bo­liques, parce qu’on est une petite ville, et prises sur l’indemnité du maire.

 

Ensuite, on a pro­posé une délé­ga­tion à chaque groupe d’opposition, que le groupe Forces de gauche a refu­sée… On orga­nise des confé­rences de pré­si­dents qui n’avaient jamais existé aupa­ra­vant. On res­pecte leurs paroles et leurs demandes. On leur envoie toutes les infor­ma­tions…

 

 

 

En matière de participation citoyenne, vous affirmez que votre commune est dans sa catégorie (communes d’environ 10 000 habitants) au moins aussi innovante que Grenoble (150 000 habitants) ou que Saillans dans la Drôme (1 200 habitants environ), qui a beaucoup fait parler d’elle. Pouvez-vous nous dire en quoi ?

[…]
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Commentaires 3
  1. Effectivement Mme Megevand a créé du lien, d’a­bord social, citoyen et ensuite poli­tique. Sur ce second point elle par­tage, co-construit et évite le dogme.
    Si la méthode peut res­sem­bler à celle mise en place à Grenoble, les simi­li­tudes s’ar­rêtent là.

    A Eybens, la majo­rité est sou­dée, elle met en pra­tique ce qu’elle dit, notam­ment sur l’im­pli­ca­tion de la soci­tété civile et res­pon­sa­bi­lise l’op­po­si­tion qui accepte la cocons­truc­tion, la majo­rité suit son pro­gramme, sans dogme.

    Evidemment à Grenoble – en dehors de la méthode – les résul­tats sont bien éloi­gnés, la pré­ten­due concer­ta­tion citoyenne a bien souf­fert à mi-man­dat, les oppo­si­tions sont rudes, la majo­rité avance à peine mas­quée dans ses propres divisions…L’opposition dépasse le cadre poli­tique, culture, com­mer­çants, employés muni­ci­paux, entre­prises, la colère est visible même devant la mai­son com­mune qu’est la Mairie les soirs de Conseils Municipaux.

    Sur le fond, on ne peut pas com­pa­rer un grande ville où la poli­tique, les appa­reils, les lob­bys sont pré­sents avec une ville moyenne, et pour­tant, com­ment le dogme a pu autant conta­mi­ner l’é­quipe de Piolle et au contraire ne pas arri­ver à Eybens ? Vaste ques­tion.

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    • peut être tout sim­ple­ment qu’à Eybens les per­dants ont fait contre mau­vaise for­tune bon coeur ? ce qui n’est pas le cas à Grenoble où les per­dants, tous bords confon­dus, l’ont tou­jours aussi mau­vaise et font tout pour sabor­der toute ini­tia­tive de la nou­velle mai­rie.

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      • La vraie dif­fé­rence est celle qui est men­tion­née par Eloise. Grenoble est certes une ville d’op­po­si­tion, mais c’est une ville qui n’est pire ni mieux que les villes de cette taille où les diver­gences poli­tiques sont visibles et nor­males, c’est démocratique…à un détail près.

        A Grenoble, il y a l’ADES qui fait prendre des risques incon­si­dé­rés au Maire.

        L” ADES c’est le contre-pou­voir au sein même de la majo­rité, c’est quatre ou cinq élus dont l’ombre d’un homme R.Avrillier qui a eu rai­son de dénon­cer des scan­dales, mais qui ne sait que « dénon­cer » « décons­truire » « décroitre » « dé… » c’est la déchéance, c’est le dogme per­son­ni­fié dans la majo­rité.

        Le site entre­tenu par l’ADES compte presque un article sur deux pour dénon­cer tou­jours ce qui ne va pas, et qui vient for­cé­ment des anciens, « les per­dants » comme vous dites Caro.
        C’est aussi l’art de ren­con­trer une his­toire tou­jours à leur avan­tage, la Pravda moderne.

        Alors même que l’op­po­si­tion poli­tique n’existe pas, elle n’a plus de tête de pont (Safar parti à Villeurbanne, et les autres c’est qui ? Chamussy ? c’est une blague ?), elle n’a pas de lea­der réel, elle est dis­lo­quée, s’il y avait un Carignon le temps de sa superbe ou un Destot en face Piolle serait déjà englouti…et alors com­ment l’op­po­si­tion existe-t-elle ?

        L’opposition c’est main­te­nant la rue, les citoyens, les com­mer­çants, la culture, le Maire a trop écouté encore et encore l’ADES, et c’est l’ADES qui elle parle encore des per­dants, ça doit être encore la seule à autant publier sur le passé, sauf que ça ne marche plus. On demande aux res­pon­sables poli­tiques d’être res­pon­sables, de se pro­je­ter dans le futur.

        Trop de temps de perdu, trop d’er­reurs, des bruits inces­sants devant la Mairie, et heu­reu­se­ment pour Monsieur Piolle que l’op­po­si­tion poli­tique réelle ne s’est pas assez forte…Piolle est un homme brillant, je ne com­prends com­ment il n’ac­cepte de pas de se sépa­rer d’une par­tie de cette majo­rité qui le plombe, c’est à ce prix qu’il peut envi­sa­ger une suite.

        Mme Megevand elle c’est l’in­verse, la volonté d’as­so­cier le réa­lisme à la méthode, la volonté de gou­ver­ner avec des citoyens, avec les gauches, en accep­tant la contra­dic­tion. Elle est écolo, elle a un adjoint d’EDF l’en­tre­prise nucléaire, elle est écolo et roule au die­sel, elle est écolo mais tra­vaille avec les socia­listes pour­tant oppo­sés ini­tia­le­ment, elle asso­cie la popu­la­tion à ses réa­li­sa­tions dans un cadre « réel » de concer­ta­tion, les dés ne sont pas pipés à l’a­vance.

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