Comptine religieuse “Bismillah” : un karaoké périscolaire dérape à Grenoble

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POLÉMIQUE – Des élèves de l’école élémentaire Anthoard de Grenoble auraient chanté la chanson religieuse Bismillah dans le cadre d’une activité périscolaire. Contactée par Place Gre’net, la Ville de Grenoble confirme et explique le dérapage. 

 

 

 

« Quand l’école est terminée, super je vais m’amuser, d’abord je vais prier, mais avant tout Bismillah… » Des enfants de l’école publique élémentaire Anthoard de Grenoble ont-ils chanté cette chanson durant un temps d’activité périscolaire ? La rumeur qui circulait depuis peu dans le cercle restreint des parents d’élève du quartier Berriat serait bien fondée selon les informations de Place Gre’net.

 

Fresque à l'entrée de l'école élémentaire Anthoard où des élèves ont chanté la chanson musulmane Bismillah dans le cadre des activités périscolaires. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Fresque à l’entrée de l’école élémentaire Anthoard. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Si la directrice de l’établissement, Myriam Ange, contactée par nos soins ce vendredi 14 octobre, s’est refusée « à confirmer ou à infirmer cette rumeur à prendre avec des pincettes », les services de la Ville de Grenoble le reconnaissent. La chanson Bismillah – comptine religieuse qui recommande aux enfants de prononcer « bismillah » (au nom d’Allah) avant chaque geste du quotidien – a bien été chantée par des enfants de l’école, dans le cadre d’un atelier karaoké sous la surveillance d’un ou d’une responsable périscolaire.

 

« Les enfants ont demandé à l’animateur ou l’animatrice chargé(e) du périscolaire de passer cette chanson dans le cadre de l’atelier karaoké », explique la mairie de Grenoble. Cette personne aurait « manqué de réflexe et réalisé trop tard que c’était du prosélytisme et que cela allait à l’encontre des principes de la formation suivie en début d’année. »

 

 

 

Une plainte des parents ? 

 

 

Informés par leurs enfants, des parents se seraient alors plaints. « Certains d’entre nous ont demandé des éclaircissements aux personnels compétents de l’école pour comprendre ce qui s’est passé », nous confirme Olivier Bourrion, président du conseil local FCPE Anthoard, tout en affichant beaucoup de prudence.

 

« En tant qu’association de parents affiliée à la FCPE, nous allons identifier et tenter de régler ce problème avec la municipalité », précise-t-il. La question sera ainsi abordée lors du conseil d’école qui doit se tenir lundi 17 octobre. « Une fois les faits connus, nous communiquerons avec les parents via le blog », conclut-il, faisant référence au blog commun des parents des écoles Anthoard, Berriat et Diderot.

 

La charte de la laïcité à l'école, affichée à l'entrée de l'école Anthoard © Florent Mathieu - Place Gre'net

La charte de la laïcité à l’école, affichée à l’entrée de l’école Anthoard. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

La Ville de Grenoble nous fait de son côté savoir qu’elle a convoqué l’animateur ou l’animatrice concerné(e), et se réserve le droit de procéder à des sanctions si nécessaire.

 

Devant l’école Anthoard, le personnel périscolaire ne désirait pas, en fin d’après-midi, s’exprimer plus avant sur la question. « Je pense que cela prend beaucoup trop d’importance et qu’il n’y a rien de plus à en dire », nous confie une animatrice, résumant visiblement ainsi l’opinion de la plupart de ses collègues.

 

 

Florent Mathieu

 

 

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Commentaires 6
  1. Ping : Un canular basé sur des méthodes discutables | Le Salon Beige

  2. « La Ville de Grenoble nous fait de son côté savoir qu’elle a convoqué l’animateur ou l’animatrice concerné(e), et se réserve le droit de procéder à des sanctions si nécessaire. »

    « Je pense que cela prend beaucoup trop d’importance et qu’il n’y a rien de plus à en dire », nous confie une animatrice, résumant visiblement ainsi l’opinion de la plupart de ses collègues.

    CQFD

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    • Oui enfin attention à ne pas entériner la banalisation du fait religieux touchant de plus en plus la population et en particulier les enfants, a fortiori dans un lieu d’émancipation.

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      • Am

        17/10/2016
        21:47

        Rappelons au passage que l’incident dont parle l’article n’est pas un dérapage, car il n’est pas du à la volonté d’un adulte encadrant, mais un loupé dans le filtrage des propositions spontanées des enfants. C’est assez différent.

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        • FM

          17/10/2016
          21:54

          Merci pour votre remarque, mais le mot « dérapage » ne désigne pas nécessairement une action délibérée due à la volonté d’une personne. Il peut se définir également comme le tournant inattendu – et généralement indésirable – que prend une situation ordinaire en raison de différents paramètres.

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        • PT

          18/10/2016
          0:03

          Pour compléter, le mot dérapage n’est pas une appréciation de l’auteur de l’article. Il a été employé par la mairie elle-même…

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