Grenoble : PCF et Front de gauche dénoncent le “racket” des péages autoroutiers

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EN BREF – Les élus PCF et Front de gauche de l’Isère dénoncent l’augmentation du prix des péages autoroutiers récemment annoncée. Ils organisaient ainsi une distribution de tracts ce lundi 17 octobre devant la gare de Grenoble, afin de mobiliser les usagers. Et de demander rien moins que la renationalisation des concessions d’autoroutes, alors que les dividendes redistribués aux actionnaires explosent.

 

 

 

« Stop au racket. Renationalisons les autoroutes ! », pouvait-on lire sur les tracts distribués aux usagers de la gare de Grenoble par Annie David, sénatrice PCF de l’Isère, accompagnée d’autres militants communistes et Front de gauche, ce lundi 17 octobre.

 

Le tract distribué par les militants devant la gare de Grenoble pour la renationalisation des autoroutes. Péages © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le tract distribué par les militants devant la gare de Grenoble pour la renationalisation des autoroutes. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous avons souhaité échanger ce matin avec les usagers puisque c’est quand même dans leurs poches qu’on rackette l’argent donné aux actionnaires », explique la sénatrice.

 

De fait, depuis 2006 où le gouvernement a achevé la privatisation des sociétés d’autoroutes – pour notamment financer le remboursement de la dette publique –, les prix des péages autoroutiers ont flambé de 20 %. Mieux, dans le même temps, les dividendes redistribués aux actionnaires ont explosé, tandis qu’au courant du mois de septembre le gouvernement annonçait un nouveau plan de relance autoroutier.

 

Les parlementaires communistes qui s’alarment de cette situation souhaitent que la gestion des autoroutes puisse retrouver le giron de l’État et que les concessions soient ainsi renationalisées.

 

 

 

Entre 20 et 24 euros pour les actionnaires sur 100 euros de péages

 

 

« L’idée de cette distribution de tracts c’est de faire prendre conscience à chacun que les péages aujourd’hui ne sont plus seulement utilisés pour les investissements dans les infrastructures ou l’amélioration des salaires des agents mais sont, pour leur grande part, reversés en dividendes aux actionnaires des sociétés d’autoroutes », explique Annie David.

 

Distribution de tracts par des militants PCF et Front de gauche devant la gare de Grenoble. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Distribution de tracts par des militants PCF et Front de gauche devant la gare de Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Pour la sénatrice et les élus communistes, c’en est trop.

 

« Sur 100 euros de péages versés, ce sont entre 20 et 24 euros qui vont directement dans la poche des actionnaires. Et le gouvernement voudrait encore que les concessions soient prolongées ! », s’indignent-ils.

 

 

Une situation injuste et regrettable, selon la sénatrice. « Aujourd’hui, contrairement à ce qui se passait lorsque les autoroutes étaient publiques, l’argent des péages tombe dans des poches que nous contestons, d’où l’idée de cette renationalisation de nos autoroutes », précise-t-elle encore. Une idée qui a été concrétisée par les parlementaires communistes et du Front de gauche par le dépôt d’une proposition de loi devant l’Assemblée nationale et le Sénat.

 

 

 

Financer la transition écologique plutôt qu’engraisser les actionnaires

 

 

Outre le fait que le gouvernement soit défavorable à cette proposition de loi, bien que discutée, elle n’a pu être votée devant le Sénat, le 19 juin dernier. Et ce « alors même que les sénateurs socialistes, écologistes, radicaux de gauche et communistes étaient majoritaires dans l’hémicycle », déplorent les communistes du PCF. Qui soulignent que ce sont les voix des sénateurs socialistes et radicaux de gauche qui ont manqué lors de ce vote.

 

A gauche, Annie David, sénatrice PCF de l'Isère. © Joël Kermabon - Place Gre'net

A gauche, Annie David, sénatrice PCF de l’Isère. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Pourquoi ce refus ? « Au nom de l’austérité, bien sûr, et de la dette », répondent  le PCF et le Front de gauche, qui précisent que le rachat des concessions « serait pourtant vite rentabilisé selon plusieurs études ».

 

Et de poser la question : « Vaut-il mieux que l’argent des péages aille dans les poches des actionnaires ou serve à financer la transition écologique pour améliorer les transports pour tous ? » Les communistes l’affirment, pour eux, c’est très clair : « L’urgence écologiste et sociale impose notre choix. Si le gouvernement est capable de donner 50 milliards pour satisfaire les exigences du Medef, il doit être capable d’investir pour les autoroutes », argumentent-ils.

 

Annie David, sénatrice PCF de l'Isère discute avec un usager. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Annie David, sénatrice PCF de l’Isère discute avec un usager. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Pour Annie David, le problème concerne tout le monde et, alors que se profilent les campagnes électorales de 2017, il doit faire partie des débats. « Tout comme pour ce qui concerne d’autres sujets où de grosses sociétés préfèrent rémunérer davantage leurs actionnaires que leurs salariés », précise la sénatrice communiste de l’Isère.

 

 

Depuis la privatisation, les sociétés d’autoroute ont distribué près de 15 milliards d’euros en dividendes à leurs actionnaires. Une vérité qui heurte les convictions des parlementaires et militants communistes. Lesquels s’insurgent : « Alors que l’on demande tous les sacrifices aux ménages, pour récupérer trois sous, il est temps que la finance paye son tribut, elle en a les moyens ! », lancent-ils.

 

 

Joël Kermabon

 

 

 

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